Un été bien rempli…


La vie, la vie! L’été se termine lentement et nous nous apprêtons à célébrer le deuxième anniversaire des jumeaux. Et oui! 2 ans! Et nous faisons finalement nos nuits en passant!

J’ai quitté mon emploi à la Chambre des Communes et je me dirige vers de nouvelles aventures. Je travaille désormais de la maison pendant la sieste. Fini les embouteillages et les soupers mal planifiés.

Les enfants sont de retour à l’école après un été tranquille. Je vais reprendre du collier et recommencer à écrire, c’est promis… En attendant, voici quelques photos d’un bel été bien rempli.

Croire


J’ai récemment passé une merveilleuse soirée en compagnie d’une amie très chère. Nous avons passé une petite soirée aux bains nordiques, sans enfants. C’était un grand luxe : à nous deux, nous avons 7 enfants de moins de 7 ans. Il va sans dire que nos rencontres sont souvent sur un thème d’action accompagnée de bruit, joyeux ou autre.

C’était donc une grande joie d’aller la rejoindre pour quelques heures de conversation non-interrompue (à part pour la police du silence…. C’est sérieux la relaxation aux bains nordiques!)

Piscine panoramique

 Alors que nous admirions la vue de la toute nouvelle piscine panoramique, mon amie m’a posé des questions sur ma foi et sur ma perspective surnaturelle. Après notre conversation, j’étais un peu déçue de ne pas avoir été capable d’exprimer plus clairement ce que ma foi représente pour moi et comment elle m’aide au jour-le-jour. Pas parce que je voulais la convaincre ou la convertir, loin de là. Mais plutôt parce que je crois que lorsque quelqu’un pose des questions, c’est par désir de comprendre ou par soif de savoir. Et je trouvais que mes explications un peu mélangées n’allaient ni éclairer un désir de comprendre ni encourager une recherche spirituelle.

Le sujet est un peu trop vaste pour un blog mais une des questions plus particulières que mon amie m’a posée était au sujet de ce que ma foi m’apporte au jour-le-jour. Comment est-ce que la foi aide la mère de 8 enfants par une journée misérable? Quand tout le monde crie et que le mari est grognon. Quand on se sent sur le bord de craquer et que notre cerveau va bientôt court-circuiter. On est bien loin de la Messe du dimanche et des grâces de la Communion, pour les Catholiques comme moi.

Pas que la Messe m’apporte beaucoup de paix, le défi du dimanche est plutôt de recevoir la Communion sans avoir envie d’étrangler mes trois plus jeunes.  Bref. Je ne suis pas venue à la pratique religieuse par la tête mais bien par le cœur, ce qui me rend bien inutile lorsqu’il en vient à expliquer les choses mystérieuses. L’histoire de ma conversion (ou « réversion » car j’ai été baptisée et élevée dans une famille Catholique mais je n’étais plus pratiquante) est d’une simplicité un peu navrante : J’avais beaucoup de mal à composer avec ma nouvelle réalité de jeune maman, je manquais de force, de patience et de « jus ». J’allais au groupe de jeu où j’entendais les mamans se plaindre au sujet de leurs enfants, de leur emploi, de leur conjoint. Les ritournelles étaient toujours négatives, les défis de la vie étaient toujours insurmontables.  Leurs problèmes étaient toujours la faute des autres et leur solution la responsabilité d’autrui. Puis j’ai rencontré une maman (qui est maintenant une amie très proche) qui avait une attitude complètement différente. Je me suis tenue proche d’elle et j’ai découvert qu’elle était  Catholique pratiquante. Elle m’a invitée à venir à son Église un dimanche, ajoutant : « Ils ont une chorale qui va te faire bouger! » Et c’était le coup de foudre. J’allais me joindre à la chorale et découvrir les richesses de la foi Catholique à travers la musique. C’est pourquoi lorsqu’on me demande pourquoi je me suis tournée vers la religion, je réponds toujours : « C’était nul avant  . Depuis c’est mieux. »

