Des nouvelles des jumeaux: 8 mois!!


Au cours des 2 dernières semaines, notre famille s’est établie dans sa nouvelle demeure et les jumeaux ont eu 8 mois. La course inexorable du temps poursuit sa lancée: on cligne des yeux et tout d’un coup, les jumeaux ont presque 9 mois. C’est ainsi que les photos et les nouvelles de 8 mois arrivent un peu tard.

Mai 2012

Le thème du 8ième mois a été le co-dodo (dormir dans le même lit qu’un jeune enfant). Lorsque nous avons commencé les préparatifs du déménagement, mon mari a démonté les lits et nous avons tous dormi par terre. Il a placé les matelas des jumeaux à côté de notre matelas et après quelques erreurs de rodage, j’ai commencé à dormir à proximité des bébés.

Au début, les matelas étaient tête-à-tête. Mais ça n’a pas marché pour des raisons évidentes…

Au bout de mon rouleau, j’ai trouvé que le co-dodo, loin de brimer ma liberté de femme comme le suggère Élisabeth Badinter dans Le Conflit, me permettait de mieux dormir ou, du moins, de ne plus me lever la nuit. Si un bébé crachait sa sucette je pouvais lui remettre d’un tour de main. De même, l’allaitement était beaucoup plus facile et moins dérangeant.

Deuxième essai, concluant.

Cependant, Lucas a mal toléré le “retour à la terre” et ses problèmes de toux se sont aggravés soudainement et ont fait boule de neige. Après avoir passé plusieurs nuits à l’aider à tousser (genre, deux semaines… *soupir*), il s’est ramassé une bronchiolite et une mauvaise otite. Nous avons donc révisé le co-dodo au tapis (ou plus littéralement au bambou)  et j’ai demandé à mon mari de nous bricoler une bassinette “sidecar” à partir de nos lits Gulliver (Ikea).

Sidecar Gulliver

Ève dort désormais dans son lit à barreaux dans notre chambre et Lucas dort à côté de moi dans le “sidecar”. Nous nous en portons tous mieux. Je suis encore très fatiguée et j’essaie de modifier ma routine quotidienne afin de pouvoir me coucher plus tôt et me lever avant tout le monde (bref, de prendre mon temps “à moi” tôt le matin plutôt que tard le soir). J’ai mal choisi mon mois: en juin, les récitals de fin d’année et les activités diverses font de notre routine de fou une routine de fou à lier.

Bébés au milieu du bordel

Hier à la clinique, le pédiatre a mentionné que les sucettes étaient un facteur contributif aux otites à répétition et puisque mes jumeaux ont une prédisposition au mucus, il serait sage de s’en débarrasser (des sucettes, pas des jumeaux!!). Elle a dit — et c’est là que la consult devient intéressante — “Il n’y a pas de bienfaits prouvés après 5 mois.” Quoi? J’ai deux jumeaux — JUMEAUX — complètement dépendants de la sucette et il n’y a pas de bienfait prouvé? Et ma santé mentale, c’est pas un bienfait ça??

Sinon, j’essaie tant bien que mal de continuer d’écrire. Maintenant que je visite d’excellents blogues sur une base régulière, j’ai plus de mal à trouver ma voix. J’essaie de trouver des sujets intéressants et inspirants et il me semble que je me retrouve toujours avec des publications du genre “voici ce qu’on mange pour diner”. Comment font-elles, les mamans blogueuses qui écrivent des trucs merveilleux? Des perles de sagesse? Des mots d’encouragement qui sont répétés, ré-tweetés, qui semblent avoir été écrits personnellement pour toutes les mères du monde? J’ai l’impression que je cherche encore ma voix, quelque chose à écrire pour tout le monde. Mais c’est dur avec un doigt sur le clavier, un bébé au sein et un pieds dans la cuisine!

Lucas
On se tient par l’orteil

Faits divers du vendredi – Édition déménagement


Friday’s Mixed Nuts – Moving Edition (on Tuesday because I didn’t have Internet last Friday and the WordPress iPhone app ate my post. Grrrrr.)

