Nous voilà sur TFO!


Une petite capsule sur notre famille, sur la chaîne francophone TFO:

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Par une belle journée d’automne à la plage… Un aéroglisseur!


Après un mois de septembre un peu frisquet, l’automne est venu cogner à notre porte y apportant les derniers jours de l’été qui nous avaient tant manqués. Les arbres passent du vert au rouge orangé et le contraste entre le bleu du ciel et les couleurs éclatantes de l’automne est spectaculaire. Pouvoir l’apprécier sans se geler les doigts est un de ces petits luxes que nous offre la nature lorsqu’elle se sent généreuse.

À la plage en octobre, le bord de l’eau nous appartient. Nous aimons nous y réunir pour jouer dans le sable sans la foule. Aujourd,Hui, nous y avons vu un spectacle inhabituel: un aéroglisseur de la garde côtière. Que faisait-il là? Aucune idée! Mais quel spectacle de le voir traverser la rivière et venir s’échouer (se stationner?) à la plage!

Si vous cliquez sur la première photo, vous pourrez toutes les voir en album photo.

17 mois


Il ne sera pas dit que j’ai laissé passé une célébration! Les jumeaux ont 17 mois. 17 mois ça ne veut pas dire grand chose mais c’est le mois où ils ont commencé à dormir dans la même chambre et à faire leur nuit, sans traumatisme, sans hurlements… Ou si peu! Je suis fière d’avoir écouté mon cœur et d’avoir attendu le moment propice.

C’est aussi le mois où Ève a découvert le monde des deux-pattes. Trois mois après son frère. Comment je peux suivre deux bambins qui déambulent? C’est simple: une série de rhumes et de poussées dentaires les gardent bien au chaud près de maman et papa. Je crois que nous avons comme une excroissance dans le dos: notre centre de gravité change pour trop de portage, mais c’est mieux que d’être suivis par deux zombies qui pleurent et qui morvent, non?

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Des nouvelles des jumeaux: 16 mois et sevrage de nuit (oui, pour vrai!)


Les jumeaux ont maintenant 16 mois et je dois vous avouer que la deuxième année des jumeaux est presque plus intense que la première. C’est un rythme différent, une intensité différente. Quand on persévère à travers les premiers mois, on se dit que les choses vont devenir de plus en plus faciles. Les choses changent et les défis d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes que ceux d’hier. Mais deux bébés, c’est beaucoup de bébés!

Au cours des derniers mois, les bébés se sont mis à marcher. Le garçon vers 13 mois et la fille tout récemment à 16 mois. Ils ont percé plus de dents (quoiqu’ils n’en aient que 4 chacun) et ils ont commencé à parler. “Regarde!” “Papa” “Maman” “Neige”

Bébé fille e commencé à “faire ses nuits” (c’est-à-dire à dormir du coucher jusqu’au lever) vers 14 mois tandis que son frère a continué à se réveiller aux 2 heures comme un nouveau-né. Vers 15 mois, il a commencé à faire des siestes de 5 ou 6 heures pendant la journée et nous avons initié le sevrage de nuit afin de l’encourager gentiment et paisiblement à dormir plus longtemps la nuit. S’il allait dormir 6 heures, je voulais que ce soit entre minuit et 6 :00 plutôt qu’entre 8 :00 et 14 :00!

Le processus de sevrage de nuit ne s’est pas fait du jour au lendemain. La première étape du sevrage paisible – sans extinction des pleurs —  est d’apprendre au bébé à se rendormir sans allaiter. Une de mes critique de la méthode 5-10-15 est qu’elle ne respecte pas le fait que nous avons permis à notre enfant de développer une habitude enracinée dans un besoin primaire de succion et de réconfort sur plusieurs mois. Puis du jour au lendemain, c’est dort ou pleure mon coco, maman est fatiguée.

Pour tous mes bébés, s’endormir sans le sein a commencé naturellement vers 4 mois. Même lorsqu’ils se réveillent aux 45 minutes, ils retournent toujours au lit somnolent mais réveillés. C’est une nécessité imposée par la taille de notre famille, mais je peux vous dire que même les mamans qui ont des familles moins nombreuses trouvent que de devoir rendormir leur bambin au sein à tous les 45 minutes devient lourd après 12 mois!

