Large Family Eating: The Thanksgiving Edition Cont’d


Last week’s post was all about our favorite Thanksgiving Recipes and this week’s post will not be too much different: we literally ate leftovers all week. Instead of showing you the warmed-over version of what I cooked, I’m giving you the pictures from the day it was served. It looks a lot better that way.

I am still blown-away by how generous people were to our family after my miscarriage a month ago. I’m emphasising it because we’ve had meals prepared for our family for a month now and… How can I say this… It’s been eye-opening and humbling. I have never brought a meal to someone who has miscarried. I remember once dropping something off at the house of an acquaintance who had recently miscarried. It was on recycling day and her curb was covered,I mean covered, with empty pizza boxes. It was as if my family had kept all the pizza boxes for two years in the garage and suddenly put them out to the curb. I remember thinking (yes, I am that aweful of a person) “Really?” It just seemed so extreme to me. In the back of my head, the thought that maybe someone was taking advantage of the situation might have reared it’s ugly head. Now I can tell you: yes, really. A dear friend who sent us a gift card for M&M wrote in her card to expect a complicated miscarriage to have the same footprint as a full term pregnancy. I’m starting to believe it. Long story to say: people have been feeding us, people are absolutely amazing, it is as appreciated as it is needed.

Thanksgiving has marked the end of my post-traumatic love fest with comfort foods. Now is the time to get serious with health and wellness, starting with cleaning-up my eating. My eating is pretty clean already and I am researching to what extent claims that gluten and dairy can worsten a thyroid condition may be trusted. Separting the wheat (ha!) from the pseudo-science is an extreme sport, let me tell you. I’d love to read your experiences with food elimination and if you were successful in turning-off the little voice in your head telling you that there is no medical basis to gluten sensitivity. I’m so eager to feel good again and I’ve received such confusing and inappropriate care from my doctor that I feel like any twerp on Facebook with a made-up degree could sign me up for a kool-aid retreat if it promised results.

Collage_Thanksgiving Bread

I made Artisan Bread. I’m not very good at it, especially at getting the crust just right. I love how the kids all made turkey sandwiches right off the bat. As they say, leftovers are the best part.

Collage_Thanksgiving veggies

For veggies we had lettuce, cranberry apple orange sauce and boozy squash. Oh and sinful Brussel Sprouts, with cheese, bacon and onions. My husband made mashed potatoes and we researched on Google why mashed potatoes get gluey. Answer: overcooked and overworked. Turns out potatoes are fragile little things. You need to gently coax the starch out lest it comes out galloping and turn your mash to glue.

Collage_Thanksgiving squash

Collage_Thanksgiving turkey

Once we were all turkeyed out, we went for a walk. You know the nice thing about being completely wiped-out-of-shape? You can take a 4km slow walk and you’ll feel like you just run 12km.

Isn’t my country road absolutely stunning?

Collage_Walk in Middleville

Discipline sans menaces 


Lorsque j’ai commencé à éduquer mes enfants à la maison, la première chose que j’ai remarquée fut l’omniprésence de mes enfants. Soudainement, nous étions ensemble toute la journée. Et la soirée. Et la fin de semaine aussi. Il nous fallait apprendre à vivre ensemble et à respecter l’espace vital de chacun. Pas une tâche facile dans une famille grand format.

 Le respect de l’espace vital de chacun ne se fait pas qu’au plan physique, il faut aussi apprendre à se traiter avec respect minute après minute, heure après heure. Je dis souvent à la cantonade qu’il est impossible d’élever des enfants sans pots-de-vin — et je ne parle pas d’un verre de rouge après l’heure du coucher — mais pour plusieurs d’entre nous, les menaces plutôt que les promesses sont la pierre angulaire de notre approche disciplinaire. Sur les forums Internet que je fréquente, les approches basées sur les menaces ou le retrait de privilèges foisonnent. Pendant longtemps, j’ai souscrit à ces approches, préférant faire référence aux “conséquences” d’une action plutôt qu’à une punition.

