Jumeaux: L’histoire bien ordinaire de deux bébés en santé


For my English readers: I am starting a new page on Vie de cirque on life with twins titled (loosely translated): “Twins – A very ordinary story”.  I chose to write the twin page in French as my blog gets more hits from Internet searches about “jumeaux” than “twins.” I can translate as requested.

J’ajoute une nouvelle page à Vie de cirque sur la vie avec les jumeaux. La plupart des visiteurs de mon blog qui ne sont pas les membres de ma famille ou mes amis y arrivent par le biais d’une recherche Internet sur les jumeaux. Sur une de mes pages Facebook pour les parents de naissances multiples une maman enceinte de jumeaux a posé la question suivante:

Si vous pouviez retourner en arrière au moment où vos bébés sont nés, sachant ce que vous savez maintenant, quel serait votre meilleur conseil à vous-même?

Quelle excellente question! Quelle excellente occasion de réfléchir sur notre parcours et sur ce que nous avons appris, parfois à la dure! J’ai répondu à sa question sur Facebook — avec une vingtaine d’autres mamans — mais je n’avais pas assez d’espace pour tout exprimer. J’ai donc importé la question sur mon blogue et j’ai l’intention d’écrire une série d’articles sur les aspects pratiques (et moins pratiques) de la vie quotidienne avec les jumeaux.

Le premier article sera sur la grossesse et l’accouchement et j’y publierai certaines des meilleures photos que Clara a prise en salle d’opération. Si ce genre de récit ou de photos vous rendent mal-à-l’aise, je vous suggère de passer par dessus le post ou d’éviter la page des jumeaux. Mais ne vous inquiétez pas, il n’y aura rien de trop graphique!

Quoi dire aux parents de famille nombreuse: un guide pratique


For my English readers: I started writing my Friday Mixed Nuts in French when the third nut morphed into a stand-alone post. This post is a handy-dandy guide of what to say to parents of large families.

Cette semaine j’ai commencé à écrire mes faits divers du vendredi mais tous les articles de journaux qui m’avaient inspirés étaient en anglais, puis le troisième fait divers s’est transformé en article… bref, il faut savoir s’adapter dans la vie.

(Ce qui me rappelle un excellent conseil qui m’a été donné il y a fort longtemps par le diacre Marc Gauthier, parlant des gens comme moi qui avaient une bonne capacité d’adaptation: “nous devons nous adapter car nous le pouvons.” Certaines personnes n’ont pas la chance d’avoir une bonne capacité d’adaptation, une bonne résilience. Je m’adapte car je le peux. Et à la place de chialer, je reconnais ma chance.)

Les familles nombreuses laissent peu de gens indifférents. Mais au milieu de notre train-train quotidien, il est facile de l’oublier. Nous vivons nos vies de famille nombreuse d’à-peu-près la même manière que les parents de familles typiques (normales? conventionnelles?) avec notre petite routine, nos petites chicanes, nos victoires et nos défis. Comme l’a bien illustré le mari d’une amie, père de 7 enfants, dans un article publié récemment dans la circulaire d’une agence d’adoption: “Nous sommes une famille normale, la seule différence est la taille des casseroles dans lesquelles nous cuisinons.”

Je me rappelle encore la première fois que j’ai rencontré une famille nombreuse dans la nature. J’avais 2 enfants (j’en ai maintenant 8) et j’étais avec une amie qui en avait 3 (elle en a maintenant 7) et nous allions rencontrer une de ses copines qui en avait 7 (elle en a maintenant 10, allez visiter son site web au www.10kids.com ). J’étais fascinée, j’étais curieuse et j’ai sans doute posé toutes les questions indiscrètes qui me rendent dingue aujourd’hui). Qui se ressemble s’assemble et la plupart de mes amies ont des familles de plus de 5 enfants: nos familles se sont agrandies en parallèle et il est facile de se penser ordinaire quand on est entouré de gens extraordinaires.

Bien que nos familles attirent l’attention, il est bon de se rappeler que les parents de famille nombreuses sont quand même des humains en chair et en os et plus particulièrement qu’ils ressentent des émotions. C’est pourquoi la prochaine fois que vous voyez une famille nombreuse dans la nature et que vous ressentez le besoin d’entamer la conversation, essayer d’éviter les insultes. Voici des exemples de manières insultantes d’entamer la conversation:

– Êtes-vous malade? (et ses variantes: êtes-vous fou\folle et êtes-vous Catholiques?)

