La menace du nombre


Il y a environ un mois, notre famille a fait l’objet d’une chronique dans notre journal local. Ce n’est pas la première fois que j’apparais avec ma petite bande sur les pages d’un journal : l’année dernière, j’avais participé à un article sur la décision de retourner au travail ou de rester à la maison pour le Globe & Mail.

Quand vous êtes mère de famille nombreuse et que vous vous pointez le nez dans les média, il faut vous attendre à ce que les trolls du réchauffement climatique soient au rendez-vous, peu importe le sujet de l’article. Nous serions un bien piètre exemple à suivre : si tout le monde faisait comme nous, l’impact environnemental serait désastreux. Peut-être en théorie, mais qu’en est-il de de la réalité?

Vous n’avez pas besoin d’être expert en démographie pour voir que les familles nombreuses ne sont pas à la source de la surpopulation de la planète. En assumant que vous acceptiez les arguments en faveur de la surpopulation. Car une lecture brève des titres à ce sujet démontre rapidement que les problèmes reliés au déclin démographique sont tout aussi pressants que ceux reliés à la surpopulation. Et que les problèmes d’allocation des ressources reliés à la surpopulation sont temporaires. Je m’explique. Une lecture rapide des statistiques sur les taux de natalité (nombre de naissances enregistrées au cours d’une année par 1000 habitants) et les taux de fertilité (nombre moyen d’enfants par femme au cours de leur vie, entre 15 et 50 ans) sont en déclin de par le monde. Bien que de nombreux pays sous-développés se trouvent encore au-dessus du taux de natalité qui assure le renouvèlement de leur population (2.1 enfants par femme), leur taux de natalité est en déclin. À la lecture des statistiques, il semble que l’augmentation de la population mondiale ne soit pas autant liée aux naissances trop nombreuses mais bien à l’augmentation de l’espérance de vie.  Autrement dit, nous n’avons pas soudainement commencé à nous reproduire comme des lapins, nous avons simplement arrêté de tomber comme des mouches. Le nombre de personnes âgées est à la hausse mais le nombre d’enfants est en déclin de par le monde.

Blâmer la surpopulation sur les familles nombreuses comme la nôtre ignore le fait que pour un pays comme le Canada, le taux de fertilité est bien en-dessous du taux de renouvèlement, malgré la poignée de familles nombreuses qu’on y retrouve. Pensez-y : le taux de fertilité de 1.1 enfant par femme inclue les femmes comme moi. Nous faisons donc une bien maigre différence. Au pire, nous rendons le déclin démographique un tout petit peu moins menaçant. Je rencontre parfois des petits comiques qui me disent : « Je suis bien content qu’il y ait des gens comme toi pour compenser pour les gens comme moi »… Sauf que nous ne faisons pas le poids : il y a encore trop de gens comme toi pour que les gens comme moi puissent compenser.

Certains me diront que le déclin de la population est souhaitable puisque notre bilan écologique est peu enviable. C’est vrai. Il est difficile de ne pas voir comment l’abus de ressources est néfaste pour l’environnement. Cependant, je vous dirais que  ce ne sont pas les gens qui tuent la planète mais les mentalités. Puisque les familles nombreuses ne sont pas assez nombreuses pour affecter le taux de natalité d’un pays, qu’est-ce qui vous fait penser qu’elles sont assez nombreuses pour détruire l’environnement? L’abus de ressources se produit en parallèle avec le déclin de la population. Le problème n’est pas seulement combien de personnes piétinent l’environnement, mais comment!