Si votre bébé s’endort et se rendort au sein, peu importe son âge, la première étape du sevrage de nuit sera de l’habituer à s’endormir sans le sein. Si bébé refuse vigoureusement ce changement de routine, vous pouvez soit persévérer à le calmer au sein avant de le remettre au lit réveillé, soit substituer le sein pour un autre mode de réconfort. Notre bébé garçon aime les câlins et dans la mesure où maman n’est pas dans les parages, se laisse réconforter par un câlin sur l’épaule de papa.

Dans notre famille, les fêtes de Noël, les dents, puis la grippe ont étalé le sevrage sur un bon mois. Jusqu’au jour où le Monsieur a commencé à se réveiller aux 45 minutes pour boire. « Ce sont les dents! » me suis-je dit, jusqu’à ce que mon mari me fasse remarquer que « si c’était les dents, il serait de mauvaise humeur pendant la journée aussi. » Vrai. Il buvait toute la nuit et me faisait des siestes de 5 heures pendant la journée. Alors là….

Nous avons donc décidé d’entamer le sevrage de nuit en changeant Lucas de chambre afin que papa ait au moins une chance de pouvoir le recoucher. Puisque Lucas s’endormait déjà sans allaiter, nous sommes passés directement à la deuxième étape, qui est de ne pas allaiter du tout pendant la nuit. Nous avons d’abord choisi les 6 heures qui nous convenaient le mieux. Dans notre cas, 23 :00 à 5 :00. Si Lucas se réveillait entre 23 :00 et 5 :00, papa irait le bercer un peu puis le remettre au lit. Papa allait dormir dans la même chambre que Lucas : nous ne sommes pas passés de tout à rien, le but étant un sevrage progressif, paisible et respectueux. La première nuit, papa s’est levé plusieurs fois pour câliner bébé. Vers la fin de la nuit, il ne faisait que lui parler de son lit : Chhhhhh bébé, fait dodo, et bébé se rendormait. La deuxième nuit, Lucas a dormi de 18 :30 à 5 :00. Nous ne nous sommes pas endormis sur nos lauriers – manière de parler – puisque nous avons assez d’expérience pour savoir que les bébés accueillent parfois un changement de routine avec une certaine patience jusqu’à ce qu’ils réalisent que le changement est permanent. Puis ils s’y opposent.

Depuis, les nuits sont au beau fixe, c’est-à-dire que Lucas se réveille encore souvent mais papa réussi à le rassurer sans se lever de lit, en lui parlant. Nous allons maintenir cette routine et voir si Lucas cesse de se réveiller tout court. Mais il n’y a pas de presse.

Alors pour les parents fatigués, voici un résumé du sevrage de nuit progressif. Nous préférons cette méthode à l’extinction des pleurs (méthode 5-10-15) que nous trouvons émotivement épuisante et avec laquelle nous n’avons eu aucun succès avec nos autres enfants. Le sevrage de nuit peut se faire par maman et dans le lit familial… mais ce sera peut-être plus difficile de convaincre bébé! Pour nous, il était incontournable que maman ne soit pas dans les parages.

  1. Encourager bébé à se rendormir sans le sein. Vous pouvez continuer à allaiter à la demande et à pratiquer le co-dodo. Cependant, si votre but final est que bébé dorme dans son propre lit, vous pourriez commencer la transition à ce moment. Allaitez bébé au besoin pour le calmer et le préparer au sommeil mais couchez-le lorsqu’il est somnolent mais encore réveillé.
  2. Lorsque bébé peut se rendormir sans téter, vous pouvez passer à la deuxième étape. Lorsque vous avez allaité bébé une fois et que vous l’avez remis au lit, ne l’allaitez plus avant qu’il ait dormi, même s’il exprime sa frustration en pleurant. Vous êtes à ses côtés : il n’a pas peur, il n’est pas abandonné. Il est seulement un peu ennuyé que sa routine de choix change.
  3. Éventuellement, vous aurez établi une routine où bébé allaite puis se rendort seul. Il est temps d’arrêter d’allaiter. Vous continuerez à réconforter bébé mais sans l’allaiter. Encore une fois, il est possible que bébé se fâche. Encore une fois, vous n’abandonnez pas bébé. Nous sommes encore à cette étape. Lucas se réveille plusieurs fois et papa doit le réconforter et lui parlant doucement. Au début, il a pleuré un peu (5-10 minutes, avec papa). Maintenant, il se réveille encore fréquemment mais papa le rassure en lui parlant et il se rendort sans pleurer.
  4. La dernière étape est de laisser bébé se rendormir seul sans réconfort. Mais peut-être que cette étape n’arrivera jamais. Notre fille de 4 ans vient encore nous voir régulièrement la  nuit. Elle a même un petit matelas au pied de notre lit pour les nuits où elle se réveille trop fréquemment.