– Coudonc, vous avez pas le câble? (non et c’est pourquoi nous l’avons fait 7 fois et vous seulement 2)

– Vous ne savez pas comment on les fait? (oui et on est vraiment bons!)

L’insulte en tant que brise-glace est particulièrement grave lorsqu’elle est dispensée par quelqu’un qui travaille dans une industrie de service et à qui le parent donne de l’argent en échange pour un service qui n’inclus pas l’insulte. Vous seriez choqués du nombre de fois où un coiffeur ou une esthéticienne m’a demandé si j’étais fêlée.Vous chargez extra pour le stress? Non mais…

Et s’il-vous-plaît, pour l’amour de tout ce qui est décent et respectueux, évitez de me dire que vous en avez eu 2 et que c’était déjà trop devant vos enfants! Parceque c’est pas gentil…

Le deuxième type de commentaire brise-glace à éviter est le commentaire qu’on appellerait en anglais TMI. (Too Much Information). Autrement dit, si vous me dites que vous ou votre mari a eu son “opération”, attendez-vous à ce que je vous demande chez quel vétérinaire. Sérieusement mesdames et messieurs, l’état de vos parties privées ne m’intéresse guère.

Mais quoi dire au parent de famille nombreuse si les insultes et l’état de votre tuyauterie est hors-limite?

C’est très simple:

– Wow!

– Félicitations!

C’est normal que vous soyez curieux mais essayez de poser vos questions d’une manière qui n’est ni insultante ni indiscrète. Par exemple, vous voulez savoir si nous allons avoir d’autres enfants. À la place de de demander “Pis, est-ce que c’est fini?” (indiscret) ou “Vous croyez pas à ça, la contraception?” (insultant) vous pouvez demander “Avez-vous toujours voulu une grande famille?” Vous verrez que la réponse à votre question s’y retrouvera sans doute. Mais entre vous et moi, il n’y a pas de manière polie de demander si tous les enfants sont du même père ou si nous sommes malades. Et si vous voulez apprendre à connaître une famille nombreuse mais que vous n’avez pas le courage de les inviter, offrez de les visiter et amenez le repas. Vous verrez bien que la meilleure manière de satisfaire votre curiosité est de créer un lien d’amitié.

Faits divers du vendredi


For my English readers: Friday’s Mixed Nuts in French. ‘Cuz it’s their turn!

1 Une bête noire, c’est la traduction de “pet peeve” en anglais d’après Google. Je trouve que bête noire fait beaucoup plus sérieux que pet peeve mais enfin, allons-y. Une bête noire pas trop sérieuse: les aliments végétariens préparés imitation viande. Tout d’abord, on s’entend pour dire que les aliments préparés sont moins bons pour la santé que les repas fait maison. Du soya modifié génétiquement, transporté en camion sur plusieurs centaines de kilomètres jusqu’à l’usine de transformation la plus proche puis transformé en croquettes de poulet végé, est-ce que c’est vraiment plus vertueux — ou nutritif — qu’un bon filet de porc frais produit localement? Si votre corps se rebelle tellement à l’idée de devenir végétarien que vous devez le truquer avec des produits tels que des lanières de bœuf sans viande, peut-être qu’il essaie de vous dire quelque chose…

Et pourquoi pas un bon sauté de tofu?

2 Deux choses: “Les petits enfants ont besoin de deux choses: des soins et de l’affection.” J’ai été à la fois touchée et bouleversée par le travail du personnel de l’escargot. Tant de besoin, si peu de ressources. Où est-ce qu’on commence? Allez voir ce reportage de l’émission Enquête (43 mn): Épisode 15 – Ils étaient six . On se pose tellement de questions quand on devient parent. Parfois je croise des couples dans l’allée des couches au supermarché en plein processus décisionnel. Allez visiter quelques forums Internet sur l’art d’être parent. Les questions existentielles y foisonnent ainsi que les déclarations à l’emporte-pièce sur ce qui fait un bon parent (ou un parent négligent): sein ou biberon? co-dodo ou chambre à part? garderie ou aide familiale? en français? en anglais? est-ce qu’ils offrent du mandarin? organique ou conventionnel? Les enfants ont besoin de soins et d’affection. Le reste tombera bien en place.