Notre famille vit  en banlieue d’Ottawa dans un quartier bien typique des banlieues aisées que l’on retrouve aux quatre coins du pays. Grosses maisons unifamiliales, 4 chambres à coucher, garage double. Deux voitures, ou plutôt une voiture et un véhicule de type utilitaire sport ou minivan. Notre maison est faite pour une famille de 4 ou 5 personnes. Autour de chez moi, dans des demeures similaires en taille et en fonction, il n’y a que des couples sans enfants ou avec 1 ou 2 enfants. Certaines familles sont jeunes et espère faire grandir leur famille mais la majorité sont plus âgés. Ils utilisent comme nous 3 000 pi. ca. de superficie, bâtie sur des terres autrefois agricoles, 2 véhicules, l’air climatisé et le chauffage alimenté à l’électricité produite par une centrale au charbon quelque part en Ontario. Il ne coûte pas plus cher de chauffer 3 000 pi. ca. pour une famille de 10 que pour une famille de 2. Sauf que la taille de ma famille et de mes factures font en sorte que par beau temps, on ouvre les fenêtres. La plupart de mes voisins allument la climatisation en mai et l’éteignent en octobre. Bien que ma pile de déchets soit plus grande que la leur, le camion se déplace autant pour eux que pour moi, et leur pile de déchets n’est pas le cinquième de la mienne, même si leur maisonnée l’est. Leurs 2 véhicules se déplacent remplis au quart, pas moins souvent que les miens remplis à craquer. Et alors que mes vacances de mars se passent à la maison, avec un petit voyage de 60 minutes à la pente de ski la plus proche, la moitié des copains d’école de mes enfants sont partis en avion vers une destination plus ensoleillée. Et vous me pointez du doigt?

Je vais vous dire ce qui détruit la planète. C’est l’égoïsme. C’est une culture de pouvoir qui nous pousse à prendre ce qui nous revient, que nous en ayons besoin ou non. C’est la recherche du « plus encore », pour ne pas dire du « trop ». Lorsqu’on se promène dans les anciens quartiers d’Ottawa et que l’on y voit des petits bungalows en brique de 2 ou 3 chambres à coucher, pas plus grands qu’un garage triple, on se rappelle d’une époque pas si lointaine où ces maisons étaient considérées d’une taille acceptable pour une famille… alors que les familles étaient plus grosses! Aujourd’hui, ma maison unifamiliale a deux chambres à coucher avec leurs propres salle-de-bains. Idéal pour l’ado unique qui préfère ne pas partager une toilette avec ses parents : vos enfants peuvent maintenant dormir, surfer et se doucher dans leur aile personnelle. Ils n’ont même plus besoin de sortir pour faire pipi. Il ne manque que la trappe à repas! Mais c’est moi, mon mari et mes enfants qui sont le problème?

De ma fenêtre de bureau à la maison, je regarde passer les autobus scolaires. À tous les jours, une maman bienveillante vient reconduire sa fille qui semble avoir environ 12 ans à l’arrêt d’autobus et revient l’y chercher à la fin de la journée en minivan. À Ottawa, un élève ne peut marcher plus de 500 m pour se rendre à son arrêt d’autobus. Si la distance entre son domicile et son point d’embarquement est de plus de 500 m, un nouveau point d’embarquement est créé. Tout au cours de cet hiver rigoureux, le plus froid qu’on ait connu depuis belle lurette, notre maman bienveillante est venue déposer sa fille à l’arrêt d’autobus. Sa fille ne portait jamais de tuque, de foulard ou de mitaines. Pas même une paire de bottes. On s’entend que dans un rayon de 500 m de ma fenêtre de bureau, il n’y a pas de logement à loyer modique. On ne parle pas d’un enfant mal habillé par nécessité mais bien d’un enfant qui ne peut pas marcher 500 m (sans doute moins) en hiver parce qu’il « fait trop froid ». Et il fait trop froid par choix. C’est ce genre de choix, fait à tous les jours, multipliés par quelque million d’entre nous, sur l’espace d’une vie, qui sont venu à bout de l’environnement. Pas une poignée de familles nombreuses.

Oui, on utilise trop d’électricité, on conduit trop souvent, on porte trop de vêtements, on amasse trop de cochonneries et on doit maintenant construire des espaces de rangements climatisés pour accueillir les choses dont nous n’arrivons pas à nous débarrasser. Vous pensez que ce sont les familles comme la mienne qui rendent Dymon Storage si profitable? Non contents de tapisser nos terres agricoles d’asphalte, nous construisons des appartements de banlieue pour nos choses, que nous devons ensuite conduire en voiture d’un bout à l’autre de la ville. On en est arrivé là alors que la population continue de décroitre. Serait-il possible que vous cherchiez votre coupable au mauvais endroit?