Et voilà!

J’ai peu de photos des jumeaux ensemble : ils bougent trop vite! Mais voici une petite tranche de vie visuelle pour ceux qui aiment bien :

Faits divers


1 Un bien méchant virus: L’influenza, cuvée 2012-2013. Nous y avons trinqué pour le jour de l’an. Nous voici tous les trois avec nos pompons et notre champagne…

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Écrasés sur maman pendant 3 jours
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Deux bébés malades, c’est beaucoup de bébés!
Dieu merci pour le portage: les bébés n'ont pas voulu être déposés pour 3 jours!
Dieu merci pour le portage: les bébés n’ont pas voulu être déposés pour 3 jours!

2 Deux manifestations de mécontentement: Le mouvement Idle No More et les moyens de pression exercés par les professeurs ontariens. Qu’est-ce que j’en pense vous vous demandez? L’ennemi de la démocratie, ce n’est pas Dalton MacGuinty (Premier Ministre de l’Ontario) ou Stephen Harper (Premier Ministre de Canada). L’ennemi de la démocratie, c’est l’apathie. Je suis donc contente de voir les gens se sortir de leur torpeur et se soulever pour tenir tête au gouvernement. J’ai une opinion nuancée sur les revendications autochtones du Canada et une piètre opinion de la Chef Theresa Spence, dont la grève de la faim est d’une cruelle ironie lorsqu’on apprend que le taux de suicide chez les jeunes autochtones est 6 fois plus élevé que chez les non-autochtones. Je ne suis pas assez éduquée pour vous offrir une solution sur les “affaires indiennes” mais je ne suis pas certaine que se laisser mourir de faim avec grande fanfare est le meilleur moyen d’inspirer une génération qui est déjà désespérée. Les professeurs ontariens ne sont pas contents non plus, ayant été allégés de leur droit de grève le temps que le gouvernement leur impose un contrat qu’il n’arrivait pas à faire passer par la négociation. Certaines écoles sont fermées aujourd’hui et j’ai vu plusieurs grand-parents prenant un petit café avec leurs petits-enfants au hasard de mes promenades. Ça m’a fait sourire.

3 Trois outils pour vous aider à garder vos bonnes résolutions. L’application MyFitnessPal vous permet de garder un “journal alimentaire”, un peu comme Weight Watchers mais gratuit! Je ne documente pas chaque bouchée à long terme mais une ou deux fois par année je garde un journal alimentaire afin d’avoir un point de référence. À chaque fois, je réalise que je mange (1) beaucoup trop, et (2) pas aussi bien que je ne le pensais. L’application RunKeeper est une excellente manière de suivre la progression de votre entraînement. Je l’utilise depuis 1 an. Et finalement, si vous ne voulez pas payer pour les meetings Weight Watchers, rien ne vous empêche de tirer avantage des média sociaux comme Facebook. Si vous n’êtes pas du genre à partager vos exploits de par le monde, vous pouvez vous créer un groupe privé ou secret (qui n’apparaîtra pas sur votre ligne de temps) avec des copines et vous en servir pour partager vos conquêtes, vos défaites et vos défis. C’est beaucoup plus amusant en groupe! Voici mon défi: le bol sans fond d’amandes au chocolat et son partenaire, le bol sans fond de Jelly Belly que mon excellent patron met à notre disposition. J’ai pris 17 livres cet automne (oui!), 15 venaient du bol d’amandes, j’en suis persuadée! IMG_2183

Berger allemand mangeur d'homme
Berger allemand mangeur d’homme

4 Quatre pattes, ça aide les grandes filles avec leur devoirs… Et ça aide à nettoyer le plancher après une “recette”…

Berger Allemand mangeur de Corn Bran
Berger allemand mangeur de Corn Bran

5 Cinq doigts bien haut pour le groupe de portage d’Ottawa et la boutique The Extraordinary Baby Shoppe, qui m’ont aidé à acheter et embellir ces deux porte-bébés pour mon amie Johanne et sa famille.