J’ai rapidement appris que nos jeunes enfants (et même nos adolescents!) n’avaient pas assez de contrôle sur leur environnent pour que notre approche disciplinaire puisse reposer sur les conséquences naturelles d’une action. Pensez-y. Un enfant joue près du four, un enfant désobéi et va jouer dans la rue, un enfant mord un autre enfant. Les conséquences naturelles de ces actions sont physiquement ou emotivement inatteignables. Qui va laisser son enfant se brûler sévèrement ou se faire frapper par une voiture par acquis de discipline? Et pour la morsure, les remords et la perte d’un ami sont à plusieurs années de faire une différence. Il arrive souvent aussi que les conséquences naturelles soient trop onéreuses pour la famille ou se résument à punir toute la famille pour les actions d’une petite personne. C’est le cas lorsque nous promettons à bout de nerf d’annuler Noël, un voyage à Disney ou de quitter le resto sur le champ. Nous devons tous nous rabattre sur des conséquences inventées pour faire une impression: retrait de privilèges, isolation, confiscation de jouets, privation de dessert.


Cette approche a plus ou moins de succès selon le tempérament de nos enfants et le notre évidemment. Certain enfants choisiront toujours la “conséquence” histoire de garder le contrôle sur une situation qui leur échappe. Certains parents passeront rarement aux actes histoire d’éviter un face-à-face explosif. L’appel aux conséquences est d’une utilité limitée, surtout lorsque celles-ci sont inventées et doivent être mises-en-œuvre par les parents. L’utilité des conséquences naturelles est leur renforcement naturel, sans avoir recours aux discours, à la répétition et à la punition. La conséquence inventée (par exemple, range ta vaisselle sale ou perd ton tour de PS3) doit être imposée par le parent tout comme les mesures punitives. C’est donc une punition déguisée en conséquence.

Un autre problème avec le recours aux menaces et à la perte de privilèges, particulièrement dans le contexte de l’instruction en famille, c’est que la plupart de nos enfants mènent une vie dans laquelle le privilège est partie intégrante, c’est-à-dire qu’il est difficile d’isoler le privilège pour pouvoir l’enlever. Au jour le jour, une fois que nous avons retiré le privilège d’écran ou le dessert, peut-être une sortie chez un ami ou une fête d’anniversaire, on arrive à bout de munitions. Mes enfants perdent souvent leur privilège de télévision ou leur iPod avant 9:00 du matin. Lorsqu’on manque de “conséquences”, on doit se rabattre sur notre autorité toute simple. Et c’est ainsi que je me suis rendu compte que mon autorité, sans menaces, était plutôt mince.


C’est ainsi que je me suis embraquée dans un défi de discipline sans menaces.

J’imagine que vous attendez que je vous admette que tout marche à merveille ou que tout a foiré? Ni l’un ni l’autre. C’est une aventure à long terme. Mais je peux vous dire que nous avons beaucoup de chemin à faire avant d’arriver à un résultat tangible. La discipline interne est le travail d’une vie, si j’en crois mon expérience.

Le rodage ne s’est pas fait sans frictions. Libérés du contrôle artificiel qu’imposaient les “conséquences”, la fratrie est graduellement tombée dans le chaos le plus total. Le travail d’école est tombé en friche et le niveau de criage, d’insultes et de chamaillage ont atteints un nouveau record (ce qui n’est pas peu dire). Mon autorité ne tenant qu’à un fil, je suis devenue irascible, impatiente et généralement irrationnelle. La conclusion de mon expérience de discipline sans menaces était déprimante d’une manière ou d’une autre: soit je devais remettre les menaces au menu, soit je devais me déclarer vaincue et à la merci de mes enfants.

Avec un peu de recul et de réflexion, j’ai réalisé que le recours aux menaces me permettais de ne pas imposer de limites strictes, d’encadrement ferme. Une fois au bout du rouleau, je n’avais qu’à brandir  le retrait de privilèges pour que les choses se placent. J’ai appris que sans menaces, je devais être beaucoup plus claire et prévisible quand il en venait aux attentes et aux limites. Éliminer les menaces me forçait à être à la fois plus tendre et plus ferme. J’ai du établir des règles de conduite dans la maison — autant au niveau du comportement que de l’espace physique — que je dois faire respecter sans exception sous peine de me perdre dans l’anarchie. D’une certaine manière, c’est un style de vie plus restrictif qu’avant mais j’ai espoir qu’avec un peu de temps et beaucoup de pratique nous allons arriver à un point d’équilibre. En somme, j’essaie d’être moins “réactive”, c’est-à-dire que je n’attends pas d’être en face d’une situation critique avant de réagir. J’essaie de ne pas me rendre au bout du rouleau. J’y arrive en ayant recours aux routines et aux séquences, en baissant le volume pour garder le calme et en n’ayant pas les yeux plus gros que la panse au niveau de la discipline. Je prends un bouchée à la fois, un changement à la fois, et je mâche et remâche jusqu’à ce que le morceau soit passé.