« C’est mieux comment? » m’a demandé mon amie, entre deux saunas. Pour moi, la plus grande contribution de la foi à ma vie de tous les jours a été l’acceptation de ma fertilité comme d’une partie intégrale de mon corps et de mon corps comme d’un don, parfaitement conçu, parfaitement créé. J’avais passé plusieurs années à essayer sans succès différents moyens de contraception, de la pilule au stérilet. J’en avais souffert des effets secondaires qui me hantent encore. Après avoir retiré le stérilet, j’étais tombée enceinte de mon quatrième enfant, une surprise que j’ai prise du temps à accepter. J’ai essayé la méthode sympto-thermale mais mes cycles étaient difficiles à interpréter. J’étais en colère contre mon corps et contre ma fertilité. En sauçant l’orteil dans la grande mer Catholique, j’ai soudainement trouvé une communauté au sein de laquelle la fertilité était célébrée. Où avoir quatre enfants était normal et non un signe certain de folie. Où mes grossesses non-planifiées étaient accueillies avec joie et compréhension plutôt que consternation et inquiétude. On entend rarement parler de l’Église Catholique comme d’un exemple d’acceptation des femmes mais mon expérience était tout à fait le contraire : soudainement, mon refus de me soumettre aux abus de la contraception était une force, mon désir de traiter ma fertilité avec respect était la norme, ma communauté de foi m’a appris à célébrer mon corps et à planifier ma famille dans le respect de mon cycle menstruel plutôt que de le traiter comme une maladie à vaincre.

« C’est toi qui as formé mes reins, et qui m’as tissé dans le sein de ma mère. Je te loue d’avoir fait de moi une créature si merveilleuse; tes œuvres sont admirables, et mon âme se plaît à le reconnaître. » Psaume 139

Pour moi, c’était comme un tremblement de terre. Car d’accepter ma fertilité et ma famille comme un cadeau m’aide au jour le jour à voir les petits miracles de la vie quotidienne. Mes enfants sont arrivés à leur propre temps, la bonne personne au bon moment. Et je les regarde souvent en me demandant ce que serait ma vie si je ne les avais pas laissé venir. Ma croyance en Dieu me donne la capacité au jour le jour, à travers le chaos, le bruit et les frustrations, d’apprécier le miracle de ma famille, chaque personne, là où elle devait être, en cadeau.  De me préoccuper de ce qu’il y a de beau et de bon :

« Enfin, Frères, tout ce qu’il y a de vrai, de noble, de juste, de pur, d’aimable, d’honorable, tout ce qu’il peut y avoir de bon dans la vertu et la louange humaine, voilà ce qui doit vous préoccuper! » Épître de Paul au Philippiens 4 :8

Je crois qu’il y a un « plan » dont je ne peux pas voir toutes les parties. Comme un casse-tête dont je ne peux voir qu’un coin. La foi me permet de croire que qu’il y a une image merveilleuse dont ma vie quotidienne et ses irritations ne sont qu’un pixel. Travailler fort à devenir une meilleure personne, plus généreuse, plus persévérante, plus compréhensive, aimer mon mari, élever mes enfants intentionnellement afin qu’ils grandissent et deviennent des personnes intègres et heureuses qui sont un cadeau à leur communauté; tout s’inscrit dans une perspective surnaturelle dans laquelle nous sommes plus que la sommes de nos morceaux. Et ma communauté de foi, mon église, mes coreligionnaires, me supportent car nous voyageons tous dans la même direction, partageant défis, faillites et victoires. C’est ainsi que même les tragédies peuvent avoir un sens :

« Car nous savons qu’avec ceux qui l’aiment, Dieu collabore pour leur bien, avec ceux qu’il a appelé selon son dessein… » Épître de Paul aux Romain, 8 :28

La gratitude est la contribution la plus importante de la foi à ma vie de tous les jours. Elle me permet de vivre pleinement le moment présent et d’anticiper le futur avec confiance. Car je sais que peu importe ce que m’apporte la vie, il y aura toujours quelque chose pour lequel je pourrai rendre grâce.

DSC_9598

“Qu’est-ce que vous faites avec tous ces enfants?”


À mes parents qui viennent de célébrer leur 41ième anniversaire de mariage et qui m’ont donné le plus beau cadeau, la vie. C’est avec leur exemple d’une vie simple et heureuse, dédiée à leur famille et à leurs amis, que je poursuis mon chemin. Leur amour me soutient.

“Qu’est-ce que vous faites avec tous ces enfants?”

Oui, quelqu’un m’a posé cette question récemment. Un peu comme si je collectionnais les salières, avec le même mélange de curiosité un peu condescendante. Que voulez-vous dire « qu’est-ce que je fais »? Tout le monde sait que je les envoie aux champs tous les matins!