3 Trois chandelles sur un gâteau en coccinelle:

Joyeux anniversaire!

4 Quatre fois 10 = 40 jours de carême avant Pâques, la fête du renouveau. J’aurais voulu vous écrire un beau texte inspiré sur la traversée du désert et sur ce que l’on apprend sur nous-même en larguant les ballast. Mais je manque de souffle. J’ai parfois l’impression que ma traversée du désert a commencé il y a 4 ans et que j’attends toujours Pâques et le renouveau. L’arrivée des jumeaux a amorcé une période encore plus intense de sacrifice et de minimalisme, comme un arbre à fruit qu’on taille à l’automne et dont la récolte promise tarde à fleurir. Pour le carême cette année, je promets de continuer à attendre le printemps et de ne pas douter dans la noirceur des promesses reçues dans la lumière.

5 Cinq chevilles, ou plutôt Le mystère de la cinquième cheville, roman en bonne et due forme commencé mais jamais terminé par moi-même lorsque j’avais entre 12 et 14 ans (fait non vérifiable mais corroboré par le nom de mon chien à l’époque à qui est dédié le lieux principal de l’histoire — Cléoville). Ma mère a retrouvé 3 de mes manuscrits en faisant des fouilles quasi-archéologiques dans son sous-sol. Témoins d’une époque changeante, les deux premiers manuscrits sont tapés à la machine et le troisième à l’ordinateur. Si comme moi vous approchez de la quarantaine, The Museum of Obsolete Objects promet de vous faire vivre des moments de nostalgie ou de désespoir.

Des nouvelles des jumeaux: 5 mois!


For my English readers: this is a 5-month update on the twins with a picture gallery at the end. Enjoy!

Les jumeaux viennent d’avoir 5 mois et c’est le moment de vous donner des nouvelles. J’ai essayé de faire une session photo de 5 mois mais les bébés grouillaient tellement que… vous verrez en allant voir la galerie ci-dessous. J’ai pensé qu’une série de photos manquées raconterait mieux l’histoire que les 2 ou 3 photos plus ou moins réussies!

Qu’est-ce qui se passe dans la vie de cirque? Nous avons combattu plusieurs virus et quelques bactéries. Ma fille de 3 ans a terminé la garderie et est de retour à temps plein avec maman. Évidemment, avoir une petite dynamo avec moi a causé sa part d’adaptation. Je dois redécouvrir mes repères de mère au foyer et en découvrir de nouveaux: quoi faire pendant la journée avec trois enfants de 3 ans et moins? Comment faire les courses? Comment faire le ménage? Les repas? Je regrette de vous annoncer que cette mère de 8 enfants n’a aucune solution miracle pour vous: je m’occupe de ce qui crie le plus fort, que ce soit un enfant, un frigo sans lait, des livres de biblio en retard ou un plancher plein de traces de pas. J’ai quelques trucs de survie, par exemple ma mère vient chez moi une fois par semaine pour m’aider à faire l’épicerie. C’est une belle occasion de joindre l’utile au nécessaire et à l’agréable. Ma belle-mère rempli régulièrement mon congélateur et je n’ai à faire le souper que si je le désire.

Au niveau du sommeil, je continue — certains pourraient penser “en vain” — ma quête d’une meilleure nuit avec les jumeaux. Il n’y a pas beaucoup de progrès au niveau du sommeil de nuit mais j’ai forcé certains changements au niveau des siestes. J’ai remarqué quand Lucas avait 4 mois qu’il s’endormait souvent en chignant dans son siège d’auto en attendant nos départs. C’était un petit pleur pas très convainquant, sans larmes, et de courte durée. J’ai donc commencé à le laisser s’endormir seul pour sa sieste du matin et son dodo de la nuit. Il chigne pendant 5 à 15 minutes et s’endort. Parfois il ne pleure pas du tout mais si son pleur se change en pleur à fendre l’âme, je vais le voir pour le calmer, soit en l’allaitant… soit en l’allaitant finalement. Garder Sarah à la maison m’a permis de mettre l’emphase sur l’établissement d’une routine de sieste du matin (puisque je n’ai plus besoin de sortir le matin). Maintenant que la sieste du matin et le dodo du soir sont bien établis, je me mets à la sieste de l’après-midi. Il semble que Lucas soit beaucoup plus éveillé l’après-midi et a du mal à se calmer assez pour dormir. Jusqu’à présent, je me suis rabattu sur la balançoire pour l’après-midi mais je commence à coucher Lucas dans son lit. J’ai aussi acheté une machine qui fait du bruit de fond (white noise) et ç’a beaucoup aidé.

