Jumeaux: L’histoire bien ordinaire de deux bébés en santé – La grossesse


Lorsque j’ai appris que j’attendais des jumeaux, j’ai fait ce que toute bonne mère nerveuse fait dans les circonstances et j’ai attaqué Internet. J’ai rapidement appris que c’était une bien mauvaise idée. Il y a beaucoup de choses qui peuvent mal se passer. J’étais enceinte d’un enfant, puis de deux. Et tout d’un coup, un monde de complications potentielles et d’histoires d’horreur s’abattait sur moi. Ayant passé plusieurs mois aux soins intensifs néonataux pendant mes études en bioéthique, j’avais vu plus de jumeaux d’un kilo qu’il n’était recommandable. J’avais vu les jumeaux prématurés, les jumeaux souffrant de malformations génétiques, les jumeaux victimes de traumatismes péri-nataux, bref, j’étais un peu inquiète.

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Leçon de vie


Vendredi matin a commencé comme tous les matins. Lever au petit jour avec Lucas et Sarah, puis David se joint à nous. Éventuellement, Ève se réveille aussi. Les grands se préparent et partent pendant que je déjeune. Suite au départ des grands, je prépare le lunch de David et j’aide les filles à faire le leur, j’allaite les bébés, je vais aider les filles à trouver des chaussettes et ainsi de suite. À 8:30, tout le monde doit être dans l’entrée pour se préparer à sortir et prendre l’autobus.

De manière générale, j’évite les paniques de dernière minute grâce à un calendrier bien organisé. C’est ainsi que je me rappelle avant 8:30 que les filles doivent amener leurs cahiers de musique ou leurs habits de gymnastique à l’école, quand les enfants ont un projet à remettre ou quelque chose à faire signer. C’est un système presque parfait bien que sujet à l’erreur humaine, c’est-à-dire l’erreur de Véro-qui-oublie-de-mettre-le-calendrier-à-jour. L’erreur de Véro-qui-oublie-de-mettre-le-calendrier-à-jour est parfois multipliée par l’erreur de Véro-qui-néglige-de-lire-la-lettre-de-l’école-jusqu’au-bout. Et c’est comme ça qu’Éloïse m’a demandé à 8:08 –

Qu’est-ce que je peux utiliser comme blouse blanche pour ma photo de finissant?

Argh… J’ai répondu “Quelle photo de finissant?” La photo de finissant de 6ième année! Je t’ai donné la lettre, tu l’as lu devant moi! Ça disait qu’il nous fallait une blouse blanche!

Ah, mais il semble que je n’ai pas lu la lettre jusqu’au bout. J’avais un vague souvenir d’avoir lu la lettre et d’avoir oublié de mettre la date sur mon calendrier mais la blouse blanche, alors là, Pfuit! Aucun souvenir. Vers 8:12 je lui sort une blouse blanche d’une boîte de vêtements trop petits: allez, essaye-ça!- Maman, c’est une taille 6 ans, j’en ai 12! – Oui mais tu es petite et les blouses sont faites grandes. Allez, essaye pour voir. Pas de chance. Elle me lance de la salle de bain que la blouse ne fait pas. Je n’entends rien dans la cuisine avec les 4 petits. À 8:18, je remarque qu’elle ne porte toujours pas de blouse blanche. Je lui propose — sans trop y croire — un t-shirt, un polo, une camisole. Je lui dit:

Éloïse, j’ai oublié, c’est de ma faute. Cependant, tu aurais pu être un peu plus à ton affaire et me le rappeler. C’est ta photo après tout. Mais la blouse blanche, c’était le Plan A. Le Plan A n’est plus une option, il faut passer au Plan B.

Je ne sais pas vraiment qu’est-ce que c’est le plan B. Je vais voir dans mon placard. Ma seule blouse blanche est beaucoup trop grande et elle a un genre de boucle au cou qui fait un peu jabot. Ça ne fera pas. Je m’en veux. Pourquoi Éloïse, qui soigne tant son apparence? Que les autres aient l’air de la chienne-à-Jacques, ce n’est pas trop grave. Mais pas Éloïse. Je sais à quel point ce genre de détail est important pour elle et je suis fâchée contre moi. Pendant qu’elle cherche un blouse, elle ne fait pas ses cheveux. Et Éloïse aime être bien coiffée, surtout sur les photos.  Je suis aussi fâchée parce que, franchement, je m’en fiche un peu des photos d’école. Elles ne sont jamais bonnes. Je ne les achète que rarement. J’en prends des bien meilleures moi-même. Puis des photos de finissants, en 6ième année? C’était à l’Université, puis au secondaire, maintenant en 6ième et même en maternelle parfois. Y-a-t-il une raison d’ouvrir son porte-monnaie plus ridicule?