Heureusement, j’ai l’occasion de pratiquer souvent!

 

 

 

Bienvenue été!


Notre famille célèbre l’arrivée de l’été avec un anniversaire et la promesse de journées moins pressées. Nous aimons nous retrouver à la plage le vendredi soir pour un picnic de fin de semaine. C’est une tradition de mon enfance dont je conserve d’excellents souvenir: les mamans et les enfants se dirigeaient en fin d’après-midi vers la plage du lac Meech et les papas nous rejoignaient après le travail. Puisque nous n’avions tous qu’une voiture, il fallait s’organiser. On achetait un sac de chip en chemin et on mangeait des oeufs durs. C’était une occasion de reconnecter avec nos amis, qui n’habitaient pas dans le même quartier et ne fréquentaient pas la même école, et notre famille. Ni nos voitures ni nos maisons n’avaient l’air climatisé et ces visites de soirée à la plage étaient notre refuge, notre rafraichissement. On conduisait les vitres baissées, le nez au vent, jusqu’aux limites du Parc de la Gatineau, on quittait la ville et l’asphalte trop chaude pour la remplacer par l’eau toujours fraîche du lac. J’habite maintenant trop loin du lac Meech pour en faire une escapade régulière et l’Île Pétrie a remplacé le parc de la Gatineau. Mais j’éprouve encore le même plaisir à fuir mon quartier de banlieue sans arbres le vendredi soir pour me retrouver au bord de l’eau. Voici quelques photos avec sous-titres de notre première sortie estivale. J’y ai inclue ma toute première tentative, après 2 mois, de  photo de famille avec les 9 enfants. Vous verrez si j’ai eu du succès! Si vous cliquez sur la première photo, vous pourrez toutes les voir en “diapo”.

 

 

Frères et soeurs – Première partie


This little blog has seen an influx of new visitors lately, thanks to the popularity of my blog post on large families and the environment. The post below, about sibling rivalry, is written in French. If French is all Chinese to you, please stay for the pictures and thanks for the visit!

Cheers,
Véronique

Ah, les frères et sœurs! La famille est un groupe qui se porte à une multitude de dynamiques, qu’elles soient positives ou qu’elles vous marquent au fer rouge. Les rapports avec les membres de notre famille nous forment, un peu comme le moule dans lequel on verse la pâte à gâteau : à la fois distincte du moule et soumise à son influence. On me pose souvent des questions sur les rapports entre frères et sœurs et j’ai plus d’une fois promis une publication à ce sujet. Quelle meilleure occasion que l’arrivée d’un nouveau petit dans la fratrie?

Lorsque je reçois des questions au sujet de la rivalité entre frères et sœurs, celles-ci viennent de deux camps. D’un côté, les adultes qui ont des relations harmonieuses avec leurs frères et sœurs et qui veulent s’assurer que leurs enfants grandissent dans la même harmonie, et de l’autre côté les adultes qui ont des relations difficiles – ou parfois complètement rompues – avec leurs frères et sœurs et qui veulent éviter que leurs enfants grandissent avec le même bagage. Étant issue de la première catégorie, je dois avouer que je n’ai jamais beaucoup réfléchi à la cause des relations harmonieuses (ou tendues) au sein d’une fratrie. Plusieurs litres d’encre ont été répandus sur des kilomètres de papier, les ouvrages de psychologie et d’auto-assistance ainsi que les livres d’instructions destinés aux parents ne manquent pas. De l’ordre de naissance aux signes astrologiques, les théories sur ce qui pourrait expliquer la fonction et la dysfonction familiale sont nombreuses. Je ne suis ni psychologue, ni gourou du « self-help », mais j’ai le privilège de voir grandir mes propres enfants et leurs interactions me poussent à la réflexion.