Puisque Lucas allait pleurer un peu, j’ai décidé de faire d’une pierre deux coups et de me débarrasser des sucettes. Mission accomplie sans trop de douleur: 4-5 mois est une bonne fenêtre pour le faire. Les bébés ont assez de dextérité pour trouver leurs doigts s’ils en ont besoin, ils n’ont plus autant besoin d’être emmaillotés (quoique mes petits le sont encore mais avec un bras qui dépasse) et ils ne sont pas encore attachés à leur sucette. Je me sers de la sucette à l’occasion lorsqu’ils sont en voiture.

En bref, mes bébés se réveillent encore au moins deux fois par nuit chacun, c’est-à-dire aux 3 heures maximum. J’allaite le premier qui se réveille puis le deuxième a un biberon. Au prochain réveil, j’alterne. Les nuits sont encore intenses puisque la toux de Lucas ne s’améliore pas: nous devons nous lever pour aspirer ses sécrétions et l’aider à tousser au moins une fois par nuit. Mais au moins il est capable de s’endormir seul pour autant qu’il soit bien nourri!

Notre routine quotidienne est donc structurée autour des siestes et d’une tentative de sortie s’il fait beau dehors. Et le ménage dans tout ça? Une amie me demandait si nous avions une femme de ménage ce à quoi j’ai répondu “Non” et elle a ajouté “Donc vous le faites vous-mêmes?” En fait, nous ne le faisons pas nous même! Il fait beau dehors donc nous sortons. Bonne journée à tous!

Le cadeau de la santé


Journée de maladie

For my English readers: this is a blog post on the gift of health. If you have it, work to keep it!

Cet hiver a été la saison de tous les virus. Ma famille, généralement pétante de santé, a été malade, malade, puis encore plus malade. Les jumeaux combattent un virus respiratoire depuis la veille de Noël — un virus qui est en fait une succession de virus. J’ai eu une amygdalite, suivie d’une gastro, suivie d’une amygdalite. Les enfants ont attrapé, tour à tour, une variation de gastro, d’amygdalite et de virus respiratoire. Bref, c’est une véritable symphonie de maladie, fréquente chez certaines familles entre octobre et avril mais tout à fait inhabituelle chez nous (en fait, en allant chercher des antibiotiques à la pharmacie j’ai réalisé que certains de mes enfants étaient encore enregistrés sous leur ancienne ancienne adresse!)

Puisque j’ai un intérêt particulier pour toutes les questions alimentaires et nutritionnelles, il m’arrive souvent de réfléchir aux maladies qui nous affligent en nombre grandissant: obésité, diabète, dépression; ainsi qu’aux “nouvelles” maladies (qui ne sont peut-être pas si nouvelles) telles que la fatigue chronique, la douleur chronique, l’absence de résilience. J’ai un hobby d’espionnage des paniers d’épicerie et je me pose beaucoup de questions lorsque je vois une dame obèse avec son enfant obèse pousser un panier rempli de 18 caisses de Coca-Cola en solde. Est-ce qu’elle sait? Est-ce qu’elle s’en fiche? Ou est-ce qu’elle le sait, ne s’en fiche pas mais ne sait pas quoi faire d’autre?