Je me dis que de toute façon, je ne vais pas les acheter. Je me dis que c’est contre mes principes. Et je me fâche encore plus contre moi: c’est tout à fait correct de prendre des décisions de principes dans l’éducation de nos enfants, même si elles vont à contre-courant. Mais il aurait fallu que je lui explique avant. C’est facile de faire passer son manque d’organisation pour une décision de principes. Les principes ont le dos large. Mais honnêtement, les photos ne m’ont pas trop dérangé jusqu’à ce que je me ramasse les culottes à terre.

Il est 8:30. Je m’approche de la salle-de-bain dans laquelle les filles se préparent. Je m’attends à y trouver une boule de nerfs. Je vais dire aux enfants de descendre dans l’entrée et Éloïse sera encore en train de se battre avec ses cheveux, impatiente, incapable de se coiffer adéquatement. Sans blouse blanche, en colère, mal coiffée.

Mais j’y ai trouvé une jeune demoiselle tout à fait composée qui mettait les touches finales à sa coiffure. Elle était allée chercher la blouse à jabot trop grande dans mon placard et grâce à une combinaison ingénieuse d’épingles à cheveux et d’élastiques elle avait réussi à dompter le jabot et à ajuster une blouse de dame à sa petite silhouette. Le résultat final était tout à fait adorable et le paquet parfaitement ficelé. Elle est sortie juste à temps pour attraper l’autobus scolaire et se rendre à sa photo de finissant.

Elle grandi ma toute petite. Elle commence à donner des leçons de vie à sa maman.

“Friendly message asking to keep toilet clean”


Believe it or not, someone came upon my blog while making a Google search on “friendly message asking to keep toilet clean”… No doubt because of my blogs on kids and chores. You can read it here.

As for the friendly message, the visitor to my blog has come and gone and probably won’t be back. But dirty toilets are a pet-peeve of mine. In fact, when people ask me what is my biggest challenge as a mother of young children they expect an answer like “the laundry”, “the groceries” or “remembering where I drove which child”. But really, my biggest challenge is public bathrooms, especially taking young children to public bathrooms. I. Hate. It. And God, knowing how much I always despised public bathrooms, “blessed” me with FIVE DAUGHTERS! Guys can just walk in a bathroom, unzip, empty their bladders touching nothing but their own private parts and walk away. But my husband can eat an entire restaurant meal without having to take anyone to a stinkin’ public bathroom. I was blessed with FIVE DAUGHTERS which means that I have visited just about every public bathroom in the Ottawa area and will continue to do so for another 10 years-ish. (Why 10 years? Because I don’t let my children go in public bathrooms alone. Yeah, I’m nuts, go read my post on Accidents.)

Someone overhearing me in the next stall would hear things like “don’t touch anything! No, no, don’t put your hands on the seat, put your hands on my knees and don’t touch anything. No you can’t flush, let me flush with my foot… Nooooo, don’t touch the door! Now let’s wash our hands… Don’t touch the soap dispenser, everybody who touches it has dirty hands (duh…). Don’t touch the taps, I’ll turn them on with my elbows. Just let me wash and dry your hands and run away from here. Noooo, don’t touch the door!! Here, have some Purell… more… more…” I don’t know if you can be friendly with people who leave their urine or sanitary products behind. I would just write:

What makes you think I want to sit in your urine?

Is that friendly enough? Because that’s what I wonder sometimes.

Random Bullets


  • It’s really nice when sports teams offer to pack your groceries at Superstore as a fundraiser, especially since the cashiers are not always helpful. But somebody should tell them not to pack heavy items on top of the bananas. Or the brie.
  • I must be Superwoman. I saw an ad for Canesten, the yeast infection treatment. It ends like this “… so when it’s your turn to do the carpool, you can!” Really? Who write these ads? Don Draper? Because let’s agree that a yeast infection is a real pain in the — ahem — ladyparts. But it’s not exactly an incapacitating condition.
  • Lucas’ pajamas — size 0-3 months — have anti-skid appliques at the bottom of the feet. Where do you think he’s going fast?

