Des nouvelles des jumeaux: 5 mois!


For my English readers: this is a 5-month update on the twins with a picture gallery at the end. Enjoy!

Les jumeaux viennent d’avoir 5 mois et c’est le moment de vous donner des nouvelles. J’ai essayé de faire une session photo de 5 mois mais les bébés grouillaient tellement que… vous verrez en allant voir la galerie ci-dessous. J’ai pensé qu’une série de photos manquées raconterait mieux l’histoire que les 2 ou 3 photos plus ou moins réussies!

Qu’est-ce qui se passe dans la vie de cirque? Nous avons combattu plusieurs virus et quelques bactéries. Ma fille de 3 ans a terminé la garderie et est de retour à temps plein avec maman. Évidemment, avoir une petite dynamo avec moi a causé sa part d’adaptation. Je dois redécouvrir mes repères de mère au foyer et en découvrir de nouveaux: quoi faire pendant la journée avec trois enfants de 3 ans et moins? Comment faire les courses? Comment faire le ménage? Les repas? Je regrette de vous annoncer que cette mère de 8 enfants n’a aucune solution miracle pour vous: je m’occupe de ce qui crie le plus fort, que ce soit un enfant, un frigo sans lait, des livres de biblio en retard ou un plancher plein de traces de pas. J’ai quelques trucs de survie, par exemple ma mère vient chez moi une fois par semaine pour m’aider à faire l’épicerie. C’est une belle occasion de joindre l’utile au nécessaire et à l’agréable. Ma belle-mère rempli régulièrement mon congélateur et je n’ai à faire le souper que si je le désire.

Au niveau du sommeil, je continue — certains pourraient penser “en vain” — ma quête d’une meilleure nuit avec les jumeaux. Il n’y a pas beaucoup de progrès au niveau du sommeil de nuit mais j’ai forcé certains changements au niveau des siestes. J’ai remarqué quand Lucas avait 4 mois qu’il s’endormait souvent en chignant dans son siège d’auto en attendant nos départs. C’était un petit pleur pas très convainquant, sans larmes, et de courte durée. J’ai donc commencé à le laisser s’endormir seul pour sa sieste du matin et son dodo de la nuit. Il chigne pendant 5 à 15 minutes et s’endort. Parfois il ne pleure pas du tout mais si son pleur se change en pleur à fendre l’âme, je vais le voir pour le calmer, soit en l’allaitant… soit en l’allaitant finalement. Garder Sarah à la maison m’a permis de mettre l’emphase sur l’établissement d’une routine de sieste du matin (puisque je n’ai plus besoin de sortir le matin). Maintenant que la sieste du matin et le dodo du soir sont bien établis, je me mets à la sieste de l’après-midi. Il semble que Lucas soit beaucoup plus éveillé l’après-midi et a du mal à se calmer assez pour dormir. Jusqu’à présent, je me suis rabattu sur la balançoire pour l’après-midi mais je commence à coucher Lucas dans son lit. J’ai aussi acheté une machine qui fait du bruit de fond (white noise) et ç’a beaucoup aidé.

Puisque Lucas allait pleurer un peu, j’ai décidé de faire d’une pierre deux coups et de me débarrasser des sucettes. Mission accomplie sans trop de douleur: 4-5 mois est une bonne fenêtre pour le faire. Les bébés ont assez de dextérité pour trouver leurs doigts s’ils en ont besoin, ils n’ont plus autant besoin d’être emmaillotés (quoique mes petits le sont encore mais avec un bras qui dépasse) et ils ne sont pas encore attachés à leur sucette. Je me sers de la sucette à l’occasion lorsqu’ils sont en voiture.

En bref, mes bébés se réveillent encore au moins deux fois par nuit chacun, c’est-à-dire aux 3 heures maximum. J’allaite le premier qui se réveille puis le deuxième a un biberon. Au prochain réveil, j’alterne. Les nuits sont encore intenses puisque la toux de Lucas ne s’améliore pas: nous devons nous lever pour aspirer ses sécrétions et l’aider à tousser au moins une fois par nuit. Mais au moins il est capable de s’endormir seul pour autant qu’il soit bien nourri!

Notre routine quotidienne est donc structurée autour des siestes et d’une tentative de sortie s’il fait beau dehors. Et le ménage dans tout ça? Une amie me demandait si nous avions une femme de ménage ce à quoi j’ai répondu “Non” et elle a ajouté “Donc vous le faites vous-mêmes?” En fait, nous ne le faisons pas nous même! Il fait beau dehors donc nous sortons. Bonne journée à tous!