Qu’est-ce que vous faites? Comment vous faites? C’est l’interminable ronde des questions à laquelle font face les parents de famille nombreuse. Comment vous cuisinez pour une famille nombreuse? Comment vous faites le lavage pour une famille nombreuse? Comme si le four et la machine à laver fonctionnaient différemment pour 10 que pour 4. Je cuisine comme tout le monde, mais avec plus d’ingrédients.

Je me souviens du temps pas si lointain lorsque que je regardais les familles nombreuses avec une curiosité empreinte d’admiration. J’ai rencontré une mère de 6 enfants (qui en a maintenant 10) lorsque j’avais 2 enfants. Je lui ai posé la question que tout le monde pose aux mères de plusieurs : « Allez-vous en avoir d’autres? » Elle m’a répondu avec grâce et générosité – car je sais aujourd’hui à quel point cette question peut être irritante – « Oh oui!! Certainement! » J’étais à la fois impressionnée et intimidée. Je me rappelle sa patience lorsque les questions indiscrètes me tombent sur les nerfs : je ne saurais jamais si mes réponses auront encouragé une maman à faire confiance à la vie et à poursuivre le chemin de la grosse famille dans un monde fait pour 4. J’espère qu’un jour quelqu’un verra ma famille et se dira « Oui, moi aussi je peux! » Mais je sais qu’au jour le jour, les gens me regardent et se disent « Mieux vaut-elle que moi! »

Si j’avais le temps, je voudrais pouvoir m’asseoir avec les curieux autour d’un bon café et leur expliquer. J’aimerais leur dire que « tous ces enfants » sont aussi des individus. Lorsque nous décidons d’avoir « encore un enfant », ce que nous décidons c’est d’accueillir une nouvelle personne au sein de notre famille. Nous n’avons pas des enfants pour les 2 années où ils seront « bébés », ni pour les 10 années où ils seront « enfants », ni même pour les 20 années où ils seront « jeunes »; car ces chiffres ne sont que la représentation du passage du temps. Nous les accueillons dans notre vie pour eux-mêmes, enfants, adultes, tantes et oncles, cousins et amis. Non seulement pour les enfants qu’ils seront si brièvement mais pour les adultes qu’ils deviendront. Pour les aimer et être aimé en retour.

Élever des enfants est un travail difficile, sans répit. Et lorsque les gens nous demandent si nous allons en « avoir » d’autres avec le ton de voix qui demande si nous allons avoir une deuxième voiture ou un autre clou dans le front, ils trahissent leurs propres doutes et leur horizon limité. Je vais avoir une pédicure, merci beaucoup. Mais pour ce qui est des enfants, je ne les ai pas, je les donne. Je leur donne la vie, je les donne à moi-même d’abord puis les uns aux autres comme frères et sœurs, puis je les donne à leurs futurs époux et à leurs enfants. Je les donne à leur patrie, à leur environnement, à leur travail et à leur communauté. Et je sais qu’ils reviendront m’entourer un jour, plus nombreux et plus forts, compagnons et solidaires.

Notre vie sera une longue, merveilleuse, aventure.

IMG_8130

IMG_8138

17 mois


Il ne sera pas dit que j’ai laissé passé une célébration! Les jumeaux ont 17 mois. 17 mois ça ne veut pas dire grand chose mais c’est le mois où ils ont commencé à dormir dans la même chambre et à faire leur nuit, sans traumatisme, sans hurlements… Ou si peu! Je suis fière d’avoir écouté mon cœur et d’avoir attendu le moment propice.

C’est aussi le mois où Ève a découvert le monde des deux-pattes. Trois mois après son frère. Comment je peux suivre deux bambins qui déambulent? C’est simple: une série de rhumes et de poussées dentaires les gardent bien au chaud près de maman et papa. Je crois que nous avons comme une excroissance dans le dos: notre centre de gravité change pour trop de portage, mais c’est mieux que d’être suivis par deux zombies qui pleurent et qui morvent, non?