Pour ma part, je vais continuer à avoir des enfants et à les élever de manière à ce qu’ils deviennent des citoyens responsables. Je ne sais pas si je vais réussir : les forces sociales qui poussent à la surconsommation et au nombrilisme sont puissantes! Mais je crois que j’ai une meilleure chance de réussir parce que la famille nombreuse est un incubateur pour les valeurs que je cherche à inculquer à mes enfants. Vous devriez être contents : ce sont eux qui vont payer vos serviettes d’incontinence et remplacer vos hanches pour les 40 prochaines années.

Picture by Jenna Sparks, Lifestyle photographer: http://jsparksphotography.zenfolio.com/
Picture by Jenna Sparks, Lifestyle photographer: http://jsparksphotography.zenfolio.com/

La menace nombreuse


Il y a environ un mois, notre famille a fait l’objet d’une chronique dans notre journal local. Ce n’est pas la première fois que j’apparais avec ma petite bande sur les pages d’un journal : l’année dernière, j’avais participé à un article sur la décision de retourner au travail ou de rester à la maison pour le Globe & Mail.

Quand vous êtes mère de famille nombreuse et que vous vous pointez le nez dans les média, il faut vous attendre à ce que les trolls du réchauffement climatique soient au rendez-vous, peu importe le sujet de l’article. Nous serions un bien piètre exemple à suivre : si tout le monde faisait comme nous, l’impact environnemental serait désastreux. Peut-être en théorie, mais qu’en est-il de de la réalité?

Vous n’avez pas besoin d’être expert en démographie pour voir que les familles nombreuses ne sont pas à la source de la surpopulation de la planète. En assumant que vous acceptiez les arguments en faveur de la surpopulation. Car une lecture brève des titres à ce sujet démontre rapidement que les problèmes reliés au déclin démographique sont tout aussi pressants que ceux reliés à la surpopulation. Et que les problèmes d’allocation des ressources reliés à la surpopulation sont temporaires. Je m’explique. Une lecture rapide des statistiques sur les taux de natalité (nombre de naissances enregistrées au cours d’une année par 1000 habitants) et les taux de fertilité (nombre moyen d’enfants par femme au cours de leur vie, entre 15 et 50 ans) sont en déclin de par le monde. Bien que de nombreux pays sous-développés se trouvent encore au-dessus du taux de natalité qui assure le renouvèlement de leur population (2.1 enfants par femme), leur taux de natalité est en déclin. À la lecture des statistiques, il semble que l’augmentation de la population mondiale ne soit pas autant liée aux naissances trop nombreuses mais bien à l’augmentation de l’espérance de vie.  Autrement dit, nous n’avons pas soudainement commencé à nous reproduire comme des lapins, nous avons simplement arrêté de tomber comme des mouches. Le nombre de personnes âgées est à la hausse mais le nombre d’enfants est en déclin de par le monde.

Blâmer la surpopulation sur les familles nombreuses comme la nôtre ignore le fait que pour un pays comme le Canada, le taux de fertilité est bien en-dessous du taux de renouvèlement, malgré la poignée de familles nombreuses qu’on y retrouve. Pensez-y : le taux de fertilité de 1.1 enfant par femme inclue les femmes comme moi. Nous faisons donc une bien maigre différence. Au pire, nous rendons le déclin démographique un tout petit peu moins menaçant. Je rencontre parfois des petits comiques qui me disent : « Je suis bien content qu’il y ait des gens comme toi pour compenser pour les gens comme moi »… Sauf que nous ne faisons pas le poids : il y a encore trop de gens comme toi pour que les gens comme moi puissent compenser.