Il n’en demeure pas moins que malgré mon intérêt pour les questions de santé, je n’ai jamais vécu la maladie. Hier soir, j’étais couchée après avoir pris une poignée d’Advil (avoir su que je dormirais aussi peu avec les jumeaux j’aurais acheté des parts chez Advil), pleine de courbatures à cause la fièvre, complètement épuisée de n’avoir presque pas dormi pour presque 5 mois, complètement vidée de n’avoir rien mangé depuis deux jours, et je me demandais “Est-ce que c’est ce que vivent les gens atteint de douleur chronique? Tous les jours? Sans arrêt?”. Puis ce matin mon fils essayais de prendre une photo de Ève avec une caméra digitale et j’essayais de dire à Ève: “Regarde la petite lumière rouge!” sauf que je n’arrivais pas à trouver le nom de la couleur. Rouge! Je rassemble mes pensées, et je dis:

“Ève, regarde la petite lumière….”

la couleur ne me vient toujours pas.

“…la petite lumière… jaune!”

Mon fils éclate de rire et moi je ris un peu jaune.

“Ève, regarde la petite lumière… Jaune!!”

Là je commence à ne pas trouver ça drôle. Je me concentre. “Ève, regarde la petite lumière…” je vois le mot “rouge” dans ma tête.

“Regarde la petite lumière… verte!”

Non mais c’est pas possible! Puis je me suis demandé: “Est-ce que c’est ce que vivent les gens atteints de fatigue chronique?” Avoir le cerveau en fouillis, incapable de se concentrer, probablement incapable de travailler.

Pour moi, cet hiver de tous les virus viendra à sa fin. Pour tant d’autres, le cadeau de la santé leur échappe et leur échappera peut-être pour toujours. Si vous avez la santé, si vos enfants sont en santé, donnez-vous une bonne tape dans le dos et ne la laissez pas s’échapper. Vous avez peut-être des bons gènes ou elle est venue à un prix. Mais le prix à payer ne sera jamais aussi élevé que le coût de la perdre. Santé!

Mise-à-jour: sommeil des jumeaux


For my English readers: My site stats show that a lot of people stumble upon Vie de Cirque while looking for information about twins and sleep in French (“jumeaux” and “sommeil” if you must know.) This post is an update about my twins: short on helpful information and high on lived chaos.

Les statistiques de mon blogue démontrent que plusieurs lecteurs tombent sur Vie de cirque en faisant une recherche sur les termes “sommeil” et “jumeaux”. Voici donc une mise-à-jour sur le sommeil des jumeaux contenant très peu d’information utile: si vous avez des jumeaux et que vous manquez de sommeil, je suis de tout cœur avec vous! (et n’hésitez pas à me dire ce qui a marché pour vous!)

Après avoir écrit plusieurs fois sur le sommeil des jumeaux (ou plutôt son absence), j’ai décidé de faire preuve de plus de flexibilité et de me concentrer sur la survie plutôt que sur le principe. Pour une semaine ou deux, ç’a bien fonctionné et nous avons établi une routine de nuit qui semblait profiter à tout le monde: vers 19:00, les jumeaux se couchaient pour la nuit et dormaient jusqu’à minuit-1:00. Lors de leur premier réveil je les nourrissais (un au sein, l’autre au biberon) puis on se recouchait pour 2-3 heures jusqu’au prochain réveil. Vers 3:00, je prenais le premier réveillé au lit avec moi puis je le recouchais lorsque le deuxième se réveillait. Après 3:00 du matin ma nuit était terminée à toute fin pratique mais au moins je ne me levais plus (à part pour prendre les bébés qui dorment dans une couchette à côté de mon lit.). Vers 06:30-7:00 nous étions tous debout pour la journée.

Puis une nuit, Lucas n’a pas voulu se rendormir après son boire de 03:00 et j’ai commencé à le garder au lit avec moi. Puis il a n’a plus voulu simplement dormir avec moi, il a voulu téter sans arrêt jusqu’au lever. Puis ce n’était plus à partir de 3:00, c’était 2:00 puis 1:30 et ainsi de suite. Au début j’ai cru que Lucas avait besoin de plus de chaleur humaine mais mon mari, plein de sagesse, a suggéré qu’il avait peut-être encore faim. D’une manière ou d’une autre, exclure la faim en lui donnant une plus grosse bouteille n’était pas une mauvaise idée.

En bref, Lucas a faim. Et moi je suis fatiguée que Lucas ait faim. Ça fait 4 mois que ma vie est réglementée par les minutes au sein, les tours de bouteille, les millilitres de formule.