 

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Les jeunes parents qui s’apprêtent à accueillir un nouveau bébé se demandent souvent comment assurer une transition sans heurts pour leur aîné. Les parents qui vivent avec des jeunes enfants au jour-le-jour se demandent si les batailles et les insultes quotidiennes laisseront une marque indélébile sur la relation entre leurs enfants. Puisque mes enfants ont en moyenne 2 ans-et-demi d’écart, nos nouveaux bébés arrivent généralement à une époque où le plus jeune est encore très attaché à maman. Au cours de chaque grossesse, un ami proche ou un membre de ma famille exprime son inquiétude quant à la transition de l’ex-bébé. À chaque fois, malgré le stress qui marque invariablement tout changement de routine, la transition se fait bien. L’ex-bébé doit bien grandir et somme toute, il n’est pas toujours décommandé d’encourager cette maturation avec une petite poussée dans le derrière. DSC_0771

 

Dans notre famille, plutôt que de traiter l’arrivée d’un nouveau petit comme un traumatisme pour les enfants, nous préférons le voir comme un événement de la vie normale. Après tout, les femmes sont fertiles de l’adolescence à l’âge d’or. La capacité d’avoir 2 enfants parfaitement planifiés entre l’âge de 30 et 34 ans n’est qu’un résultat des avances de la contraception. La reproduction humaine suggère que l’avènement de plusieurs frères et sœurs sur un certain nombre d’années est la norme biologique plutôt que l’exception.

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Nous voyons donc l’arrivée d’un nouvel enfant comme un enrichissement et non comme un appauvrissement. Bref, nous portons notre regard sur ce que l’enfant ajoute à la vie de famille et non sur ce qu’il enlève. L’être humain est un animal social pour lequel l’organisation en communauté est une question de survie. Notre famille est notre première communauté, celle qui nous apprend à vivre en société. C’est la raison pour laquelle les blessures mentales et émotives qui nous sont infligées par une famille dysfonctionnelle sont celles qui laissent les cicatrices les plus cuisantes. L’harmonie entre les membres d’une famille est l’état d’équilibre et d’harmonie auquel nous aspirons. La discorde familiale est un état dysfonctionnel pour lequel de nombreux adultes cherchent un remède à grands coups de thérapies.

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Les enfants ne naissent pas avec un désir de discorde. Les enfants sont une page blanche à qui nous enseignons, par nos mots, nos gestes et nos attitudes, ce qui est normal, désirable. Au cours de mes conversations avec des enfants devenus adultes, j’ai appris que les querelles et rivalités à long terme, celles qui persistent au-delà des chicanes d’enfants et qui survivent à la maturation, prennent souvent racine dans les attitudes des parents envers leurs enfants. C’est pourquoi lorsqu’on me pose des questions sur la rivalité entre frères et sœurs, je préfère éviter les solutions faciles telles « demander aux visiteurs de dire bonjour au plus grand avant de dire bonjour au bébé » ou encore « d’acheter un cadeau au plus grand plutôt qu’au bébé. » En fait, ces suggestions ne sont pas mauvaises mais elles ne feront pas de différence. C’est la maîtrise de nos émotions en tant que parent et la capacité de contrôler l’expression de notre frustration, de nos préférences et de nos propres blessures qui vont faire la différence.

 

Nos enfants sont les acteurs de leurs propres vies. Nous en sommes les metteurs-en-scène.

Fin de la première partie.

 

Croire


J’ai récemment passé une merveilleuse soirée en compagnie d’une amie très chère. Nous avons passé une petite soirée aux bains nordiques, sans enfants. C’était un grand luxe : à nous deux, nous avons 7 enfants de moins de 7 ans. Il va sans dire que nos rencontres sont souvent sur un thème d’action accompagnée de bruit, joyeux ou autre.

C’était donc une grande joie d’aller la rejoindre pour quelques heures de conversation non-interrompue (à part pour la police du silence…. C’est sérieux la relaxation aux bains nordiques!)