Certains me diront que le déclin de la population est souhaitable puisque notre bilan écologique est peu enviable. C’est vrai. Il est difficile de ne pas voir comment l’abus de ressources est néfaste pour l’environnement. Cependant, je vous dirais que  ce ne sont pas les gens qui tuent la planète mais les mentalités. Puisque les familles nombreuses ne sont pas assez nombreuses pour affecter le taux de natalité d’un pays, qu’est-ce qui vous fait penser qu’elles sont assez nombreuses pour détruire l’environnement? L’abus de ressources se produit en parallèle avec le déclin de la population. Le problème n’est pas seulement combien de personnes piétinent l’environnement, mais comment!

Notre famille vit  en banlieue d’Ottawa dans un quartier bien typique des banlieues aisées que l’on retrouve aux quatre coins du pays. Grosses maisons unifamiliales, 4 chambres à coucher, garage double. Deux voitures, ou plutôt une voiture et un véhicule de type utilitaire sport ou minivan. Notre maison est faite pour une famille de 4 ou 5 personnes. Autour de chez moi, dans des demeures similaires en taille et en fonction, il n’y a que des couples sans enfants ou avec 1 ou 2 enfants. Certaines familles sont jeunes et espère faire grandir leur famille mais la majorité sont plus âgés. Ils utilisent comme nous 3 000 pi. ca. de superficie, bâtie sur des terres autrefois agricoles, 2 véhicules, l’air climatisé et le chauffage alimenté à l’électricité produite par une centrale au charbon quelque part en Ontario. Il ne coûte pas plus cher de chauffer 3 000 pi. ca. pour une famille de 10 que pour une famille de 2. Sauf que la taille de ma famille et de mes factures font en sorte que par beau temps, on ouvre les fenêtres. La plupart de mes voisins allument la climatisation en mai et l’éteignent en octobre. Bien que ma pile de déchets soit plus grande que la leur, le camion se déplace autant pour eux que pour moi, et leur pile de déchets n’est pas le cinquième de la mienne, même si leur maisonnée l’est. Leurs 2 véhicules se déplacent remplis au quart, pas moins souvent que les miens remplis à craquer. Et alors que mes vacances de mars se passent à la maison, avec un petit voyage de 60 minutes à la pente de ski la plus proche, la moitié des copains d’école de mes enfants sont partis en avion vers une destination plus ensoleillée. Et vous me pointez du doigt?

Je vais vous dire ce qui détruit la planète. C’est l’égoïsme. C’est une culture de pouvoir qui nous pousse à prendre ce qui nous revient, que nous en ayons besoin ou non. C’est la recherche du « plus encore », pour ne pas dire du « trop ». Lorsqu’on se promène dans les anciens quartiers d’Ottawa et que l’on y voit des petits bungalows en brique de 2 ou 3 chambres à coucher, pas plus grands qu’un garage triple, on se rappelle d’une époque pas si lointaine où ces maisons étaient considérées d’une taille acceptable pour une famille… alors que les familles étaient plus grosses! Aujourd’hui, ma maison unifamiliale a deux chambres à coucher avec leurs propres salle-de-bains. Idéal pour l’ado unique qui préfère ne pas partager une toilette avec ses parents : vos enfants peuvent maintenant dormir, surfer et se doucher dans leur aile personnelle. Ils n’ont même plus besoin de sortir pour faire pipi. Il ne manque que la trappe à repas! Mais c’est moi, mon mari et mes enfants qui sont le problème?