Amitiés


Tout plein de cœurs à la cannelle à tous nos amis!

For my English readers: This post is about friendships and the things we give-up when we become parents.

Prendre la décision d’avoir des enfants, c’est décider de s’excuser de l’avant-plan, de donner la priorité, de céder le passage. Certains parents ne l’apprennent jamais. D’autres l’apprennent presque par accident. Vous seriez surpris par le nombre de personnes qui me disent:

   J’ai arrêté à 2. Je suis trop égoïste pour en avoir plus.

J’ai toujours trouvé ça triste. Intuitivement, on a tendance à penser que ceux qui l’admettent ont l’honnêteté de reconnaître leurs limites. Après tout, combien d’enfances malheureuses ont été causées par des parents égoïstes incapable de reconnaître leur inhabilité à faire passer leurs enfants avant eux-mêmes? Et pourtant, n’y a-t-il pas quelque chose d’extrêmement triste en cette fierté d’être égoïste, en cette absence de gêne? Comme si l’égoïsme devrait être la norme et le don de soi l’exception. Comme s’il n’y avait aucune valeur à tenter de surmonter nos faiblesses, de grandir au-delà de nos limites? Dans le fond, ne sommes-nous tous pas trop égoïstes de nature? Je le suis et je l’admets. Mais plutôt que de me complaire dans mon inhabilité de faire passer les autres devant moi, j’ai choisi d’ajouter plus “d’autres” dans ma vie, jusqu’au point où faire passer les autres est devenu plus simple que de tenter de me faire passer en premier.

Enfin, ce post n’est pas au sujet de ma supériorité morale — croyez-moi, il n’en est rien! — mais plutôt au sujet de ce que l’on abandonne au profit de nos enfants. Pour le meilleur et pour le pire.

Au cours des vacances de Noël, mon très talentueux frère s’est mis au pain et m’a demandé si je faisais toujours mon pain. “Ha! Ha!” ai-je répondu, “Ça c’était jusqu’au quatrième enfant!” Ça m’a fait réfléchir sur mon parcours de mère et les choses qui étaient tombées en cours de route. Par exemple, j’ai tué une plante verte pour chaque nouveau-né et depuis la naissance des jumeaux j’ai perdu la toute dernière. Les couches de coton n’ont pas survécu au quatrième enfant. J’ai abandonné mon hobby d’aquarium avec plantes vivantes après le cinquième. J’ai fait de la musique jusqu’à six enfants et ma guitare ramasse maintenant la poussière. J’ai fait mon pain jusqu’au troisième. Et ainsi de suite.

Puis il y a aussi toute sorte de choses que nous faisions entre familles jusqu’à ce que le train de vie effréné prenne le dessus. Le camping d’hiver dans un refuge, commencé comme activité père/enfants et qui a évolué pour inclure les mamans qui ne voulaient pas rester en arrière. Les partys d’igloo l’hiver, de cueillette de pommes l’automne et de n’importe quoi l’été, autant d’excuses pour inviter autant d’amis que possible et faire la fête. Les brunchs entre amis. Les randonnées en forêt. Les voyages d’un jour à Kingston ou à Montréal.

Aujourd’hui, nous arrivons au vendredi soir la langue à terre sans aucun désir de sortir. La maison en foutoir trahi les sorties en coup de vent entre deux activités. La fin de semaine passe en clin d’oeuil entre la gymnastique des uns, le travail des autres, les devoirs et le ménage. Dimanche soir se pointe le bout du nez et soudainement, le tapis roulant de la semaine reprend de l’élan. Semaine après semaine, mois après mois et, maintenant, année après année. Et tout d’un coup, je réalise que je n’ai jamais rencontré les plus jeunes enfants de certaines de mes plus anciennes amies. Ma vie sociale se déroule en mise-à-jour sur Facebook. Je n’appelle plus personne, à quoi ça sert? Je suis interrompue au bout de 30 secondes. Plus personne ne m’appelle et je me demande s’ils ont tout simplement abandonné ou si nous sommes toutes dans le même bateau.

Je n’ai presqu’aucun regret d’avoir eu à abandonner ceci ou celà au fil grandissant de ma famille.  Mais je m’ennuie de mes amies. De celles que je ne vois plus, de celles que je ne vois que rarement et de celles que je ne vois que superficiellement entre deux Latte avec les enfants qui attendent impatiemment. Je suis à la fois reconnaissante et embêtée par Facebook et ses amitiés faciles. Je sais qu’un jour les enfants seront grands et que nous auront à nouveau le temps de sortir et de recevoir. J’espère qu’il y aura encore du monde à voir à l’autre bout du tunnel.