Deux Manduca pour deux bébés bien spéciaux...
Deux Manduca pour deux bébés bien spéciaux…

Souper de semaine végétarien: Pâtes avec sauce aux pois chiches (humus)


Il y a quelques mois, j’ai commencé à faire la transition de notre famille vers un mode d’alimentation plus végétarien. La récente “crise du boeuf” causée par le rappel majeur de produits contaminés n’a fait que confirmer ma détermination. Notre système de production alimentaire n’est pas fiable. Ou du moins, je ne m’y fie pas. Et si les organismes comme e-coli existent dans toutes les viandes sur le marché, que ce soit local, organique ou nourri au filet mignon, je crois mettre toutes les chances du côté de ma famille en choisissant des producteurs qui vivent près de chez moi et qui élèvent leur bétail de manière à ne pas avoir recours à certaines pratiques qui favorisent la contamination. Cependant, afin de passer à une meilleure viande (lire plus dispendieuse) je dois réduire dramatiquement notre consommation.

Lorsque j’ai commencé à planifier des repas végétariens, j’ai trouvé très peu de recettes que je trouvais appropriées pour une famille nombreuse avec une maman qui travaille. Mes repas doivent être sinon congelables, au moins rapides à préparer. Et les gouts et saveurs doivent être solides mais conservateurs et pas trop épicés. J’ai trouvé que la plupart des repas végétariens étaient élaborés, demandaient des ingrédients dispendieux ou masquait une absence de gout et de texture par une abondance de piment. J’ai donc commencé à développer mes propres recettes.

La fin de semaine dernière, j’ai préparé une sauce pour pâtes  dont l’ingrédient principal était un contenant d’humus d’edamame. Utiliser de l’humus commercial est un peu plus dispendieux que le faire sois même (mais moins dispendieux qu’1 kg de viande…). Bref, la recette suivante peut être faite avec de l’humus maison ou encore avec une conserve de pois chiches passée au robot avec de l’huile d’olive pour en adoucir la texture.

J’utilise une boîte d’humus par boîte de pâtes. Pour ma famille de 10, 2 boîtes de pâtes et deux contenants d’humus nourri tout le monde avec des restes pour le lendemain.

Je commence par faire revenir un oignon haché (ou deux selon vos goûts) dans la poêle avec de l’huile d’olive. J’utilise un wok parce que je n’ai pas de poêle assez grande pour ma famille. Lorsque l’oignon a ramolli, j’ajoute deux gousses d’ail écrasées puis hachées. Vous saviez que pour libérer tout le potentiel de l’ail, la gousse doit être écrasée avant d’être hachée? J’ai cherché un lien informatif sans succès mais c’est vrai, je le sais. C’est pourquoi un bon presse-ail est une nécessité. J’utilise le côté de mon couteau pour écraser l’ail avant de le hacher mais c’est seulement parce que nettoyer le presse-ail m’emmerde. Oui, on est paresseuse comme ça ici.

Je coupe deux (ou trois) tomates en petits cubes et je les ajoute au wok. Vous décidez de la taille des cubes. Mes enfants ne mangent pas de gros morceaux de tomate, je les rends donc difficiles à enlever en les coupant petits. J’ajoute des fines herbes comme de l’origan, du basilic ou de la sauge. Vous pourriez ajouter des herbes fraiches ou encore un mélange d’épices de votre choix. Pour cette recette, j’ai également ajouté un zuchinni (une courgette).

Pendant ce temps, j’ai fait cuire mes pâtes dans l’eau salée. Comme pour la plupart des recettes de pâtes, vous garderez environ une tasse d’eau de cuisson pour aider à étendre la sauce. J’ai utilisé des spaghettis de blé entier pour cette recette mais les spaghettis sont difficiles à mélanger avec la sauce. Cette sauce se prête particulièrement bien au spaghetti  cependant. Peut-être que les linguini seraient plus faciles à manier?

Lorsque les tomates sont bien molles, je réduis le feu et je lance le contenu du contenant d’humus dans la poêle. Je mélange bien afin que la température de la sauce soit constante puis j’ajoute les pâtes. Un autre avantage de la cuisine végétarienne est de ne pas avoir à s’inquiéter de la température, de la cuisson et des méchantes bactéries.

Quand la sauce est prête, je mélange les pâtes dans la sauce (et non le contraire!) petit-à-petit en me servant de l’eau de cuisson des pâtes quand ça devient trop épais.

Je sers les pâtes avec des haricots frais cuits à la vapeur et les amateurs d’épice y ajoutent de la sauce piquante. Je crois que la sauce Tabasco est bien compatible avec les pois chiches. La harissa ne serait pas mal non plus. J’ai congelé un sac de pâtes à la sauce mais je crois qu’il aurait été plus efficace de congeler la sauce puis faire les pâtes fraîches. Essaie et erreur « all the way, baby! »

Bon appétit!