De ma fenêtre de bureau à la maison, je regarde passer les autobus scolaires. À tous les jours, une maman bienveillante vient reconduire sa fille qui semble avoir environ 12 ans à l’arrêt d’autobus et revient l’y chercher à la fin de la journée en minivan. À Ottawa, un élève ne peut marcher plus de 500 m pour se rendre à son arrêt d’autobus. Si la distance entre son domicile et son point d’embarquement est de plus de 500 m, un nouveau point d’embarquement est créé. Tout au cours de cet hiver rigoureux, le plus froid qu’on ait connu depuis belle lurette, notre maman bienveillante est venue déposer sa fille à l’arrêt d’autobus. Sa fille ne portait jamais de tuque, de foulard ou de mitaines. Pas même une paire de bottes. On s’entend que dans un rayon de 500 m de ma fenêtre de bureau, il n’y a pas de logement à loyer modique. On ne parle pas d’un enfant mal habillé par nécessité mais bien d’un enfant qui ne peut pas marcher 500 m (sans doute moins) en hiver parce qu’il « fait trop froid ». Et il fait trop froid par choix. C’est ce genre de choix, fait à tous les jours, multipliés par quelque million d’entre nous, sur l’espace d’une vie, qui sont venu à bout de l’environnement. Pas une poignée de familles nombreuses.

Oui, on utilise trop d’électricité, on conduit trop souvent, on porte trop de vêtements, on amasse trop de cochonneries et on doit maintenant construire des espaces de rangements climatisés pour accueillir les choses dont nous n’arrivons pas à nous débarrasser. Vous pensez que ce sont les familles comme la mienne qui rendent Dymon Storage si profitable? Non contents de tapisser nos terres agricoles d’asphalte, nous construisons des appartements de banlieue pour nos choses, que nous devons ensuite conduire en voiture d’un bout à l’autre de la ville. On en est arrivé là alors que la population continue de décroitre. Serait-il possible que vous cherchiez votre coupable au mauvais endroit?

Pour ma part, je vais continuer à avoir des enfants et à les élever de manière à ce qu’ils deviennent des citoyens responsables. Je ne sais pas si je vais réussir : les forces sociales qui poussent à la surconsommation et au nombrilisme sont puissantes! Mais je crois que j’ai une meilleure chance de réussir parce que la famille nombreuse est un incubateur pour les valeurs que je cherche à inculquer à mes enfants. Vous devriez être contents : ce sont eux qui vont payer vos serviettes d’incontinence et remplacer vos hanches pour les 40 prochaines années.

Picture by Jenna Sparks, Lifestyle photographer: http://jsparksphotography.zenfolio.com/
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Joyeux Noël!


Cette année pour les vacances de Noël, nous avons créé une patinoire sur l’étang derrière notre maison. Malgré le froid extrême, les enfants sortent patiner au moins deux fois par jour. Nous avons passé un Noël tout simple en famille. Alors que passent à la télé les annonces pour le cadeau parfait — une voiture, un cinéma maison, un voyage — nous retournons à la source avec des étrennes simples, des repas succulents et de quoi bâtir un héritage de bons souvenirs. Nous passons un bien joyeux Noël et nous vous souhaitons la même joie au cours de toute l’année.

Par une belle journée d’automne à la plage… Un aéroglisseur!


Après un mois de septembre un peu frisquet, l’automne est venu cogner à notre porte y apportant les derniers jours de l’été qui nous avaient tant manqués. Les arbres passent du vert au rouge orangé et le contraste entre le bleu du ciel et les couleurs éclatantes de l’automne est spectaculaire. Pouvoir l’apprécier sans se geler les doigts est un de ces petits luxes que nous offre la nature lorsqu’elle se sent généreuse.

À la plage en octobre, le bord de l’eau nous appartient. Nous aimons nous y réunir pour jouer dans le sable sans la foule. Aujourd,Hui, nous y avons vu un spectacle inhabituel: un aéroglisseur de la garde côtière. Que faisait-il là? Aucune idée! Mais quel spectacle de le voir traverser la rivière et venir s’échouer (se stationner?) à la plage!

Si vous cliquez sur la première photo, vous pourrez toutes les voir en album photo.

Un été bien rempli…


La vie, la vie! L’été se termine lentement et nous nous apprêtons à célébrer le deuxième anniversaire des jumeaux. Et oui! 2 ans! Et nous faisons finalement nos nuits en passant!

J’ai quitté mon emploi à la Chambre des Communes et je me dirige vers de nouvelles aventures. Je travaille désormais de la maison pendant la sieste. Fini les embouteillages et les soupers mal planifiés.

