Des nouvelles de la famille, Volume III


Bonjour à tous de la part du clan! Il y a longtemps que je vous dois des nouvelles fraîches et des photos récentes.  Les journées sont longues mais les semaines sont courtes : soudainement nous sommes aux portes du printemps – le printemps ontarien, il faut le préciser, encore à plusieurs pas des fleurs et des sandales – et il y a 3 mois que je n’ai rien publié.

L’hiver s’est poursuivi tel qu’il avait commencé, au ralenti, toujours au rythme de ma récupération. Je suis passée sous le scalpel du dentiste juste avant Noël, ça m’a fait un beau trou dans la bouche, complet avec greffe osseuse, points de sutures et antibiotiques. J’ai trinqué la nouvelle année aux substituts de repas liquides, bien loin du champagne. Éventuellement, j’ai récupéré, repris du poil de la bête. Nous avons célébré Noël en compagnie de nos enfants et de nos familles respectives et la simplification forcée n’a en aucune manière tempérée notre joie de revoir nos parents, frères, sœurs, neveux et nièces.

Décembre 2015
Décembre 2015
Décembre en shorts
Décembre en shorts

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25 décembre versus 1 janvier
25 décembre versus 1 janvier

 

L’hiver était doux et la neige s’est fait attendre. Nous avons passé un joli Noël presque vert, ou plutôt brunâtre le froid ayant jauni l’herbe et dénudé les arbres. Les enfants ont fait du vélo en shorts à l’aube de la nouvelle année, précédant la toute première bordée par quelques minutes, comme l’auraient fait des cyclistes de compétition essayant de battre le nuage aux joues gonflées de tempête. Nous avons rapidement troqué les pédales pour les skis et saisi avec enthousiasme  le bras du bonhomme hiver.

Janvier, février, mars et avril se sont égrenés au rythme des semaines. Colin, qui étudie l’administration des affaires au Collège militaire royal, vient souvent nous visiter de Kingston pour la fin de semaine, Clara a terminé son entraînement militaire de base et poursuit ses études en biologie à l’Université d’Ottawa. Éloïse et Marie continuent leur programme d’études à domicile. Éloïse travaille comme coach de gymnastique en ville et le rythme de ses quarts de travail ponctue la logistique de notre famille : nous profitons de ces sorties en ville pour y faire l’épicerie, rencontrer des amis ou aller voir un film en l’attendant. Marie et Éloïse poursuivent leur entraînement de gymnastique mais ont cessé la compétition. Nous semblons avoir trouvé un point d’équilibre et notre vie familiale, quoique toujours mouvementée, en tire tout le bénéfice.

Paul travaille, Véronique gère, les enfants remuent et le dindon dîne… Ça n’empêche pas que dans les mois d’été, les mitaines se mitent. 

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Cabane à sucre Fortune près de la maison
Cabane à sucre Fortune près de la maison

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Le printemps devrait approcher mais alors que j’écris ces lignes un lourd manteau de neige mouillée recouvre la région d’Ottawa. Les enfants refusent pourtant d’accepter ce revers de Dame Nature et s’entêtent à chevaucher leurs vélos. David et Sarah se sont entichés d’ornithologie et armés de leurs nouvelles jumelles sortent tous les jours observer les canards qui ont élu un domicile temporaire dans nos champs détrempés. Damien meurt de les accompagner et  ne comprend pas pourquoi un bambin de 23 mois n’est pas le bienvenu auprès des férus d’observation tranquille. Sa patte de velours est encore en développement.

Les fêtes de Pâques ont succédées à celles de Noël, parsemées d’anniversaires. Marie avec la nouvelle année, puis Éloïse, Sarah, Paul et David. Les Pâques hâtives de 2016 ont laissé les anniversaires de Clara et Damien, généralement célébrés au cours de la semaine Pascale, pour plus tard. Cette année, la fin de semaine de Pâques a été marquée par le décès de notre amie Sylvie, la belle-mère de ma sœur Sophie. Le cancer métastatique a emporté le corps de Sylvie mais nous savons que son âme est toujours à nos côtés. La fin de semaine dernière, j’ai eu le privilège de me rendre à Sherbrooke pour les funérailles de Sylvie. C’est aux côtés de mon père que j’ai eu l’occasion de réfléchir sur les traces que nous laissons en ce monde avant de rejoindre le prochain. J’ai eu l’occasion de voir ma sœur réconforter son mari, mon beau-frère, qui a perdu sa maman à l’aube de sa vie de papa. J’ai eu le plaisir d’entendre mon frère et son épouse partager leur talent immense et chanter, permettant à nos sens de saisir la beauté qui transcende la vie et la mort, de toucher l’éternel. Je n’ai pas choisi mes parents, mes frères et sœurs, ou les gens avec lesquels ils ont décidé de bâtir leur vie, mon beau-frère et ma belle-sœur. Ces gens qui m’ont été donnés comme un cadeau que je n’ai pas mérité mais que je reçois avec une reconnaissance empreinte d’humilité.

À la fin de la messe funéraire, un moment d’une grande beauté m’a saisi par les tripes, qu’il n’a toujours pas relâchées. La famille de Sylvie a déposé des grains d’encens dans une coupe en étain. Le prêtre, vêtu de sa chasuble blanche, tenait la coupe à bout de bras, vers le ciel, alors que l’encens brûlait, montant en volutes vers la coupole de l’église. Par cette journée de grisaille printanière, le soleil s’est découvert juste à temps pour percer les vitraux de ses rayons et rencontrer la fumée qui s’élevait  en tourbillons de plus en plus épais et de plus en plus rapides. Le prêtre a tenu la pose pour la durée de la pièce Spiegel im Spiegel, dans un moment d’une beauté imposante dans son intensité et sa signifiance. Je suis partie des funérailles de Sylvie plus vivante que je n’y était entrée, avec un sens d’avoir reçu un flambeau, une mission. On m’a remercié d’être venue d’Ottawa mais j’ai en réalité reçu beaucoup plus que je n’ai donné. Merci.

Nous continuons notre petit bout de chemin accompagnés de nos enfants. J’ai commencé à poser les assises d’un roman que j’espère pouvoir mener à terme malgré le doute qui m’assaille à chaque tournant. J’ai encore plusieurs projets de publication sur l’art de ne pas laisser les enfants mourir de faim ainsi que le dévelopment de ma chaîne YouTube et de mon blogue. Ces projets évoluent encore au ralenti, empiégés par l’inexorabilité du temps qui passe, des enfants qui grandissent, des repas et de l’enseignement à domicile. Si vous trouvez une recette infaillible pour la maison qui se range seule et pour ajouter 6 heures à mes journées, je suis toute oreilles.

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