“Laisse-le pleurer!”


Le mois de septembre est passé et aujourd’hui c’est octobre qui s’achève. Les jumeaux ont 13 mois et Lucas est sur le point de marcher. Les nuits ne s’améliorent pas et s’empirent parfois au gré des rhumes et des poussées dentaires. Le manque de sommeil depuis septembre 2011 affecte ma concentration, ma mémoire et mes facultés en général. Mes contributions à mon blogue se font rares. J’ai du mal à trouver des sujets et quand j’en trouve, j’ai du mal à écrire. Certains me diront que c’est le temps de laisser mon bébé pleurer et qu’il va finir par faire ses nuits. Et si c’était mon premier bébé, je serais tentée de les écouter.

Gâté pourri ou là où il devrait être?

Mais au bébé#7 j’aime penser qu’on a acquis une certaine sagesse, une mémoire née de l’expérience et qu’on a finalement compris que « laisser le bébé pleurer » n’est pas la panacée qu’on croyait qu’elle serait.

On a finalement compris que le bébé n’allait pas pleurer une fois et qu’il dormirait ensuite une fois pour toute. On se souvient que si l’extinction des pleurs se fait parfois rapidement et de manière permanente, pour la plupart des bébés elle devra être répétée avec chaque rhume, chaque dérangement, chaque poussée dentaire. Et que les pleurs ne vont pas durer 30 à 45 minutes pendant 2 jours mais 3 à 6 heures pendant 1 mois. Et que le déficit de sommeil qu’on avait accumulé allait devenir bien pire avant de s’améliorer… et qu’encore, il n’allait peut-être pas s’améliorer du tout. Car ce que les manuels et votre médecin ne vous disent pas, c’est que certains bébés ne répondent pas à l’extinction.

C’était le cas de mon bébé#4 et de mon bébé#6. « Laisser mon bébé pleurer » m’a fait perdre les quelques heures de sommeil que j’avais. Les cris incessants, nuit après nuit, ont fait naître chez moi des sentiments violents de colère, de frustration et de dépression. Je me suis entêtée pour trop longtemps avant d’abandonner.

Est-ce que mes enfants en ont été marqués? Je ne sais pas.   Les experts qui paient leur hypothèque en vendant des livres sur le sommeil me disent que non. Les experts qui paient leur hypothèque en vendant des livres sur l’attachement me disent que oui. Mon expertise ne paie rien et je crois que la réponse est à mi-chemin entre les deux.

Passer nuit après nuit à réclamer en vain la présence d’un parent à un âge de grande dépendance ne peut pas être sans conséquence. D’un autre côté, il ne s’ensuit pas que les conséquences sur le développement du tempérament et du caractère de l’enfant soient importantes. Ce que je sais c’est que j’ai – moi, maman – été marquée par ces nuits à écouter mon enfant crier sans pouvoir aller le réconforter, croyant qu’abandonner ne ferait que prolonger le cauchemar. Mais surtout, je n’ai pas un bon souvenir de la petite enfance des bébés que j’ai laissé pleurer. J’y ai gagné si peu — car même quand ils « font leur nuit » les bébés se réveillent souvent — mais je ne saurais jamais combien j’ai perdu.

C’est pourquoi j’ai décidé de faire les choses différemment. J’ai décidé de donner à mes bébés ce qu’ils demandaient et de m’adapter à leur besoins. Lorsqu’ils ont une mauvaise nuit marquée par un rhume, une poussée dentaire ou un dérangement, je vais les câliner. Je prends Lucas dans mon lit pour que nous puissions tous les deux dormir. Je suis fatiguée mais je profite de mes bébés. Je voudrais arrêter le temps, les garder petits, et c’est un nouveau sentiment chez moi. Un mélange de joie et de nostalgie, une appréciation pour les millions de petits moments de beauté qui apparaissent et disparaissent aussi vite. Une joie pure, non adultérée  par le stress de ne pas savoir si j’allais me ruiner en les prenant avec moi la nuit.

J’arrive à un âge et une étape de ma vie où j’ai envie de profiter de mon expérience. J’arrive finalement à une place de confiance en mon jugement et mes habilités de parent. J’ai aussi une vision à long terme, qui m’est offerte comme un cadeau par mes plus vieux, maintenant adolescents, qui me fait apprécier la simplicité des tout-petits. J’aime être ici, maintenant. Je suis fatiguée mais je suis heureuse.