1 Une bien belle vue de ma nouvelle chambre:

Notre nouvelle maison n’a pas de voisins à l’arrière mais un petit étang. Creusé afin de récolter les eaux pluviales et empêcher les inondations, les berges en ont été aménagées afin de favoriser le développement d’un petit écosystème marécageux. L’étang est habité par quelques familles de canards, des outardes de passage, des mouettes qui pêchent pour vrai, quelques hirondelles, des carouges à épaulette et un grand héron majestueux. J’ai même vu un faucon qui chassait dans le champ qui borde le marécage. Moi qui avait peur de ne plus entendre les oiseaux (le quartier est nouveau et les arbres plutôt chétifs), je passe de la faune de forêt à la faune de marécage.

2 Deux fenêtres qui manquent de vision.

Deux fenêtres pleine hauteur qui donnent sur le mur du voisin

Le beige c’est la maison du voisin. Combien pour les fenêtres pleine-hauteur lors de la construction? Et personne pour vous faire remarquer que les fenêtres seraient mieux placées du côté de la maison sans voisins? Du même côté que les fenêtres pleine hauteur se trouve une belle fenêtre de coin au-dessus de l’évier de la cuisine. Pour regarder… le set de patio du voisin plutôt que la nature en faisant la vaisselle.

3 Trois voisins qui vivent en couple dans leur maison de plus de 3 000 pi. ca. Soit jeunes et affluents ou à la retraite. Moi, si j’étais seule avec un peu d’argent à dépenser, j’irais m’acheter la plus petite maison la plus chère sur le bord du canal Rideau. Je marcherais partout et je ne mangerais que rarement à la maison, préférant découvrir les restaurants qui font d’Ottawa une ville à découvrir. Mais aller me faire construire une McMansion aux confins de la banlieue, pas assez loin pour avoir les bénéfices de la campagne mais pas assez proche pour avoir les bénéfices de la ville? Très peu pour moi. Outre les différences de goûts architecturaux, nos voisins sont très sympathiques et nos plus jeunes se sont déjà fait des copains.

4 Quatre pattes moins une. Notre petite chatte grise a disparu au cours du déménagement et nous pensions qu’elle était allée se réfugier chez les voisins qui avaient offert de la garder. Les voisins se sont beaucoup attachés à notre petite chatte grise et aimeraient bien la garder avec eux. Elle est revenue 3 jours plus tard, affamée, déshydratée et avec une blessure sévère à une patte. Moi qui aurait bien aimé laisser mon chat de campagne à la campagne ais du la faire venir en ville pour la soigner. Je crois qu’elle va devoir rester avec nous.

Et parlant de quatre pattes, tapis blanc + escalier en bois franc teint noir + chien = pantoufles! Ce sont les Meshies de Barko Booties à http://www.alldogboots.com. Recommandées.

5 Cinq … C’est un secret. Je vous promets de vous écrire cinq aussitôt que c’est officiel. Pour l’instant, c’est motus et bouche cousue.

Ça me fait quand même un pincement au coeur…

Faits divers du vendredi


For my English readers: return of the Friday Mixed Nuts in French. Amber teething necklaces, the family bed and making time to treat our oldest children to some grown-up time. In other news, we are moving in 4 days and the wine is packed!! The wine! Packed! In the middle of a move!

1 Une gimmick (peut-être) qui semble marcher: les colliers de dentition en ambre. Les bébés ne les mangent pas, non. Mais l’ambre relâcherait une substance qui serait absorbée par la peau et qui calmerait la douleur. Mmmm, l’écrire me fait sentir un peu loufoque mais après deux semaines sans sommeil — Lucas pleure à partir de minuit et se rendort vers 3-4 heures du matin — je suis prête à essayer n’importe quoi. Puis ils sont si mignons avec leurs colliers!

Est-ce que ça marche? Peut-être que non mais ils sont si mignons!