20130220-131820.jpg

20130220-131910.jpg

Le retour des faits divers


1 Une bête noire — c’est-à-dire un “pet peeve” en anglais : les acteurs, chanteurs et autres personnalités des arts et spectacles qui utilisent leur popularité pour nous dire comment voter. Comme ça:

Bête noire #2675

Ce n’est pas parce que les vedettes n’ont pas le droit à leur opinion. Quoi? Tu as écris ou interprété une chanson populaire? Les gens aiment le son de ta voix, les arrangements de tes chansons? Mon frère chante bien aussi mais personne ne lui demande pour qui il vote. La popularité artistique n’est pas un gage de jugement politique, ça m’emmerde quand les gens se donne le droit de se mêler de mon droit de vote parce que les électeurs ont acheté leur album (ou vu leur film).

2 Deux-ième bête noire (tant qu’a y être et parce que Marie-Denise m’en donne une si belle occasion). “Il est à peu près temps qu’on fasse confiance à une femme pour gouverner le Québec…”? Pourquoi? Juste parce qu’elle a des ovaires au lieu des couilles? Comment est-ce que les organes de Pauline la rendent plus apte à gouverner que ceux de Jean ou de François? Voter pour Françoise David ou Pauline Marois c’est donc équivalent? Peut-être qu’il est temps que le Québec fasse confiance à une personne de principe? Quelqu’un avec un leadership solide? Quelqu’un avec une intégrité indiscutable? J’sais pas… Ça vaudrait peut-être la peine d’essayer Québec?

3 Trois jours avant la rentrée scolaire! Ma plus vieille me disait hier: “Je m’ennuie du temps où l’été était interminable. Aujourd’hui, c’est comme si j’avais pris la fin de semaine de congé et je retourne à un casier différent.” Et oui, c’est un signe du temps qui passe et des années qui s’accumulent: les jours passent comme des minutes et les mois comme des jour.

Derniers lambeaux du mois d’août

;

4 Quatre semaines avant le premier anniversaire des jumeaux. Parlant de temps qui passe. Il semble qu’hier j’étais enceinte de 35 semaines, en plein mois d’août, dans la chaleur. Puis c’était la mi-septembre et je ne me rappelle de presque rien. Heureusement que j’ai pris une tonne de photos!

11 mois et finalement mobiles (quoique ça ne m’ait pas manqué)

5 Cinq doigts bien hauts pour ma grande fille de 10 ans à qui j’ai demandé qui méritait un “High Five” et qui a répondu “moi!” C’est vrai qu’elle le mérite: elle s’occupe bien des plus petits et réussi à les faire coopérer là où d’autres se cassent le nez. La voilà en train de finir le maquillage de sa petite sœur .

20120826-155101.jpg

Fermeture


La transaction de vente de notre maison est complétée, les fonds sont dans notre compte bancaire, les serrures ont été changées. Nous avons rencontré notre avocat ce matin pour aposer notre autographe sur les lignes appropriées. Mon mari a remarqué en entrant dans le bureau avec Sarah et les jumeaux:

À chaque fois qu’on vient ici on a un bébé différent!

C’est vrai que nous avons accueilli au moins un enfant dans toutes les maisons que nous avons habitées (incluant notre premier appartement et les quartiers militaires). Notre fils de 6 ans s’amuse à dire à qui veut bien l’entendre que nous allons avoir un bébé dans cette nouvelle maison. Il ne faudrait surtout pas briser le charme…

En s’assoyant, notre avocat nous a demandé: “Pourquoi vous déménagez dans une maison louée?” et nous lui avons répondu: “Parceque nous voulons faire construire une maison sur mesure.” Il a éclaté de rire en se frottant les mains et s’est exclamé: “Quelqu’un dans le bureau me doit $5!!” Puis il nous a expliqué:

On se demandait pourquoi vous vendiez pour déménager en location. Puis tout d’un coup ça m’est venu pendant que je lisait Barbapapa à mes enfants. Ils vont se faire construire sur mesure!

Nous avons bien rit et j’ai répondu: “Exactement! Mais je promets de ne pas le faire en versant du plastique fondu sur les petits.”

Barbapapa était une de mes histoires préférée quand j’étais petite et c’est aujourd’hui celle de Sarah et David. Mais c’est quand même en cherchant les images pour cette publication que j’ai réalisé à quel point la vie nous faisait prendre des virages aussi surprenants que prévisibles. Dans La maison de Barbapapa, Barbapapa, Barbamama et les 7 Barbabébés décident de partir à la campagne se trouver un petit coin de paradis après avoir essayé en vain de s’établir en ville. Et c’est avec leur bébé sur le dos qu’ils partent à la recherche de leur chez-soi.