Les enfants sont de retour à l’école après un été tranquille. Je vais reprendre du collier et recommencer à écrire, c’est promis… En attendant, voici quelques photos d’un bel été bien rempli.

“Qu’est-ce que vous faites avec tous ces enfants?”


À mes parents qui viennent de célébrer leur 41ième anniversaire de mariage et qui m’ont donné le plus beau cadeau, la vie. C’est avec leur exemple d’une vie simple et heureuse, dédiée à leur famille et à leurs amis, que je poursuis mon chemin. Leur amour me soutient.

“Qu’est-ce que vous faites avec tous ces enfants?”

Oui, quelqu’un m’a posé cette question récemment. Un peu comme si je collectionnais les salières, avec le même mélange de curiosité un peu condescendante. Que voulez-vous dire « qu’est-ce que je fais »? Tout le monde sait que je les envoie aux champs tous les matins!

Qu’est-ce que vous faites? Comment vous faites? C’est l’interminable ronde des questions à laquelle font face les parents de famille nombreuse. Comment vous cuisinez pour une famille nombreuse? Comment vous faites le lavage pour une famille nombreuse? Comme si le four et la machine à laver fonctionnaient différemment pour 10 que pour 4. Je cuisine comme tout le monde, mais avec plus d’ingrédients.

Je me souviens du temps pas si lointain lorsque que je regardais les familles nombreuses avec une curiosité empreinte d’admiration. J’ai rencontré une mère de 6 enfants (qui en a maintenant 10) lorsque j’avais 2 enfants. Je lui ai posé la question que tout le monde pose aux mères de plusieurs : « Allez-vous en avoir d’autres? » Elle m’a répondu avec grâce et générosité – car je sais aujourd’hui à quel point cette question peut être irritante – « Oh oui!! Certainement! » J’étais à la fois impressionnée et intimidée. Je me rappelle sa patience lorsque les questions indiscrètes me tombent sur les nerfs : je ne saurais jamais si mes réponses auront encouragé une maman à faire confiance à la vie et à poursuivre le chemin de la grosse famille dans un monde fait pour 4. J’espère qu’un jour quelqu’un verra ma famille et se dira « Oui, moi aussi je peux! » Mais je sais qu’au jour le jour, les gens me regardent et se disent « Mieux vaut-elle que moi! »

Si j’avais le temps, je voudrais pouvoir m’asseoir avec les curieux autour d’un bon café et leur expliquer. J’aimerais leur dire que « tous ces enfants » sont aussi des individus. Lorsque nous décidons d’avoir « encore un enfant », ce que nous décidons c’est d’accueillir une nouvelle personne au sein de notre famille. Nous n’avons pas des enfants pour les 2 années où ils seront « bébés », ni pour les 10 années où ils seront « enfants », ni même pour les 20 années où ils seront « jeunes »; car ces chiffres ne sont que la représentation du passage du temps. Nous les accueillons dans notre vie pour eux-mêmes, enfants, adultes, tantes et oncles, cousins et amis. Non seulement pour les enfants qu’ils seront si brièvement mais pour les adultes qu’ils deviendront. Pour les aimer et être aimé en retour.

Élever des enfants est un travail difficile, sans répit. Et lorsque les gens nous demandent si nous allons en « avoir » d’autres avec le ton de voix qui demande si nous allons avoir une deuxième voiture ou un autre clou dans le front, ils trahissent leurs propres doutes et leur horizon limité. Je vais avoir une pédicure, merci beaucoup. Mais pour ce qui est des enfants, je ne les ai pas, je les donne. Je leur donne la vie, je les donne à moi-même d’abord puis les uns aux autres comme frères et sœurs, puis je les donne à leurs futurs époux et à leurs enfants. Je les donne à leur patrie, à leur environnement, à leur travail et à leur communauté. Et je sais qu’ils reviendront m’entourer un jour, plus nombreux et plus forts, compagnons et solidaires.

Notre vie sera une longue, merveilleuse, aventure.

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