2 Deux petits matelas à côté de mon lit. Après avoir démonté les lits à barreaux pour le déménagement, mon mari a placé les matelas des bébés sur le sol à côté du nôtre. Résultat: tout le monde dort par terre et maman ne se lève plus la nuit. C’est une amélioration marginale mais au point où j’en suis, même une amélioration marginale fait une différence. Puis ma fille de 3 ans a commencé à se réveiller de plus en plus souvent et à prendre de plus en plus de temps à se rendormir. Alors je vais ajouter un matelas simple au bout de notre matelas King et nous serons full “lit familial”. Je ne sais pas si c’est l’âge, la sagesse ou un peu des deux mais la théorie du maternage de proximité devient de plus en plus naturelle: je n’ai plus envie de me battre avec mes enfants.

Le lit familial: loin d’être oppressant, c’est le sauveur de mes 3 heures de sommeil!

3 Trois enfants de moins de 3 ans, c’est beaucoup de petits à amener en voyage-éclair dans la banlieue de Toronto pour une compétition de gymnastique. Mais pendant ce temps, mon mari et mes plus vieux ont pu faire un pas de géant dans les préparations du déménagement. Séparer les enfants a fait du bien à tout le monde. Ça peut sembler évident mais il est facile d’oublier, au milieu du chaos quotidien, que nos enfants ont des rythmes et des besoins différents. Nous nous sommes promis de mieux respecter nos plus vieux. Aujourd’hui j’ai laissé tomber la routine et j’ai amené mon ado profiter du Happy Hour chez Starbucks. Ç’a l’air de rien un Frappucino mais pour moi c’était un grand pas.

4 Quatre jours avant le grand déménagement! Et oui, on lève les pattes.  La maison ressemble à un entrepôt géant et je suis sur le point de perdre la boule… Et le vin est déjà empaqueté!

Le vin est dans une boîte! En plein déménagement!!

5 Cinq… Je n’ai pas de numéro cinq alors c’est avec les cinq doigts de ma main que je vous dis au revoir et vous souhaite une excellente fin de semaine!

Des nouvelles des jumeaux! 7 mois


This is a 7-month-update on the twins with pictures at the end!

Ève et Lucas ont maintenant 7 mois! Quand les jumeaux avaient à peu près 6 semaines j’ai rencontré une maman de jumeaux qui m’a dit que les choses deviendraient plus faciles vers 6 mois. Je suis aujourd’hui arrivée de l’autre côté de la montagne et je peux confirmer que le rythme de vie devient plus prévisible et plus facile à gérer.

Maintenant que les journées sont moins strictement orientées vers le boire et la sieste je voudrais pouvoir vous écrire un beau post sur la beauté et la grande joie d’être parent de jumeaux. Au cour du dernier mois, j’ai capturé en mémoire — mais rarement sur film — des tonnes de petits clin d’oeuil et de moments partagés entre les jumeaux et leurs frères et soeurs. J’aimerais avoir assez de talent littéraire pour vous décrire ces petits moments mais je manque de subtilité. Car la beauté d’accueillir deux bébés dans une famille déjà nombreuse se trouve dans les détails comme Lucas qui partage un gros rire gras avec sa grande soeur ou Marie qui me dit, en attendant l’autobus un matin: “Quand je serai grande j’aurais un garçon comme Lucas qui s’appellera Lucas!” Ou encore dans le regard  d’un bébé qui vient de découvrir ses doigts et qui les approche et les éloigne de son visage émerveillé en se demandant par quel miracle ce nouveau joujou  se déplace  devant ses yeux. Ou encore dans les yeux rieurs de Ève qui préfère tout découvrir avec ses pieds, que ce soit un nouveau hochet ou une nouvelle surface. Il n’y a rien de plus beau que d’être accueillie tous les matins par deux sourires, quatre yeux qui pétillent, quatre mains qui s’agitent et quatre pieds qui gigotent.

