Leçon de vie


Vendredi matin a commencé comme tous les matins. Lever au petit jour avec Lucas et Sarah, puis David se joint à nous. Éventuellement, Ève se réveille aussi. Les grands se préparent et partent pendant que je déjeune. Suite au départ des grands, je prépare le lunch de David et j’aide les filles à faire le leur, j’allaite les bébés, je vais aider les filles à trouver des chaussettes et ainsi de suite. À 8:30, tout le monde doit être dans l’entrée pour se préparer à sortir et prendre l’autobus.

De manière générale, j’évite les paniques de dernière minute grâce à un calendrier bien organisé. C’est ainsi que je me rappelle avant 8:30 que les filles doivent amener leurs cahiers de musique ou leurs habits de gymnastique à l’école, quand les enfants ont un projet à remettre ou quelque chose à faire signer. C’est un système presque parfait bien que sujet à l’erreur humaine, c’est-à-dire l’erreur de Véro-qui-oublie-de-mettre-le-calendrier-à-jour. L’erreur de Véro-qui-oublie-de-mettre-le-calendrier-à-jour est parfois multipliée par l’erreur de Véro-qui-néglige-de-lire-la-lettre-de-l’école-jusqu’au-bout. Et c’est comme ça qu’Éloïse m’a demandé à 8:08 –

Qu’est-ce que je peux utiliser comme blouse blanche pour ma photo de finissant?

Argh… J’ai répondu “Quelle photo de finissant?” La photo de finissant de 6ième année! Je t’ai donné la lettre, tu l’as lu devant moi! Ça disait qu’il nous fallait une blouse blanche!

Ah, mais il semble que je n’ai pas lu la lettre jusqu’au bout. J’avais un vague souvenir d’avoir lu la lettre et d’avoir oublié de mettre la date sur mon calendrier mais la blouse blanche, alors là, Pfuit! Aucun souvenir. Vers 8:12 je lui sort une blouse blanche d’une boîte de vêtements trop petits: allez, essaye-ça!- Maman, c’est une taille 6 ans, j’en ai 12! – Oui mais tu es petite et les blouses sont faites grandes. Allez, essaye pour voir. Pas de chance. Elle me lance de la salle de bain que la blouse ne fait pas. Je n’entends rien dans la cuisine avec les 4 petits. À 8:18, je remarque qu’elle ne porte toujours pas de blouse blanche. Je lui propose — sans trop y croire — un t-shirt, un polo, une camisole. Je lui dit:

Éloïse, j’ai oublié, c’est de ma faute. Cependant, tu aurais pu être un peu plus à ton affaire et me le rappeler. C’est ta photo après tout. Mais la blouse blanche, c’était le Plan A. Le Plan A n’est plus une option, il faut passer au Plan B.

Je ne sais pas vraiment qu’est-ce que c’est le plan B. Je vais voir dans mon placard. Ma seule blouse blanche est beaucoup trop grande et elle a un genre de boucle au cou qui fait un peu jabot. Ça ne fera pas. Je m’en veux. Pourquoi Éloïse, qui soigne tant son apparence? Que les autres aient l’air de la chienne-à-Jacques, ce n’est pas trop grave. Mais pas Éloïse. Je sais à quel point ce genre de détail est important pour elle et je suis fâchée contre moi. Pendant qu’elle cherche un blouse, elle ne fait pas ses cheveux. Et Éloïse aime être bien coiffée, surtout sur les photos.  Je suis aussi fâchée parce que, franchement, je m’en fiche un peu des photos d’école. Elles ne sont jamais bonnes. Je ne les achète que rarement. J’en prends des bien meilleures moi-même. Puis des photos de finissants, en 6ième année? C’était à l’Université, puis au secondaire, maintenant en 6ième et même en maternelle parfois. Y-a-t-il une raison d’ouvrir son porte-monnaie plus ridicule?

Je me dis que de toute façon, je ne vais pas les acheter. Je me dis que c’est contre mes principes. Et je me fâche encore plus contre moi: c’est tout à fait correct de prendre des décisions de principes dans l’éducation de nos enfants, même si elles vont à contre-courant. Mais il aurait fallu que je lui explique avant. C’est facile de faire passer son manque d’organisation pour une décision de principes. Les principes ont le dos large. Mais honnêtement, les photos ne m’ont pas trop dérangé jusqu’à ce que je me ramasse les culottes à terre.

Il est 8:30. Je m’approche de la salle-de-bain dans laquelle les filles se préparent. Je m’attends à y trouver une boule de nerfs. Je vais dire aux enfants de descendre dans l’entrée et Éloïse sera encore en train de se battre avec ses cheveux, impatiente, incapable de se coiffer adéquatement. Sans blouse blanche, en colère, mal coiffée.