Au milieu de tout ça j’ai du mal à trouver l’équilibre entre trop et pas assez. Puisque je suis atteinte d’hypoplasie mammaire du côté gauche, j’ai beaucoup de mal à produire assez de lait pour nourrir deux bébés exclusivement au sein. J’ai réussi à réduire leur supplémentation jusqu’à 4-6 onces par jour (250-300 ml) mais c’était un travail continu: je devais avoir les bébés au sein toute la journée et toute la nuit en ne laissant pas plus de 2 heures s’écouler entre le début d’une tétée et celui de la prochaine (et puisqu’une tétée dure environ 45 minutes, les tétées reviennent souvent!). Les bébés avaient tout le temp faim puis je suis tombée malade et ma production a chuté. Tout était à recommencer.

L’allaitement de mes jumeaux me pose un dilemme continuel depuis leur naissance. Les bébés ont besoin de lait maternel. Je peux les allaiter exclusivement (ou presque) mais l’allaitement exclusif vient à un coût élevé pour moi et ma famille. Les jumeaux ne sont pas les seuls qui ont besoin de moi, cependant ce sont les plus vulnérables et cet âge de grande vulnérabilité sera bientôt terminé. Je ne suis pas de celles qui croient que la formule est normale et le lait maternel est meilleur. Pour moi, le lait maternel est normal et la formule est moins bonne. C’est une différence de perspective qui rend la supplémentation plus difficile à accepter. Comment puis-je choisir de ne pas donner à mes bébés ce sont ils ont le plus besoin? D’un autre côté, est-ce que je les aide s’ils ont toujours faim?

J’ai rencontré une maman de jumeaux qui m’a dit de ne pas lâcher avant 6 mois car tout s’améliore après. L’introduction des solides laisse un peu plus de flexibilité quant à la supplémentation et les tétées ne sont plus autant régimentaires. Enfin, j’imagine. Car si tout est plus intense avec des jumeaux (et ça l’est!), le soulagement doit l’être aussi avec chaque coin tourné. Avoir 8 enfants m’a appris une chose: tout passe et les enfants grandissent.

“Comment vous faites?”


Il y a quelque jours, je suis tombée par hasard sur le blog d’une autre maman de 8 enfants (Little Catholic Bubble). Sa publication How to raise eight children without even trying m’a rappelé à quel point on me posait cette question souvent: “Comment faites-vous” et ses variations “Je ne sais pas comment vous faites…” et “Je survie à peine avec mes deux, je ne peux pas imaginer en avoir 8”.

C’est une erreur commune (une que j’ai fait moi-même lorsque j’avais mes deux plus vieux qui n’ont que 14 mois de différence): on projette la vie avec plusieurs enfants à partir de notre expérience vécue. Or, notre expérience vécue est limitée. À moins d’avoir une grossesse multiple de haut calibre, nos enfants naissent un par un puis grandissent, commencent l’école, deviennent plus autonomes et commencent à aider dans la maison. J’ai de très bons souvenirs de la petite enfance de mes 4 plus vieux. Cependant, je me souviens aussi d’avoir eu l’impression de sortir d’un long tunnel lorsqu’ils ont commencé l’école. Lorsque les mamans de très jeunes enfants me disent “Je ne peux pas imaginer en avoir d’autres!” je leur réponds toujours “moi non plus lorsque j’étais à ce stade.” On les a un à la fois, pendant que les autres grandissent. (Ce qui est assez ironique, maintenant que je viens d’en avoir deux d’un coup…). Je remarquais justement il y a quelques semaines que j’avais à nouveau 4 enfants de 5 ans et moins. Pourtant, je vis cette réalité de manière fort différente que lorsque mes quatre plus vieux avaient 5 ans et moins. Je suis plus mature comme mère et mes enfants sont plus vieux. J’ai des gardiens intégrés pour m’aider avec les petits. J’ai aussi beaucoup appris de mes erreurs!

La logistique d’une famille de 10 personnes est un numéro de jonglerie. Cependant, il semble que les gens soient fascinés par la lessive et l’épicerie.