    Lucas, going places fast with anti-skid sleepwear!
  • Summer dresses are out in force on clothes racks and I love dresses. As I stroll through the shopping malls — well, more like the Joe Fresh aisle at Superstore — I have to keep reminding myself that summer dresses are totally inappropriate for nursing mothers. And once again this year I will give it a pass. Unless I decide to forgo my abhorrence to spend more than $49.99 on a piece of clothing and give this Boob dress a try (for $135… not gonna happen, but it was nice thinking about it!):
  • My children had a blast the other day when one asked:

Did you know that there are 200 fingers and toes in our family?

Big families are so cool!!

Accidents


Avec l’âge, je deviens de moins en moins capable de faire abstraction des mauvaises nouvelles qui arrivent ailleurs, à d’autres. C’est ainsi que j’ai perdu plusieurs nuits de sommeil à réfléchir au meurtre de Tori Stafford, dont le procès se déroule présentement en Ontario. Tori, l’horreur de ses derniers moments, l’existence dans ce monde d’une méchanceté et d’une perversion qui n’est assouvie que par la torture et la destruction d’une vie innocente, fauchée pour n’avoir qu’été au mauvais endroit au mauvais moment. On cherche une cause, une raison, quelque chose à quoi s’accrocher pour se convaincre que ça n’arrive qu’aux autres, pour vivre nos vies en paix sans porter le poids du danger qui nous guette. Des dérangés qui s’en prennent aux enfants, il y en a toujours eu. C’est lorsqu’on pense qu’il y en aura toujours que notre gorge se serre.

On dit qu’on ne peut pas vivre dans la peur, que les risques sont bas, que ces drames arrivent rarement. Mais qui veut être une statistique? Ça leur fait quoi aux parents de Tori de savoir que leurs chances de perdre leur enfant étaient basses, relativement parlant? Sur son site web Free-Range Kids, Lenore Skenazy recommande de chercher “à qui la peur profite” et pointe les cotes d’écoute, les tirages. Mais ça leur fait quoi aux parents de Cédrika de savoir que les média aiment les mauvaises nouvelles? Que la peur vend?

Je n’achète pas la peur pour la peur. Je n’ai pas peur d’avoir peur. J’ai peur pour mes enfants. Mes enfants. Pas les enfants des autres. Mes enfants. Ceux que j’ai mis au monde. Ceux qui pourraient partir à l’école, un matin bien ordinaire, pour ne jamais revenir. Je lis la série accidents de Pierre Foglia dans La Presse (Les bons vivants, L’annonce faite aux parents, Shaun avait bu et Quelle plaie les mamans trop prudentes) et j’accroche toujours sur la notion d’accident. Qu’on ne peut pas tout prévenir. Vraiment? Combien d’accidents le sont vraiment?

Ce n’est pas le destin qui a tué ces gens-là. C’est la vitesse, ou l’alcool, ou la drogue, ou les trois en même temps. Mais le plus grave est ailleurs. En se tuant, ces gens-là ont tué des innocents qui allaient au cinéma ou chez grand-papa, ou qui faisaient un tour de machine, comme on dit, ou un tour de vélo, ou de moto, et ces innocents-là non plus, ce n’est pas le destin qui les a tués. C’est un petit con soûl qui allait trop vite.

Avec l’âge, je deviens de plus en plus sensible à notre grande vulnérabilité envers la méchanceté et la stupidité d’autrui. Je n’ai pas peur de gros méchant loup qui m’attend au tournant, j’ai peur de l’idiot qui s’en vient à contresens de l’autre côté de la côte, du pervers criminel qui a décidé que cette journée serait la bonne. J’ai peur de la journée qui commence comme toutes les autres et qui se termine par un appel de la police.

Appelez-moi mère poule. Je préfère vivre avec l’inquiétude qu’avec le regret.

Relâche – March Break


La relâche scolaire de mars vient de se terminer. C’était une belle petite semaine bien tranquille pour nous: pas de voyage ou de destination exotique. Nous avons passé la semaine à la maison et nous avons profité de deux belles fins de semaine séparées  par une semaine un peu mouillée et venteuse. En voici les meilleurs moments:

Des nouvelles des jumeaux: 6 mois!