Piscine panoramique

 Alors que nous admirions la vue de la toute nouvelle piscine panoramique, mon amie m’a posé des questions sur ma foi et sur ma perspective surnaturelle. Après notre conversation, j’étais un peu déçue de ne pas avoir été capable d’exprimer plus clairement ce que ma foi représente pour moi et comment elle m’aide au jour-le-jour. Pas parce que je voulais la convaincre ou la convertir, loin de là. Mais plutôt parce que je crois que lorsque quelqu’un pose des questions, c’est par désir de comprendre ou par soif de savoir. Et je trouvais que mes explications un peu mélangées n’allaient ni éclairer un désir de comprendre ni encourager une recherche spirituelle.

Le sujet est un peu trop vaste pour un blog mais une des questions plus particulières que mon amie m’a posée était au sujet de ce que ma foi m’apporte au jour-le-jour. Comment est-ce que la foi aide la mère de 8 enfants par une journée misérable? Quand tout le monde crie et que le mari est grognon. Quand on se sent sur le bord de craquer et que notre cerveau va bientôt court-circuiter. On est bien loin de la Messe du dimanche et des grâces de la Communion, pour les Catholiques comme moi.

Pas que la Messe m’apporte beaucoup de paix, le défi du dimanche est plutôt de recevoir la Communion sans avoir envie d’étrangler mes trois plus jeunes.  Bref. Je ne suis pas venue à la pratique religieuse par la tête mais bien par le cœur, ce qui me rend bien inutile lorsqu’il en vient à expliquer les choses mystérieuses. L’histoire de ma conversion (ou « réversion » car j’ai été baptisée et élevée dans une famille Catholique mais je n’étais plus pratiquante) est d’une simplicité un peu navrante : J’avais beaucoup de mal à composer avec ma nouvelle réalité de jeune maman, je manquais de force, de patience et de « jus ». J’allais au groupe de jeu où j’entendais les mamans se plaindre au sujet de leurs enfants, de leur emploi, de leur conjoint. Les ritournelles étaient toujours négatives, les défis de la vie étaient toujours insurmontables.  Leurs problèmes étaient toujours la faute des autres et leur solution la responsabilité d’autrui. Puis j’ai rencontré une maman (qui est maintenant une amie très proche) qui avait une attitude complètement différente. Je me suis tenue proche d’elle et j’ai découvert qu’elle était  Catholique pratiquante. Elle m’a invitée à venir à son Église un dimanche, ajoutant : « Ils ont une chorale qui va te faire bouger! » Et c’était le coup de foudre. J’allais me joindre à la chorale et découvrir les richesses de la foi Catholique à travers la musique. C’est pourquoi lorsqu’on me demande pourquoi je me suis tournée vers la religion, je réponds toujours : « C’était nul avant  . Depuis c’est mieux. »

« C’est mieux comment? » m’a demandé mon amie, entre deux saunas. Pour moi, la plus grande contribution de la foi à ma vie de tous les jours a été l’acceptation de ma fertilité comme d’une partie intégrale de mon corps et de mon corps comme d’un don, parfaitement conçu, parfaitement créé. J’avais passé plusieurs années à essayer sans succès différents moyens de contraception, de la pilule au stérilet. J’en avais souffert des effets secondaires qui me hantent encore. Après avoir retiré le stérilet, j’étais tombée enceinte de mon quatrième enfant, une surprise que j’ai prise du temps à accepter. J’ai essayé la méthode sympto-thermale mais mes cycles étaient difficiles à interpréter. J’étais en colère contre mon corps et contre ma fertilité. En sauçant l’orteil dans la grande mer Catholique, j’ai soudainement trouvé une communauté au sein de laquelle la fertilité était célébrée. Où avoir quatre enfants était normal et non un signe certain de folie. Où mes grossesses non-planifiées étaient accueillies avec joie et compréhension plutôt que consternation et inquiétude. On entend rarement parler de l’Église Catholique comme d’un exemple d’acceptation des femmes mais mon expérience était tout à fait le contraire : soudainement, mon refus de me soumettre aux abus de la contraception était une force, mon désir de traiter ma fertilité avec respect était la norme, ma communauté de foi m’a appris à célébrer mon corps et à planifier ma famille dans le respect de mon cycle menstruel plutôt que de le traiter comme une maladie à vaincre.

