Accommodements festifs


J’ai terminé mon magasinage des Fêtes aujourd’hui et j’aimerais célébrer cette occasion importante en partageant quelques réflexions de circonstance. J’espère que je pourrai le faire avec clareté. Que voulez-vous? On ne peut pas manquer de sommeil pendant trois mois sans que le cerveau y passe. J’ai démoli le rétroviseur de ma van en reculant trop près d’une colonne de béton. Au moins, mal écrire ne coûte rien. (devinez ce que je vais recevoir pour Noël? J’ai donné la permission à mon mari d’emballer le rétroviseur.)

L’approche des Fête apporte avec elle deux phénomènes contemporains à la fois complémentaires et mutuellement exclusifs: les appels à la tolérance et à l’intolérance religieuse, accompagnés de myopie institutionelle de saison. D’un côté on appelle à la co-existence, prouvant son progressisme par des directives aussi inutiles que mal avisées. De l’autre on envoie le bras d’honneur aux immigrants en leur disant de retourner chez-eux s’ils ne sont pas capable de voir un sapin de Noël (Vous pensez que j’exagère? Merci Facebook pour les status copié-et-recollé-si-vous-êtes-d’accord-et -que-vous-connaissez-quelqu’un-qui-est-vivant-aujourd’hui-parceque-vous-êtes-trop-pauvre-pour-engager-un-tueur-à-gage). La magie de Noël est graduellement remplacée par la stupidité de Noël, et la descente s’accélère à chaque année. Allez lire et relire “Mon beau sapin” de Pierre Foglia, ça vous mettra dans l’ambiance.

Mettons une chose au clair. Les immigrants et les minorités religieuses (ce par quoi je désigne ceux qui ne sont ni rien du tout, ni d’origine vaguement judéo-chrétienne) n’ont rien à voir avec les sensibilités politiquement correctes des adeptes de la Tolérance. Ce ne sont pas des musulmans qui se plaignent des sapins de Noël à Service Canada. Les directrices d’école qui annulent les spectacles de Noël dans les écoles publiques ne sont pas juives observantes. Les fonctionnaires du Ministère de la Famille qui interdisent le symbolisme religieux dans les garderies à 5$ ne sont pas des extrêmistes religieux. Ce serait plutôt le contraire: regardez autour de vous, parmis vos connaissances, sur votre page Facebook, dans votre compte Twitter. Les gens qui s’indignent qu’on leur souhaite joyeux Noël et qui montent religieusement leur sapin festif, se sont des  canadiens de souche qui ont tourné le dos à la religion de leurs parents et qui démontrent par leur indignation leur manque de tolérance et de compréhension envers leurs propres traditions. Seulement, ç’a l’air moins hargneux quand on le fait enveloppé dans le drapeau de la tolérance.

Bien que canadienne et blanche, je crois pouvoir parler au nom de ceux qui pratiquent les rituels et enseignements de leur foi. J’ai 8 enfants. Je crois que la vie commence à la conception. Je considère que ma fertilité est une chose positive et non une maladie qui doit être éliminée à l’aide de médicaments et d’appareils. J’ai en apparence plus en commun avec une femme musulmane couverte des pieds à la tête qu’avec la plupart des femmes de mon âge. Je vis au Canada où je suis heureuse de pouvoir vivre librement de manière aussi rétrograde que je le désire (quoique je ne me trouve pas rétrograde… en fait, je me trouve plutôt avant-gardiste. C’est comme les prénoms: ça devient tellement vieux que ça revient à la mode!). Bref, je crois que les minorités culturelles et religieuses au Canada et particulièrement les immigrants, sont heureuses de pouvoir pratiquer en paix. Je serais surprise d’apprendre que le sapin de Noël, aujourd’hui plus associé aux excès de surconsommation qu’au bébé Jésus, les menace d’une manière ou d’une autre. Ce ne sont pas les immigrants qui ont sortis Jésus de la crèche, on l’a fait nous-mêmes.

Et pendant qu’on angoisse sur les sapins chez Service Canada et les crèches dans les garderies, un père à l’honneur blessé envoie la moitié de sa famille, incluant sa première épouse dans un mariage polygame et abusif, au fond des écluses à Kingston Taliban-style. Un long dossier d’abus et de peur tel que rapporté aux autorités par les trois jeunes victimes est clos prématurément et sans explication. On spécule aujourd’hui que c’était par sensibilité à la différence culturelle.

Est-ce qu’on peut se sortir le nez des guirlandes et s’occuper des vrais problèmes?

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