Et nous y voilà! 6 mois! Une demi année! Le temps a passé tellement vite… ou comme l’a remarqué mon mari: “Ça passe vite lentement.” Au cours du dernier mois, j’ai travaillé à établir une routine de dodo passablement prévisible et à améliorer mon attitude face aux limites de ma “nouvelle vie”. J’ai écrit un post là-dessus (en anglais): A stranger in a strange land

Il y a deux semaines, nous avons initié le processus de transfert des jumeaux de ma chambre à la leur. J’avais essayé un mois auparavant mais je n’arrivais pas à me séparer des bébés. J’ai tout de suite vécu la différence entre un changement trop hâtif et un changement à terme: la première fois, le changement était un stress mal absorbé par maman et les bébés. La deuxième fois, les bébés ont commencé à mieux dormir et maman n’avait aucune anxiété. Ceci étant dit, Lucas se réveille quand même 3 fois la nuit, vers 11:00, 1:00 et 3:00 puis se réveille pour la journée vers 5:30-6:00. Avec l’unique réveil de Ève vers 4:00, ma nuit ressemble à un patchwork de petite siestes: 23:00, 01:00, 3:00, 04:00 puis lever pour la journée avec Sarah et Lucas vers 5:30.  C’est plutôt assommant et je m’attends à ce que cette routine continue jusqu’au sevrage des jumeaux. J’espère les allaiter au moins 2 ans… On verra bien.

Côté positif Lucas se couche le soir sans le moindre cris. Il proteste un peu au moment de la sieste mais de manière générale, il s’endort seul. Ce qui m’amène à une observation sur les méthodes d’entraînement au sommeil telles que Healthy Sleep Habits et la méthode 5-10-15. Ces méthodes assument que les bébés qui protestent le dodo le font pour une seule raison: leur incapacité de s’endormir seuls. En les laissant pleurer, ils sont forcés d’apprendre comment s’endormir. En parlant avec d’autres mamans et en ayant le privilège d’observer mes jumeaux, deux bébés fort différents, j’ai remarqué que Lucas était tout à fait capable de s’endormir seul. Le soir, il s’endort sans un bruit. La nuit, lorsque je l’allaite, il retourne au lit réveillé en se rendort de lui-même. Il ne s’agit donc pas d’une incapacité qui doit être apprise mais d’un besoin en soi. Ce qui m’amène à ma seconde observation. Laisser pleurer un bébé ne lui apprend pas à s’endormir. Lorsque Lucas s’endort après avoir pleuré, il s’endort d’épuisement et non parce qu’il a soudainement “appris” à s’endormir. Parfois, il pleure d’épuisement et il s’endort généralement en moins de 10 minutes. Lorsqu’il pleure pour plus longtemps que 10 minutes, je dois tenter de trouver pourquoi il n’arrive pas à dormir. Ceci étant dit, bien que Lucas soit un bébé qui n’aime pas être seul, il demeure un petit bonhomme plein de sourires et d’entregent.

Ève… que dire de Ève? Encore et toujours une petite fée, un bébé tout en plaisirs et lumière. Un petit bonbon rose. Elle dort, elle mange et elle souri. C’est parfois déconcertant d’avoir un jumeau aussi facile à côté d’un jumeau plus intense mais Ève sait se faire entendre quand elle en a besoin. Elle est plus casanière que Lucas et a du mal à dormir dans la poussette ou dans l’auto. Ceux qui nous voient surtout à l’extérieur de la maison ont l’impression que Ève  est plus difficile. Et pour autant qu’elle attend plus longtemps que Lucas avant de se faire entendre, un coup parti c’est la fin du monde. Une fois allumée, sa mèche est beaucoup plus courte que celle de son frère. Physiquement, elle traîne toujours son faible poids de naissance et son développement  est toujours 4 semaines derrière son frère. Cependant, elle a trouvé ses pieds avant Lucas et je l’ai vu pousser un jouet avec son pieds pour pouvoir mieux l’attraper avec sa main: sa coordination est vraiment bien développée.

Lorsque les jumeaux ont eu 6 mois, Colin m’a dit “He, ça fait 6 mois que tu n’as pas dormi!” Un peu plus en fait si je compte le dernier mois de grossesse. J’ai un mal de tête constant et je carbure aux Advil. J’ai du mal à me concentrer et à réfléchir. Je vis 20 minutes à la fois. C’est un style de vie très isolé et très dépendant. D’un côté, les contacts avec l’extérieur me manquent mais d’un autre côté, je suis contente d’avoir l’occasion de me rapprocher de ceux qui m’aident, comme mes parents et certains amis. C’est un retour à l’essentiel et au minimalisme d’un cercle intime. Et avec le retour un peu trop hâtif du printemps, je vais enfin pouvoir sortir de ma tanière.