« C’est toi qui as formé mes reins, et qui m’as tissé dans le sein de ma mère. Je te loue d’avoir fait de moi une créature si merveilleuse; tes œuvres sont admirables, et mon âme se plaît à le reconnaître. » Psaume 139

Pour moi, c’était comme un tremblement de terre. Car d’accepter ma fertilité et ma famille comme un cadeau m’aide au jour le jour à voir les petits miracles de la vie quotidienne. Mes enfants sont arrivés à leur propre temps, la bonne personne au bon moment. Et je les regarde souvent en me demandant ce que serait ma vie si je ne les avais pas laissé venir. Ma croyance en Dieu me donne la capacité au jour le jour, à travers le chaos, le bruit et les frustrations, d’apprécier le miracle de ma famille, chaque personne, là où elle devait être, en cadeau.  De me préoccuper de ce qu’il y a de beau et de bon :

« Enfin, Frères, tout ce qu’il y a de vrai, de noble, de juste, de pur, d’aimable, d’honorable, tout ce qu’il peut y avoir de bon dans la vertu et la louange humaine, voilà ce qui doit vous préoccuper! » Épître de Paul au Philippiens 4 :8

Je crois qu’il y a un « plan » dont je ne peux pas voir toutes les parties. Comme un casse-tête dont je ne peux voir qu’un coin. La foi me permet de croire que qu’il y a une image merveilleuse dont ma vie quotidienne et ses irritations ne sont qu’un pixel. Travailler fort à devenir une meilleure personne, plus généreuse, plus persévérante, plus compréhensive, aimer mon mari, élever mes enfants intentionnellement afin qu’ils grandissent et deviennent des personnes intègres et heureuses qui sont un cadeau à leur communauté; tout s’inscrit dans une perspective surnaturelle dans laquelle nous sommes plus que la sommes de nos morceaux. Et ma communauté de foi, mon église, mes coreligionnaires, me supportent car nous voyageons tous dans la même direction, partageant défis, faillites et victoires. C’est ainsi que même les tragédies peuvent avoir un sens :

« Car nous savons qu’avec ceux qui l’aiment, Dieu collabore pour leur bien, avec ceux qu’il a appelé selon son dessein… » Épître de Paul aux Romain, 8 :28

La gratitude est la contribution la plus importante de la foi à ma vie de tous les jours. Elle me permet de vivre pleinement le moment présent et d’anticiper le futur avec confiance. Car je sais que peu importe ce que m’apporte la vie, il y aura toujours quelque chose pour lequel je pourrai rendre grâce.

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“Qu’est-ce que vous faites avec tous ces enfants?”


À mes parents qui viennent de célébrer leur 41ième anniversaire de mariage et qui m’ont donné le plus beau cadeau, la vie. C’est avec leur exemple d’une vie simple et heureuse, dédiée à leur famille et à leurs amis, que je poursuis mon chemin. Leur amour me soutient.

“Qu’est-ce que vous faites avec tous ces enfants?”

Oui, quelqu’un m’a posé cette question récemment. Un peu comme si je collectionnais les salières, avec le même mélange de curiosité un peu condescendante. Que voulez-vous dire « qu’est-ce que je fais »? Tout le monde sait que je les envoie aux champs tous les matins!

Qu’est-ce que vous faites? Comment vous faites? C’est l’interminable ronde des questions à laquelle font face les parents de famille nombreuse. Comment vous cuisinez pour une famille nombreuse? Comment vous faites le lavage pour une famille nombreuse? Comme si le four et la machine à laver fonctionnaient différemment pour 10 que pour 4. Je cuisine comme tout le monde, mais avec plus d’ingrédients.