Mais j’y ai trouvé une jeune demoiselle tout à fait composée qui mettait les touches finales à sa coiffure. Elle était allée chercher la blouse à jabot trop grande dans mon placard et grâce à une combinaison ingénieuse d’épingles à cheveux et d’élastiques elle avait réussi à dompter le jabot et à ajuster une blouse de dame à sa petite silhouette. Le résultat final était tout à fait adorable et le paquet parfaitement ficelé. Elle est sortie juste à temps pour attraper l’autobus scolaire et se rendre à sa photo de finissant.

Elle grandi ma toute petite. Elle commence à donner des leçons de vie à sa maman.

“Friendly message asking to keep toilet clean”


Believe it or not, someone came upon my blog while making a Google search on “friendly message asking to keep toilet clean”… No doubt because of my blogs on kids and chores. You can read it here.

As for the friendly message, the visitor to my blog has come and gone and probably won’t be back. But dirty toilets are a pet-peeve of mine. In fact, when people ask me what is my biggest challenge as a mother of young children they expect an answer like “the laundry”, “the groceries” or “remembering where I drove which child”. But really, my biggest challenge is public bathrooms, especially taking young children to public bathrooms. I. Hate. It. And God, knowing how much I always despised public bathrooms, “blessed” me with FIVE DAUGHTERS! Guys can just walk in a bathroom, unzip, empty their bladders touching nothing but their own private parts and walk away. But my husband can eat an entire restaurant meal without having to take anyone to a stinkin’ public bathroom. I was blessed with FIVE DAUGHTERS which means that I have visited just about every public bathroom in the Ottawa area and will continue to do so for another 10 years-ish. (Why 10 years? Because I don’t let my children go in public bathrooms alone. Yeah, I’m nuts, go read my post on Accidents.)

Someone overhearing me in the next stall would hear things like “don’t touch anything! No, no, don’t put your hands on the seat, put your hands on my knees and don’t touch anything. No you can’t flush, let me flush with my foot… Nooooo, don’t touch the door! Now let’s wash our hands… Don’t touch the soap dispenser, everybody who touches it has dirty hands (duh…). Don’t touch the taps, I’ll turn them on with my elbows. Just let me wash and dry your hands and run away from here. Noooo, don’t touch the door!! Here, have some Purell… more… more…” I don’t know if you can be friendly with people who leave their urine or sanitary products behind. I would just write:

What makes you think I want to sit in your urine?

Is that friendly enough? Because that’s what I wonder sometimes.

Relâche – March Break


La relâche scolaire de mars vient de se terminer. C’était une belle petite semaine bien tranquille pour nous: pas de voyage ou de destination exotique. Nous avons passé la semaine à la maison et nous avons profité de deux belles fins de semaine séparées  par une semaine un peu mouillée et venteuse. En voici les meilleurs moments:

Jumeaux: L’histoire bien ordinaire de deux bébés en santé


For my English readers: I am starting a new page on Vie de cirque on life with twins titled (loosely translated): “Twins – A very ordinary story”.  I chose to write the twin page in French as my blog gets more hits from Internet searches about “jumeaux” than “twins.” I can translate as requested.

J’ajoute une nouvelle page à Vie de cirque sur la vie avec les jumeaux. La plupart des visiteurs de mon blog qui ne sont pas les membres de ma famille ou mes amis y arrivent par le biais d’une recherche Internet sur les jumeaux. Sur une de mes pages Facebook pour les parents de naissances multiples une maman enceinte de jumeaux a posé la question suivante:

Si vous pouviez retourner en arrière au moment où vos bébés sont nés, sachant ce que vous savez maintenant, quel serait votre meilleur conseil à vous-même?

Quelle excellente question! Quelle excellente occasion de réfléchir sur notre parcours et sur ce que nous avons appris, parfois à la dure! J’ai répondu à sa question sur Facebook — avec une vingtaine d’autres mamans — mais je n’avais pas assez d’espace pour tout exprimer. J’ai donc importé la question sur mon blogue et j’ai l’intention d’écrire une série d’articles sur les aspects pratiques (et moins pratiques) de la vie quotidienne avec les jumeaux.

Le premier article sera sur la grossesse et l’accouchement et j’y publierai certaines des meilleures photos que Clara a prise en salle d’opération. Si ce genre de récit ou de photos vous rendent mal-à-l’aise, je vous suggère de passer par dessus le post ou d’éviter la page des jumeaux. Mais ne vous inquiétez pas, il n’y aura rien de trop graphique!