Such a chore! Part 1: Why chores matter? (it’s more than a clean toilet)


This post is a follow-up to last week’s Intervention post and the art of raising children who pick-up after themselves. I intend to write a series on chores. Why it matters, how to get your kids to do it and finally, how to get you to get your kids to do it.

Many parents put chores in the “pick your battles” folio of parenting. Of course, we all believe that children should pitch-in and learn to pick-up after themselves. All those frustrated to find an empty box of cookies in the pantry say “Aye!” Wouldn’t it be nice if the child who finished the cookies had the wherewithal to throw away the box? And yet, how many of us – especially those with large families where suspects abound – will call our children to the kitchen and ask them to pick-up their trash? We are more likely to shake our heads, throw away the offending empty box and move-on. We too often chicken out of holding our children to a standard of participation in the family’s life and well-being commensurate to their age and abilities. It is, after all, easier and more time efficient to throw away the empty box (or clean the bathroom, pick-up the toys or vacuum the bedroom) than to go through the song and dance of asking our children to do it. This is where parents of large families are at an advantage: doing everything for everyone is no longer time efficient and forces us to go through the song and dance of demanding concrete results from our children. Cue violins.

In our family, chores are not just a way to get stuff off the floor they also have an important role to play in the broader picture of education. It reminds me of something I read from Marybeth Hicks (who, shameless plug, will be giving a talk in Ottawa on November 18. My friends are organizing the event. Tickets can be purchased here or by calling Rachel at 819.775.5429). She was saying (probably through Twitter), referring to her children and political awareness: “We’re raising taxpayers.” The idea is that we’re not raising children, we’re raising adults and we must always keep sight of the adults we want our children to become. My long-term vision for my children is to raise them – in the words of James Stenson, another parenting author and speaker — to become “competent, responsible, considerate, and generous men and women who are committed to live by principles of integrity.” Here’s why a chores routine matters for the big picture.

1. Responsibility. In our family, children are not expected merely to pick-up after themselves but to play a role in the day-to-day function of the family. Each one of the four older children has responsibilities that go beyond their self-interest. Are they shining beacons of altruism? I wish! I mean, not yet! I think the quotes they will remember best from their formative years will be “It’s not a contest” (when they say “But I set the table twice in a row!”); “I don’t care whose turn it is, I just need it done ” (When they say “But it’s so-and-so’s turn to set the table”); and “I just made supper for the whole family all by myself” (when they say “But I just set the table all by myself.”) In other words, cry me a river. Chores that directly affect others in the family include washing bathrooms, emptying the dishwasher, setting the table, feeding the pets, taking out the trash. This type of chores emphasizes the team-work aspect of the family. Look at it as a two-wheeler bicycle: you have to keep moving to stay on it. Each member benefits from the family and each member has to pedal to keep it going.

2. Timeliness, or doing things in a timely fashion.  When we limit our expectations to asking the children to pick-up after themselves, we generally tend to leave them in charge of the timing. There is a time and place for displaying initiative and ownership. When the garbage truck is barreling down the street is not that time. Timeliness is important because children need to learn that some things need to be done when they need to be done, not when they feel like it — also known as their own sweet time, also known as whenever. When I pile-up clean laundry on my daughter’s desk and ask her to put it away, there is no loss of functionality for the family if she gets dressed off her desk for a week and does her homework in bed. On the other hand, when she doesn’t empty the dishwasher before leaving for school, I (the mother with two infants in a sling) feel it right away. How many chronically unemployed adults explain their job losses by pathos such as “I don’t work well with rules” or “My boss did not understand my way of working”? Your own sweet time or whenever may work for you but it won’t always work for others. Agreed?

3. Method. Garbage has to be taken out weekly. If you dust the upper shelves after the lower ones, you will have to redo the lower shelves. Dust before you vacuum. Vacuum before you wash the floors. Don’t use the same rag to clean the toilet then the taps. And if you do a lousy job, mom will make you do it again. By doing chores over and over again – and by being forced to do them well — children learn efficiency and the importance of method. They also learn that doing the job well a.s.a.p. gets the boss of their back.

4. Team work. Assuming your children work well together. If not, they’ll learn coping strategies for working with people they don’t like. Full disclosure: my children don’t work well together. This morning’s coping strategies included hurling insults and orders at each other. Hey, it’s a work in progress ok?

What if you agree with everything I write but are having a hard time making it happen in your family? My next English post will expose a few pitfalls of developing a family chores routine and how to avoid, or at least get around, them.