La lessive d’une famille de 10 personnes est une tâche quotidienne qu’il est préférable de garder sous contrôle. Tout d’abord, j’ai un mari qui comprend l’importance de la lessive. Ça peut paraître ordinaire mais ça veut dire que la lessive est un travail d’équipe.  Notre arme secrète contre la lessive est la régularité (non, ce n’est pas un post sur la fonction intestinale). À 19:00 tapante, lorsque le prix de l’hydro-électricité baisse, allez hop! la première brassée démarre puis on la met au séchage avant de se coucher. Le lendemain matin, la lessive propre va dans un panier. Si j’ai le temps, je préfère la plier directement en la sortant de la sécheuse. Sinon, les vêtements sont propres et secs dans un panier et je les plierai (peut-être) plus tard. Faire la lessive quotidiennement ne veut pas dire que tout est lavé quotidiennement: un soir, c’est les jeans, le lendemain les couleurs, le lendemains les serviettes, le lendemain les blancs et ainsi de suite. Un système de roulement quotidien de la lessive me permet de ne pas me retrouver avec 10 brassées  la fin de semaine et, plus important encore, de ne pas me retrouver sans un seul morceau de linge propre dans la maison.

La brassée quotidienne n’est pas seulement une manière efficace de faire les choses au niveau logistique, c’est aussi un manière de préserver le bon fonctionnement de notre puis et de notre fosse septique qui n’ont pas besoin du stress d’un marathon de lavage la fin de semaine. Mais ce n’est pas la fin du bon sens économique: laver les vêtements régulièrement m’évite d’avoir à acheter une semaine complète de vêtements pour tout le monde. Puisque les vêtements préférés des enfants sont lavés aux 3-4 jours, ils n’ont pas tous besoin d’une garde-robe complète pouvant leur durer une semaine.

La lessive illustre bien la logistique générale d’une famille de 10: en faisant un peu de travail régulièrement, on évite d’avoir à faire tout le travail d’un coup.

L’épicerie, c’est tout à fait le contraire: le faire le moins souvent possible. Rentrer chez Superstore pour quelqu’un dans ma situation c’est un billet qui coûte au moins $150, autrement dit, je ne m’en sors jamais pour moins de $150 alors j’essaie d’y aller le moins souvent possible. Une fois par semaine je fais un menu — incluant les lunchs des enfants — et une liste d’épicerie. J’utilise également un tableau blanc dans la cuisine sur lequel je peux prendre note des choses à acheter lorsque j’y pense.

Côté logistique, je crois que le supermarché est un de ces domaines pour lequel avoir plus d’enfants rend les choses plus simples. Je suis toujours frappée, lorsque je vais à l’épicerie le soir après avoir couché les petits, de voir autant de gens accompagnés de très jeunes enfants souvent (choc!) en état de crise. Vous pouvez être certains que ce ne sont pas des mères de 8 enfants. En faits, les gens qui amènent de très jeunes enfants à l’épicerie à l’heure du dodo (vous pouvez substituer l’heure de la sieste ou l’heure du repas) ont sans aucun doute 1 ou 2 enfants et se demandent comment je fais pour en avoir 8. Voici un indice: je ne les amène pas faire des course lorsqu’ils sont fatigués ou lorsqu’ils ont faim!

Avec les jumeaux, il n'y a pas beaucoup de place pour la nourriture. Je dois donc y aller avec quelqu'un pour m'aider: un chariot pour les petits, un chariot pour la bouffe.

Ensuite je planifie ma sortie à l’épicerie de manière à pouvoir le faire sans très jeunes enfants. Si j’oublie certaines choses, j’essaie de me débrouiller sans. Je laisse le Costco aux bons soins de mon mari qui va le faire une fois par semaine pendant que les plus vieux son au jiu-jitsu.

Et voilà comment un peu d’organisation et de discipline fait toute la différence. Je ne suis pas une personne naturellement organisée mais à partir de 4 enfants, il s’agit d’une question de survie!

Light Blogging – Ralentissement


Ralentissement forcé causé par un méchant streptocoque et 5 jours de misère fièvreuse. Fatigue oblige: il fallait que ça arrive. Mais grâce au miracle de la médecine moderne (les antibiotiques) et une bonne dose de chouchoutage par ma maman chérie, je me remets d’aplomb.

Light blogging ahead due to a mean streptococcus and 5 days of febrile misery. Fatigue does take its toll. But thanks to the miracle of modern medicine (antibiotics) and a strong dose of mothering from my own very best mother, I am getting back on my feet.