Quoi dire aux parents de famille nombreuse: un guide pratique


For my English readers: I started writing my Friday Mixed Nuts in French when the third nut morphed into a stand-alone post. This post is a handy-dandy guide of what to say to parents of large families.

Cette semaine j’ai commencé à écrire mes faits divers du vendredi mais tous les articles de journaux qui m’avaient inspirés étaient en anglais, puis le troisième fait divers s’est transformé en article… bref, il faut savoir s’adapter dans la vie.

(Ce qui me rappelle un excellent conseil qui m’a été donné il y a fort longtemps par le diacre Marc Gauthier, parlant des gens comme moi qui avaient une bonne capacité d’adaptation: “nous devons nous adapter car nous le pouvons.” Certaines personnes n’ont pas la chance d’avoir une bonne capacité d’adaptation, une bonne résilience. Je m’adapte car je le peux. Et à la place de chialer, je reconnais ma chance.)

Les familles nombreuses laissent peu de gens indifférents. Mais au milieu de notre train-train quotidien, il est facile de l’oublier. Nous vivons nos vies de famille nombreuse d’à-peu-près la même manière que les parents de familles typiques (normales? conventionnelles?) avec notre petite routine, nos petites chicanes, nos victoires et nos défis. Comme l’a bien illustré le mari d’une amie, père de 7 enfants, dans un article publié récemment dans la circulaire d’une agence d’adoption: “Nous sommes une famille normale, la seule différence est la taille des casseroles dans lesquelles nous cuisinons.”

Je me rappelle encore la première fois que j’ai rencontré une famille nombreuse dans la nature. J’avais 2 enfants (j’en ai maintenant 8) et j’étais avec une amie qui en avait 3 (elle en a maintenant 7) et nous allions rencontrer une de ses copines qui en avait 7 (elle en a maintenant 10, allez visiter son site web au www.10kids.com ). J’étais fascinée, j’étais curieuse et j’ai sans doute posé toutes les questions indiscrètes qui me rendent dingue aujourd’hui). Qui se ressemble s’assemble et la plupart de mes amies ont des familles de plus de 5 enfants: nos familles se sont agrandies en parallèle et il est facile de se penser ordinaire quand on est entouré de gens extraordinaires.

Bien que nos familles attirent l’attention, il est bon de se rappeler que les parents de famille nombreuses sont quand même des humains en chair et en os et plus particulièrement qu’ils ressentent des émotions. C’est pourquoi la prochaine fois que vous voyez une famille nombreuse dans la nature et que vous ressentez le besoin d’entamer la conversation, essayer d’éviter les insultes. Voici des exemples de manières insultantes d’entamer la conversation:

– Êtes-vous malade? (et ses variantes: êtes-vous fou\folle et êtes-vous Catholiques?)

– Coudonc, vous avez pas le câble? (non et c’est pourquoi nous l’avons fait 7 fois et vous seulement 2)

– Vous ne savez pas comment on les fait? (oui et on est vraiment bons!)

L’insulte en tant que brise-glace est particulièrement grave lorsqu’elle est dispensée par quelqu’un qui travaille dans une industrie de service et à qui le parent donne de l’argent en échange pour un service qui n’inclus pas l’insulte. Vous seriez choqués du nombre de fois où un coiffeur ou une esthéticienne m’a demandé si j’étais fêlée.Vous chargez extra pour le stress? Non mais…

Et s’il-vous-plaît, pour l’amour de tout ce qui est décent et respectueux, évitez de me dire que vous en avez eu 2 et que c’était déjà trop devant vos enfants! Parceque c’est pas gentil…

Le deuxième type de commentaire brise-glace à éviter est le commentaire qu’on appellerait en anglais TMI. (Too Much Information). Autrement dit, si vous me dites que vous ou votre mari a eu son “opération”, attendez-vous à ce que je vous demande chez quel vétérinaire. Sérieusement mesdames et messieurs, l’état de vos parties privées ne m’intéresse guère.

Mais quoi dire au parent de famille nombreuse si les insultes et l’état de votre tuyauterie est hors-limite?

C’est très simple:

– Wow!

– Félicitations!

C’est normal que vous soyez curieux mais essayez de poser vos questions d’une manière qui n’est ni insultante ni indiscrète. Par exemple, vous voulez savoir si nous allons avoir d’autres enfants. À la place de de demander “Pis, est-ce que c’est fini?” (indiscret) ou “Vous croyez pas à ça, la contraception?” (insultant) vous pouvez demander “Avez-vous toujours voulu une grande famille?” Vous verrez que la réponse à votre question s’y retrouvera sans doute. Mais entre vous et moi, il n’y a pas de manière polie de demander si tous les enfants sont du même père ou si nous sommes malades. Et si vous voulez apprendre à connaître une famille nombreuse mais que vous n’avez pas le courage de les inviter, offrez de les visiter et amenez le repas. Vous verrez bien que la meilleure manière de satisfaire votre curiosité est de créer un lien d’amitié.