Je me souviens du temps pas si lointain lorsque que je regardais les familles nombreuses avec une curiosité empreinte d’admiration. J’ai rencontré une mère de 6 enfants (qui en a maintenant 10) lorsque j’avais 2 enfants. Je lui ai posé la question que tout le monde pose aux mères de plusieurs : « Allez-vous en avoir d’autres? » Elle m’a répondu avec grâce et générosité – car je sais aujourd’hui à quel point cette question peut être irritante – « Oh oui!! Certainement! » J’étais à la fois impressionnée et intimidée. Je me rappelle sa patience lorsque les questions indiscrètes me tombent sur les nerfs : je ne saurais jamais si mes réponses auront encouragé une maman à faire confiance à la vie et à poursuivre le chemin de la grosse famille dans un monde fait pour 4. J’espère qu’un jour quelqu’un verra ma famille et se dira « Oui, moi aussi je peux! » Mais je sais qu’au jour le jour, les gens me regardent et se disent « Mieux vaut-elle que moi! »

Si j’avais le temps, je voudrais pouvoir m’asseoir avec les curieux autour d’un bon café et leur expliquer. J’aimerais leur dire que « tous ces enfants » sont aussi des individus. Lorsque nous décidons d’avoir « encore un enfant », ce que nous décidons c’est d’accueillir une nouvelle personne au sein de notre famille. Nous n’avons pas des enfants pour les 2 années où ils seront « bébés », ni pour les 10 années où ils seront « enfants », ni même pour les 20 années où ils seront « jeunes »; car ces chiffres ne sont que la représentation du passage du temps. Nous les accueillons dans notre vie pour eux-mêmes, enfants, adultes, tantes et oncles, cousins et amis. Non seulement pour les enfants qu’ils seront si brièvement mais pour les adultes qu’ils deviendront. Pour les aimer et être aimé en retour.

Élever des enfants est un travail difficile, sans répit. Et lorsque les gens nous demandent si nous allons en « avoir » d’autres avec le ton de voix qui demande si nous allons avoir une deuxième voiture ou un autre clou dans le front, ils trahissent leurs propres doutes et leur horizon limité. Je vais avoir une pédicure, merci beaucoup. Mais pour ce qui est des enfants, je ne les ai pas, je les donne. Je leur donne la vie, je les donne à moi-même d’abord puis les uns aux autres comme frères et sœurs, puis je les donne à leurs futurs époux et à leurs enfants. Je les donne à leur patrie, à leur environnement, à leur travail et à leur communauté. Et je sais qu’ils reviendront m’entourer un jour, plus nombreux et plus forts, compagnons et solidaires.

Notre vie sera une longue, merveilleuse, aventure.

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17 mois


Il ne sera pas dit que j’ai laissé passé une célébration! Les jumeaux ont 17 mois. 17 mois ça ne veut pas dire grand chose mais c’est le mois où ils ont commencé à dormir dans la même chambre et à faire leur nuit, sans traumatisme, sans hurlements… Ou si peu! Je suis fière d’avoir écouté mon cœur et d’avoir attendu le moment propice.

C’est aussi le mois où Ève a découvert le monde des deux-pattes. Trois mois après son frère. Comment je peux suivre deux bambins qui déambulent? C’est simple: une série de rhumes et de poussées dentaires les gardent bien au chaud près de maman et papa. Je crois que nous avons comme une excroissance dans le dos: notre centre de gravité change pour trop de portage, mais c’est mieux que d’être suivis par deux zombies qui pleurent et qui morvent, non?

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Faits divers


1 Un bien méchant virus: L’influenza, cuvée 2012-2013. Nous y avons trinqué pour le jour de l’an. Nous voici tous les trois avec nos pompons et notre champagne…

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Écrasés sur maman pendant 3 jours
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Deux bébés malades, c’est beaucoup de bébés!
Dieu merci pour le portage: les bébés n'ont pas voulu être déposés pour 3 jours!
Dieu merci pour le portage: les bébés n’ont pas voulu être déposés pour 3 jours!

2 Deux manifestations de mécontentement: Le mouvement Idle No More et les moyens de pression exercés par les professeurs ontariens. Qu’est-ce que j’en pense vous vous demandez? L’ennemi de la démocratie, ce n’est pas Dalton MacGuinty (Premier Ministre de l’Ontario) ou Stephen Harper (Premier Ministre de Canada). L’ennemi de la démocratie, c’est l’apathie. Je suis donc contente de voir les gens se sortir de leur torpeur et se soulever pour tenir tête au gouvernement. J’ai une opinion nuancée sur les revendications autochtones du Canada et une piètre opinion de la Chef Theresa Spence, dont la grève de la faim est d’une cruelle ironie lorsqu’on apprend que le taux de suicide chez les jeunes autochtones est 6 fois plus élevé que chez les non-autochtones. Je ne suis pas assez éduquée pour vous offrir une solution sur les “affaires indiennes” mais je ne suis pas certaine que se laisser mourir de faim avec grande fanfare est le meilleur moyen d’inspirer une génération qui est déjà désespérée. Les professeurs ontariens ne sont pas contents non plus, ayant été allégés de leur droit de grève le temps que le gouvernement leur impose un contrat qu’il n’arrivait pas à faire passer par la négociation. Certaines écoles sont fermées aujourd’hui et j’ai vu plusieurs grand-parents prenant un petit café avec leurs petits-enfants au hasard de mes promenades. Ça m’a fait sourire.

