Frères et soeurs – Première partie


This little blog has seen an influx of new visitors lately, thanks to the popularity of my blog post on large families and the environment. The post below, about sibling rivalry, is written in French. If French is all Chinese to you, please stay for the pictures and thanks for the visit!

Cheers,
Véronique

Ah, les frères et sœurs! La famille est un groupe qui se porte à une multitude de dynamiques, qu’elles soient positives ou qu’elles vous marquent au fer rouge. Les rapports avec les membres de notre famille nous forment, un peu comme le moule dans lequel on verse la pâte à gâteau : à la fois distincte du moule et soumise à son influence. On me pose souvent des questions sur les rapports entre frères et sœurs et j’ai plus d’une fois promis une publication à ce sujet. Quelle meilleure occasion que l’arrivée d’un nouveau petit dans la fratrie?

Lorsque je reçois des questions au sujet de la rivalité entre frères et sœurs, celles-ci viennent de deux camps. D’un côté, les adultes qui ont des relations harmonieuses avec leurs frères et sœurs et qui veulent s’assurer que leurs enfants grandissent dans la même harmonie, et de l’autre côté les adultes qui ont des relations difficiles – ou parfois complètement rompues – avec leurs frères et sœurs et qui veulent éviter que leurs enfants grandissent avec le même bagage. Étant issue de la première catégorie, je dois avouer que je n’ai jamais beaucoup réfléchi à la cause des relations harmonieuses (ou tendues) au sein d’une fratrie. Plusieurs litres d’encre ont été répandus sur des kilomètres de papier, les ouvrages de psychologie et d’auto-assistance ainsi que les livres d’instructions destinés aux parents ne manquent pas. De l’ordre de naissance aux signes astrologiques, les théories sur ce qui pourrait expliquer la fonction et la dysfonction familiale sont nombreuses. Je ne suis ni psychologue, ni gourou du « self-help », mais j’ai le privilège de voir grandir mes propres enfants et leurs interactions me poussent à la réflexion.

 

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Les jeunes parents qui s’apprêtent à accueillir un nouveau bébé se demandent souvent comment assurer une transition sans heurts pour leur aîné. Les parents qui vivent avec des jeunes enfants au jour-le-jour se demandent si les batailles et les insultes quotidiennes laisseront une marque indélébile sur la relation entre leurs enfants. Puisque mes enfants ont en moyenne 2 ans-et-demi d’écart, nos nouveaux bébés arrivent généralement à une époque où le plus jeune est encore très attaché à maman. Au cours de chaque grossesse, un ami proche ou un membre de ma famille exprime son inquiétude quant à la transition de l’ex-bébé. À chaque fois, malgré le stress qui marque invariablement tout changement de routine, la transition se fait bien. L’ex-bébé doit bien grandir et somme toute, il n’est pas toujours décommandé d’encourager cette maturation avec une petite poussée dans le derrière. DSC_0771

 

Dans notre famille, plutôt que de traiter l’arrivée d’un nouveau petit comme un traumatisme pour les enfants, nous préférons le voir comme un événement de la vie normale. Après tout, les femmes sont fertiles de l’adolescence à l’âge d’or. La capacité d’avoir 2 enfants parfaitement planifiés entre l’âge de 30 et 34 ans n’est qu’un résultat des avances de la contraception. La reproduction humaine suggère que l’avènement de plusieurs frères et sœurs sur un certain nombre d’années est la norme biologique plutôt que l’exception.

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Nous voyons donc l’arrivée d’un nouvel enfant comme un enrichissement et non comme un appauvrissement. Bref, nous portons notre regard sur ce que l’enfant ajoute à la vie de famille et non sur ce qu’il enlève. L’être humain est un animal social pour lequel l’organisation en communauté est une question de survie. Notre famille est notre première communauté, celle qui nous apprend à vivre en société. C’est la raison pour laquelle les blessures mentales et émotives qui nous sont infligées par une famille dysfonctionnelle sont celles qui laissent les cicatrices les plus cuisantes. L’harmonie entre les membres d’une famille est l’état d’équilibre et d’harmonie auquel nous aspirons. La discorde familiale est un état dysfonctionnel pour lequel de nombreux adultes cherchent un remède à grands coups de thérapies.

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Les enfants ne naissent pas avec un désir de discorde. Les enfants sont une page blanche à qui nous enseignons, par nos mots, nos gestes et nos attitudes, ce qui est normal, désirable. Au cours de mes conversations avec des enfants devenus adultes, j’ai appris que les querelles et rivalités à long terme, celles qui persistent au-delà des chicanes d’enfants et qui survivent à la maturation, prennent souvent racine dans les attitudes des parents envers leurs enfants. C’est pourquoi lorsqu’on me pose des questions sur la rivalité entre frères et sœurs, je préfère éviter les solutions faciles telles « demander aux visiteurs de dire bonjour au plus grand avant de dire bonjour au bébé » ou encore « d’acheter un cadeau au plus grand plutôt qu’au bébé. » En fait, ces suggestions ne sont pas mauvaises mais elles ne feront pas de différence. C’est la maîtrise de nos émotions en tant que parent et la capacité de contrôler l’expression de notre frustration, de nos préférences et de nos propres blessures qui vont faire la différence.

 

Nos enfants sont les acteurs de leurs propres vies. Nous en sommes les metteurs-en-scène.

Fin de la première partie.

 

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