Que fera-t’il quand il sera grand: suite et (j’espère) fin


Ma plus vieille s’est mise de la partie ce matin pour aider son frère à pratiquer sa présentation orale sur un métier (faire de l’argent). Il commence sa présentation par une devinette:

Devinez ce que je vais faire quand je serai grand?

Sa grande sœur de 16 ans joue le rôle des amis:

Un banquier? Un faux-monnayeur? Un escroc? Le 1%?

Ce sont les même grands enfants qui me disent, parlant de David et Sarah, “On avait pas un vocabulaire aussi varié à leur âge…”

A stranger in a strange land


In my last update from Twinsanity I mentioned that my 3-year-old daughter was now home full time after spending the last 5 months in daycare. Being able to send her to a trusted caregiver was a blessing and a luxury: had the twins been born 12 years ago, I would have had 4 kids under 5 and no money to hire extra help.  But every good thing must come to an end… In fact, I was starting to feel a little too spoiled: yes, twins and a 3 year-old is busy but such is life. I was sliding into a comfort zone I was not that comfortable with. She’s my daughter after all and her place is at home with me, regardless of how great our caregiver is.

But finding myself suddenly home in the dead of February with 3 children under 3 was, how can I say, not without its share of learning curviness.This season of my life is typical of the twinventure so far: a strange walk in a strange land. When I got pregnant with my 7th baby, I didn’t realize that it would take me to places never visited where nothing was familiar.

I am still learning to spend my days with 3 very young children. Failure to put 2 and 2 together often blinds me to the logistics of going anywhere and doing anything. A cloak of anxiety comes over me when the implications of parking, walking, waiting and feeding away from home come together. This week I found myself in a small dentist’s office for a pre-surgery appointment with my daughter and the three little ones. Things went well but I was a ball of nerves. With twins and a toddler, you are always half-an-inch away from complete pandemonium.

Before leaving that morning I was still feeding the babies while we should have been driving, biting my lip thinking “I’m not liking this life very much…” My little girl, who was dressed and ready to leave, had gotten tired of waiting, undressed and changed into a gymnastics outfit. That’s when I looked around and surveyed my Dominion. The granola bar wrapper, — trash — dog fur, crumbs, an Oreo cookie tossed after the cream was licked out, the old couch with the fabric coming apart for too much gymnastics, the computer desk covered in random homework junk, the butt-ugly built-in shelves that my husband insists I cannot set on fire. All of a sudden I had a lump in my throat and I was thinking: “I am a prisoner of this house that I can’t neither clean nor leave.”

I feel like a stranger in a strange land. Since Sarah came home, I have been stuck in a kind of stupor trying to maintain my level of busy-ness, my habits, my routines and failing on all counts. I need to completely redraw the map of my daily life and find new ways to care for my children, my house and myself.  If I only knew where to start, in this strange land!

Que fera-t’il quand il sera grand?


Mon fils de 5 ans a une présentation orale mercredi ou, comme on le traduit de “show and tell”, un “montre et raconte” (que ma famille a affectueusement rebaptisé “Montre et Racontre”). Le sujet: un métier. La préparation a commencé au début du mois lorsque l’horaire des présentations est revenu à la maison. Mon bonhomme a annoncé:

On doit présenter sur un métier. Moi je vais parler de ce que je vais faire quand je vais être grand. C’est… DE l’ARGENT!!!

Quand n’avons-nous pas voulu être une petite mouche sur le mur en salle de classe? Sa soeur lui a demandé: “Tu veux être banquier?” il lui a répondu: “Non, je veux faire de l’argent, comme papa!”

*Ahem*

Mon mari travaille souvent de la maison et avant de descendre dans son bureau avec son café, embrasse les enfants et leur dit: “Bon, je m’en vais faire de l’argent.” On l’aura vu venir!

Ce matin, j’ai rappelé à mon bonhomme qu’il devait pratiquer sa présentation pour mercredi. Il s’est mis bien droit dans la cuisine et a déclaré:

Premièrement, je vais poser une devinette aux amis. Je vais leur demander de deviner ce que je vais faire quand je serai grand. Personne ne va deviner!”

Ensuite, je vais leur dire “C’est… de l’argent!”

Pour faire de l’argent comme mon papa, il faut avoir un bureau dans le sous-sol et un ordinateur.

Moi, je vais faire de l’argent avec mon ordinateur pour pouvoir acheter plus de nourriture.

Petite mouche sur un mur…