Lorsque Lucas et Ève sont nés, une de mes amies m’a dit: “Tu vas voir, Ève va être la coquine que personne ne soupçonne et va faire passer tout le blâme de ses mauvais coups sur son frère. Mais c’est elle la chef.” J’avais trouvé ça comique puisque Ève était la plus petite, la plus tranquille, la deuxième à être née. Mais au cours des mois, j’ai bien vu qu’elle avait raison. Lucas s’endort en regardant Ève. Lorsque je les nourri dans la chaise-haute, je dois donner la première bouchée à Ève sinon Ève crie et Lucas refuse de manger avant d’avoir vu sa soeur le faire. C’est elle l’alpha jumelle: les apparences peuvent être trompeuses!

Au niveau de l’allaitement, je pourrais écrire un post complet… peut-être même un livre! Les 6 premiers mois d’allaitement ont été un gros défi. J’ai du supplémenter les bébés avec de la formule pour compenser pour un sein qui ne produit rien. J’ai du allaiter en tandem afin de stimuler ma production avant d’offrir le biberon. La routine de boire pouvait me prendre 90 minutes et recommençait 1 heure plus tard. Je devais toujours garder un calcul mental du nombre de bouteilles, du nombre de millilitres, à qui c’était le tour, jour et nuit, jour après jour, nuit après nuit. À 7 mois, lorsque nous avons commencé la nourriture solide, les bébés ont graduellement diminué leur consommation de lait au point où ils peuvent se passer de biberons. J’ai arrêté de les allaiter en tandem et ils prennent leurs tours au sein qui produit. Je suis tellement heureuse d’avoir attendu 6 mois! Si j’avais arrêté d’allaiter à 5 mois, alors que j’arrivais au bout de ma corde, j’aurais vécu les défis sans recevoir ma récompense. Nous sommes maintenant arrivés à la récompense et quel bonheur!

Une image valant mille mots, voici une petite récapitulation du mois d’avril dans ma vie de cirque:

Allocation


This post is about pocket money and allowances. Yes, our children get an allowance. No, it’s not linked to their chores. Chores happen because we are part of a family. Nobody has the option of not participating. Allowances serve the purpose of teaching saving and management, exposing our children’s financial temperaments and flaws, and teaching the difference between a want and a need.

Cette semaine, en panne d’inspiration, je me suis tournée vers Facebook et Facebook a répondu. Mon amie Luce a proposé une publication sur l’argent de poche et les allocations. Ça tombe bien, j’ai toujours eu l’intention de le faire.

La réponse courte: Oui. Les 4 plus vieux reçoivent $20 par mois. Si vous voulez lire plus sur notre approche face à l’argent de poche, continuez à lire ci-dessous.

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Jumeaux: L’histoire bien ordinaire de deux bébés en santé – La grossesse


Lorsque j’ai appris que j’attendais des jumeaux, j’ai fait ce que toute bonne mère nerveuse fait dans les circonstances et j’ai attaqué Internet. J’ai rapidement appris que c’était une bien mauvaise idée. Il y a beaucoup de choses qui peuvent mal se passer. J’étais enceinte d’un enfant, puis de deux. Et tout d’un coup, un monde de complications potentielles et d’histoires d’horreur s’abattait sur moi. Ayant passé plusieurs mois aux soins intensifs néonataux pendant mes études en bioéthique, j’avais vu plus de jumeaux d’un kilo qu’il n’était recommandable. J’avais vu les jumeaux prématurés, les jumeaux souffrant de malformations génétiques, les jumeaux victimes de traumatismes péri-nataux, bref, j’étais un peu inquiète.

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Leçon de vie


Vendredi matin a commencé comme tous les matins. Lever au petit jour avec Lucas et Sarah, puis David se joint à nous. Éventuellement, Ève se réveille aussi. Les grands se préparent et partent pendant que je déjeune. Suite au départ des grands, je prépare le lunch de David et j’aide les filles à faire le leur, j’allaite les bébés, je vais aider les filles à trouver des chaussettes et ainsi de suite. À 8:30, tout le monde doit être dans l’entrée pour se préparer à sortir et prendre l’autobus.