3 Trois outils pour vous aider à garder vos bonnes résolutions. L’application MyFitnessPal vous permet de garder un “journal alimentaire”, un peu comme Weight Watchers mais gratuit! Je ne documente pas chaque bouchée à long terme mais une ou deux fois par année je garde un journal alimentaire afin d’avoir un point de référence. À chaque fois, je réalise que je mange (1) beaucoup trop, et (2) pas aussi bien que je ne le pensais. L’application RunKeeper est une excellente manière de suivre la progression de votre entraînement. Je l’utilise depuis 1 an. Et finalement, si vous ne voulez pas payer pour les meetings Weight Watchers, rien ne vous empêche de tirer avantage des média sociaux comme Facebook. Si vous n’êtes pas du genre à partager vos exploits de par le monde, vous pouvez vous créer un groupe privé ou secret (qui n’apparaîtra pas sur votre ligne de temps) avec des copines et vous en servir pour partager vos conquêtes, vos défaites et vos défis. C’est beaucoup plus amusant en groupe! Voici mon défi: le bol sans fond d’amandes au chocolat et son partenaire, le bol sans fond de Jelly Belly que mon excellent patron met à notre disposition. J’ai pris 17 livres cet automne (oui!), 15 venaient du bol d’amandes, j’en suis persuadée! IMG_2183

Berger allemand mangeur d'homme
Berger allemand mangeur d’homme

4 Quatre pattes, ça aide les grandes filles avec leur devoirs… Et ça aide à nettoyer le plancher après une “recette”…

Berger Allemand mangeur de Corn Bran
Berger allemand mangeur de Corn Bran

5 Cinq doigts bien haut pour le groupe de portage d’Ottawa et la boutique The Extraordinary Baby Shoppe, qui m’ont aidé à acheter et embellir ces deux porte-bébés pour mon amie Johanne et sa famille.

Deux Manduca pour deux bébés bien spéciaux...
Deux Manduca pour deux bébés bien spéciaux…

Une bien bonne année!


Notre famille commence toujours l’année du bon pieds avec un anniversaire. C’est notre bébé numéro 4 qui prend de l’âge avec la nouvelle année.

ImageCette année, notre grande fille a du faire preuve de maturité. Nous avions une bien belle fête de préparée pour elle, avec une visite chez grand-maman (avec qui elle partage son anniversaire) la veille, une fête d’anniversaire avec son parrain, sa marraine et leur 5 enfants le jour de l’an et la visite de trois amies pour trois jours le lendemain. Puis trois jours après Noël, elle a été la première victime d’une grippe qui s’est rapidement propagée à travers la famille. La veille du jour de l’an, nous étions 7 malades à la maison, y compris la fêtée.

Sa sœur la plus proche, qui a miraculeusement échappé à l’épidémie, s’est mise à la cuisine. Puisque les parents ne pouvaient pas aller acheter le traditionnel gâteau à la crème glacée, elle allait en faire un elle-même. Elle a aussi tenté de préparer une fête du nouvel an pour les réchappés (dans sa chambre) mais c’était une fête bien solitaire: à 10:30, le dernier des moins malades se couchait pour la nuit. Image

Avec papa, ils ont quand même pris le temps de décorer sa chaise et d’emballer son cadeau. Et c’est ainsi qu’elle s’est réveillée un peu moins mal en point avec une célébration réduite mais tout aussi joyeuse. Image

 

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Je crois qu’elle aime son cadeau…
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Elles ont reçu des billets pour un concert de leur artiste préférée.