De manière générale, j’évite les paniques de dernière minute grâce à un calendrier bien organisé. C’est ainsi que je me rappelle avant 8:30 que les filles doivent amener leurs cahiers de musique ou leurs habits de gymnastique à l’école, quand les enfants ont un projet à remettre ou quelque chose à faire signer. C’est un système presque parfait bien que sujet à l’erreur humaine, c’est-à-dire l’erreur de Véro-qui-oublie-de-mettre-le-calendrier-à-jour. L’erreur de Véro-qui-oublie-de-mettre-le-calendrier-à-jour est parfois multipliée par l’erreur de Véro-qui-néglige-de-lire-la-lettre-de-l’école-jusqu’au-bout. Et c’est comme ça qu’Éloïse m’a demandé à 8:08 –

Qu’est-ce que je peux utiliser comme blouse blanche pour ma photo de finissant?

Argh… J’ai répondu “Quelle photo de finissant?” La photo de finissant de 6ième année! Je t’ai donné la lettre, tu l’as lu devant moi! Ça disait qu’il nous fallait une blouse blanche!

Ah, mais il semble que je n’ai pas lu la lettre jusqu’au bout. J’avais un vague souvenir d’avoir lu la lettre et d’avoir oublié de mettre la date sur mon calendrier mais la blouse blanche, alors là, Pfuit! Aucun souvenir. Vers 8:12 je lui sort une blouse blanche d’une boîte de vêtements trop petits: allez, essaye-ça!- Maman, c’est une taille 6 ans, j’en ai 12! – Oui mais tu es petite et les blouses sont faites grandes. Allez, essaye pour voir. Pas de chance. Elle me lance de la salle de bain que la blouse ne fait pas. Je n’entends rien dans la cuisine avec les 4 petits. À 8:18, je remarque qu’elle ne porte toujours pas de blouse blanche. Je lui propose — sans trop y croire — un t-shirt, un polo, une camisole. Je lui dit:

Éloïse, j’ai oublié, c’est de ma faute. Cependant, tu aurais pu être un peu plus à ton affaire et me le rappeler. C’est ta photo après tout. Mais la blouse blanche, c’était le Plan A. Le Plan A n’est plus une option, il faut passer au Plan B.

Je ne sais pas vraiment qu’est-ce que c’est le plan B. Je vais voir dans mon placard. Ma seule blouse blanche est beaucoup trop grande et elle a un genre de boucle au cou qui fait un peu jabot. Ça ne fera pas. Je m’en veux. Pourquoi Éloïse, qui soigne tant son apparence? Que les autres aient l’air de la chienne-à-Jacques, ce n’est pas trop grave. Mais pas Éloïse. Je sais à quel point ce genre de détail est important pour elle et je suis fâchée contre moi. Pendant qu’elle cherche un blouse, elle ne fait pas ses cheveux. Et Éloïse aime être bien coiffée, surtout sur les photos.  Je suis aussi fâchée parce que, franchement, je m’en fiche un peu des photos d’école. Elles ne sont jamais bonnes. Je ne les achète que rarement. J’en prends des bien meilleures moi-même. Puis des photos de finissants, en 6ième année? C’était à l’Université, puis au secondaire, maintenant en 6ième et même en maternelle parfois. Y-a-t-il une raison d’ouvrir son porte-monnaie plus ridicule?

Je me dis que de toute façon, je ne vais pas les acheter. Je me dis que c’est contre mes principes. Et je me fâche encore plus contre moi: c’est tout à fait correct de prendre des décisions de principes dans l’éducation de nos enfants, même si elles vont à contre-courant. Mais il aurait fallu que je lui explique avant. C’est facile de faire passer son manque d’organisation pour une décision de principes. Les principes ont le dos large. Mais honnêtement, les photos ne m’ont pas trop dérangé jusqu’à ce que je me ramasse les culottes à terre.

Il est 8:30. Je m’approche de la salle-de-bain dans laquelle les filles se préparent. Je m’attends à y trouver une boule de nerfs. Je vais dire aux enfants de descendre dans l’entrée et Éloïse sera encore en train de se battre avec ses cheveux, impatiente, incapable de se coiffer adéquatement. Sans blouse blanche, en colère, mal coiffée.

Mais j’y ai trouvé une jeune demoiselle tout à fait composée qui mettait les touches finales à sa coiffure. Elle était allée chercher la blouse à jabot trop grande dans mon placard et grâce à une combinaison ingénieuse d’épingles à cheveux et d’élastiques elle avait réussi à dompter le jabot et à ajuster une blouse de dame à sa petite silhouette. Le résultat final était tout à fait adorable et le paquet parfaitement ficelé. Elle est sortie juste à temps pour attraper l’autobus scolaire et se rendre à sa photo de finissant.

Elle grandi ma toute petite. Elle commence à donner des leçons de vie à sa maman.

Accidents


Avec l’âge, je deviens de moins en moins capable de faire abstraction des mauvaises nouvelles qui arrivent ailleurs, à d’autres. C’est ainsi que j’ai perdu plusieurs nuits de sommeil à réfléchir au meurtre de Tori Stafford, dont le procès se déroule présentement en Ontario. Tori, l’horreur de ses derniers moments, l’existence dans ce monde d’une méchanceté et d’une perversion qui n’est assouvie que par la torture et la destruction d’une vie innocente, fauchée pour n’avoir qu’été au mauvais endroit au mauvais moment. On cherche une cause, une raison, quelque chose à quoi s’accrocher pour se convaincre que ça n’arrive qu’aux autres, pour vivre nos vies en paix sans porter le poids du danger qui nous guette. Des dérangés qui s’en prennent aux enfants, il y en a toujours eu. C’est lorsqu’on pense qu’il y en aura toujours que notre gorge se serre.

On dit qu’on ne peut pas vivre dans la peur, que les risques sont bas, que ces drames arrivent rarement. Mais qui veut être une statistique? Ça leur fait quoi aux parents de Tori de savoir que leurs chances de perdre leur enfant étaient basses, relativement parlant? Sur son site web Free-Range Kids, Lenore Skenazy recommande de chercher “à qui la peur profite” et pointe les cotes d’écoute, les tirages. Mais ça leur fait quoi aux parents de Cédrika de savoir que les média aiment les mauvaises nouvelles? Que la peur vend?

Je n’achète pas la peur pour la peur. Je n’ai pas peur d’avoir peur. J’ai peur pour mes enfants. Mes enfants. Pas les enfants des autres. Mes enfants. Ceux que j’ai mis au monde. Ceux qui pourraient partir à l’école, un matin bien ordinaire, pour ne jamais revenir. Je lis la série accidents de Pierre Foglia dans La Presse (Les bons vivants, L’annonce faite aux parents, Shaun avait bu et Quelle plaie les mamans trop prudentes) et j’accroche toujours sur la notion d’accident. Qu’on ne peut pas tout prévenir. Vraiment? Combien d’accidents le sont vraiment?

Ce n’est pas le destin qui a tué ces gens-là. C’est la vitesse, ou l’alcool, ou la drogue, ou les trois en même temps. Mais le plus grave est ailleurs. En se tuant, ces gens-là ont tué des innocents qui allaient au cinéma ou chez grand-papa, ou qui faisaient un tour de machine, comme on dit, ou un tour de vélo, ou de moto, et ces innocents-là non plus, ce n’est pas le destin qui les a tués. C’est un petit con soûl qui allait trop vite.

Avec l’âge, je deviens de plus en plus sensible à notre grande vulnérabilité envers la méchanceté et la stupidité d’autrui. Je n’ai pas peur de gros méchant loup qui m’attend au tournant, j’ai peur de l’idiot qui s’en vient à contresens de l’autre côté de la côte, du pervers criminel qui a décidé que cette journée serait la bonne. J’ai peur de la journée qui commence comme toutes les autres et qui se termine par un appel de la police.

Appelez-moi mère poule. Je préfère vivre avec l’inquiétude qu’avec le regret.

Relâche – March Break


La relâche scolaire de mars vient de se terminer. C’était une belle petite semaine bien tranquille pour nous: pas de voyage ou de destination exotique. Nous avons passé la semaine à la maison et nous avons profité de deux belles fins de semaine séparées  par une semaine un peu mouillée et venteuse. En voici les meilleurs moments: