Croire


J’ai récemment passé une merveilleuse soirée en compagnie d’une amie très chère. Nous avons passé une petite soirée aux bains nordiques, sans enfants. C’était un grand luxe : à nous deux, nous avons 7 enfants de moins de 7 ans. Il va sans dire que nos rencontres sont souvent sur un thème d’action accompagnée de bruit, joyeux ou autre.

C’était donc une grande joie d’aller la rejoindre pour quelques heures de conversation non-interrompue (à part pour la police du silence…. C’est sérieux la relaxation aux bains nordiques!)

Piscine panoramique

 Alors que nous admirions la vue de la toute nouvelle piscine panoramique, mon amie m’a posé des questions sur ma foi et sur ma perspective surnaturelle. Après notre conversation, j’étais un peu déçue de ne pas avoir été capable d’exprimer plus clairement ce que ma foi représente pour moi et comment elle m’aide au jour-le-jour. Pas parce que je voulais la convaincre ou la convertir, loin de là. Mais plutôt parce que je crois que lorsque quelqu’un pose des questions, c’est par désir de comprendre ou par soif de savoir. Et je trouvais que mes explications un peu mélangées n’allaient ni éclairer un désir de comprendre ni encourager une recherche spirituelle.

Le sujet est un peu trop vaste pour un blog mais une des questions plus particulières que mon amie m’a posée était au sujet de ce que ma foi m’apporte au jour-le-jour. Comment est-ce que la foi aide la mère de 8 enfants par une journée misérable? Quand tout le monde crie et que le mari est grognon. Quand on se sent sur le bord de craquer et que notre cerveau va bientôt court-circuiter. On est bien loin de la Messe du dimanche et des grâces de la Communion, pour les Catholiques comme moi.

Pas que la Messe m’apporte beaucoup de paix, le défi du dimanche est plutôt de recevoir la Communion sans avoir envie d’étrangler mes trois plus jeunes.  Bref. Je ne suis pas venue à la pratique religieuse par la tête mais bien par le cœur, ce qui me rend bien inutile lorsqu’il en vient à expliquer les choses mystérieuses. L’histoire de ma conversion (ou « réversion » car j’ai été baptisée et élevée dans une famille Catholique mais je n’étais plus pratiquante) est d’une simplicité un peu navrante : J’avais beaucoup de mal à composer avec ma nouvelle réalité de jeune maman, je manquais de force, de patience et de « jus ». J’allais au groupe de jeu où j’entendais les mamans se plaindre au sujet de leurs enfants, de leur emploi, de leur conjoint. Les ritournelles étaient toujours négatives, les défis de la vie étaient toujours insurmontables.  Leurs problèmes étaient toujours la faute des autres et leur solution la responsabilité d’autrui. Puis j’ai rencontré une maman (qui est maintenant une amie très proche) qui avait une attitude complètement différente. Je me suis tenue proche d’elle et j’ai découvert qu’elle était  Catholique pratiquante. Elle m’a invitée à venir à son Église un dimanche, ajoutant : « Ils ont une chorale qui va te faire bouger! » Et c’était le coup de foudre. J’allais me joindre à la chorale et découvrir les richesses de la foi Catholique à travers la musique. C’est pourquoi lorsqu’on me demande pourquoi je me suis tournée vers la religion, je réponds toujours : « C’était nul avant  . Depuis c’est mieux. »

« C’est mieux comment? » m’a demandé mon amie, entre deux saunas. Pour moi, la plus grande contribution de la foi à ma vie de tous les jours a été l’acceptation de ma fertilité comme d’une partie intégrale de mon corps et de mon corps comme d’un don, parfaitement conçu, parfaitement créé. J’avais passé plusieurs années à essayer sans succès différents moyens de contraception, de la pilule au stérilet. J’en avais souffert des effets secondaires qui me hantent encore. Après avoir retiré le stérilet, j’étais tombée enceinte de mon quatrième enfant, une surprise que j’ai prise du temps à accepter. J’ai essayé la méthode sympto-thermale mais mes cycles étaient difficiles à interpréter. J’étais en colère contre mon corps et contre ma fertilité. En sauçant l’orteil dans la grande mer Catholique, j’ai soudainement trouvé une communauté au sein de laquelle la fertilité était célébrée. Où avoir quatre enfants était normal et non un signe certain de folie. Où mes grossesses non-planifiées étaient accueillies avec joie et compréhension plutôt que consternation et inquiétude. On entend rarement parler de l’Église Catholique comme d’un exemple d’acceptation des femmes mais mon expérience était tout à fait le contraire : soudainement, mon refus de me soumettre aux abus de la contraception était une force, mon désir de traiter ma fertilité avec respect était la norme, ma communauté de foi m’a appris à célébrer mon corps et à planifier ma famille dans le respect de mon cycle menstruel plutôt que de le traiter comme une maladie à vaincre.

« C’est toi qui as formé mes reins, et qui m’as tissé dans le sein de ma mère. Je te loue d’avoir fait de moi une créature si merveilleuse; tes œuvres sont admirables, et mon âme se plaît à le reconnaître. » Psaume 139

Pour moi, c’était comme un tremblement de terre. Car d’accepter ma fertilité et ma famille comme un cadeau m’aide au jour le jour à voir les petits miracles de la vie quotidienne. Mes enfants sont arrivés à leur propre temps, la bonne personne au bon moment. Et je les regarde souvent en me demandant ce que serait ma vie si je ne les avais pas laissé venir. Ma croyance en Dieu me donne la capacité au jour le jour, à travers le chaos, le bruit et les frustrations, d’apprécier le miracle de ma famille, chaque personne, là où elle devait être, en cadeau.  De me préoccuper de ce qu’il y a de beau et de bon :

« Enfin, Frères, tout ce qu’il y a de vrai, de noble, de juste, de pur, d’aimable, d’honorable, tout ce qu’il peut y avoir de bon dans la vertu et la louange humaine, voilà ce qui doit vous préoccuper! » Épître de Paul au Philippiens 4 :8

Je crois qu’il y a un « plan » dont je ne peux pas voir toutes les parties. Comme un casse-tête dont je ne peux voir qu’un coin. La foi me permet de croire que qu’il y a une image merveilleuse dont ma vie quotidienne et ses irritations ne sont qu’un pixel. Travailler fort à devenir une meilleure personne, plus généreuse, plus persévérante, plus compréhensive, aimer mon mari, élever mes enfants intentionnellement afin qu’ils grandissent et deviennent des personnes intègres et heureuses qui sont un cadeau à leur communauté; tout s’inscrit dans une perspective surnaturelle dans laquelle nous sommes plus que la sommes de nos morceaux. Et ma communauté de foi, mon église, mes coreligionnaires, me supportent car nous voyageons tous dans la même direction, partageant défis, faillites et victoires. C’est ainsi que même les tragédies peuvent avoir un sens :

« Car nous savons qu’avec ceux qui l’aiment, Dieu collabore pour leur bien, avec ceux qu’il a appelé selon son dessein… » Épître de Paul aux Romain, 8 :28

La gratitude est la contribution la plus importante de la foi à ma vie de tous les jours. Elle me permet de vivre pleinement le moment présent et d’anticiper le futur avec confiance. Car je sais que peu importe ce que m’apporte la vie, il y aura toujours quelque chose pour lequel je pourrai rendre grâce.

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If my blogging is any indication…


I would say that life gets busier as the twins hit toddlerhood. I used to have time to blog but now, I take 30 minutes to check Facebook before I go to bed and that’s the extent of my online presence. I’m not sure where time went. It seems to run through my fingers like water, one day after the next.

Here’s what a day looks like when I work. I work 3 days a week.

5:15 Wake-up. That’s an hour earlier than the children. I need the hour to wake-up before the children descend on the kitchen. Believe me, this makes me a better person. During this hour, I drink my coffee and maybe do a bit of non-demanding work like formatting my writing portfolio. Most of the time, I read the paper and check what happened on Facebook overnight.

Blogging: early in the morning or late at night
Blogging: early in the morning or late at night

6:00 My three teenagers wake-up. No, scratch that. My two oldest teenagers wake-up. Their sister sleeps through the alarm, the pots and pans, and a nuclear apocalypse.

During the weekend, I make cookie dough that I roll into logs and refrigerate, kind of like a homemade Pillsbury cookie thing. As the kids get-up, I bake cookies for their lunches. It makes them better people.

6:15 The teenagers descend on the kitchen and start making breakfast and putting their lunches together. If they are in a good mood, this can be a pleasant time. When the grocery is running low, it is very unpleasant.

6:30 I realize that the youngest of the three teenagers is missing-in-action. I send someone, usually me, to wake her up.  She looks at me with eyes wide open, she may even answer me. It doesn’t mean that she is awake.

6:45 The younger four start waking-up in no set order. This is when the fun begins. Except that it’s not always fun. I may or may not have a series of temper tantrums over this or that. I may wonder why they didn’t stay in bed, as I would if I was still tired. Mystery.

Between 6:30 and 7:20, I start harassing my teenagers to do their morning chores. They need to empty the dishwasher (so I can fill it), feed the dog (so it can go out to poop) and take the dog out to poop (so she can go in her crate for the day). This is the part where they start complaining about the unfairness of life: what, you mean that our meals are cooked, our bills are paid, and we have to empty the clean dishwasher?? What’s next? Put away the laundry that is washed for us??

If the twins are still sleeping, I have time to have a shower. If not, it will have to wait until everybody is off to school.

7:00 My spider-sense alerts me to the fact that I have not yet seen my youngest teenager. If we’re lucky, she’s up and getting dressed. If not watch-out because the bus comes in 20 minutes. She will touch down in the kitchen like a tornado and in a whirlwind of orders, barked and otherwise, will get ready to go to school. She may accusingly declare that since I made her in such a way that she doesn’t wake-up at the sound of the alarm, it is my responsibility to ensure that she is up and dressed at a reasonable time. Yeah, my kids say funny stuff like that all the time. The problem is that they believe it.

Unhappy camper, up 8 minutes before the bus.
Unhappy camper, up 8 minutes before the bus.

The twins are getting up. I nurse them and give them breakfast. Oatmeal with fruits or cold cereals with fruits and yogourt.

7:30 The first batch of children is off to school. I realize that my elementary school kids are still snoozing. Crap. I keep promising myself to get them up at 7:00.

My 4 year-old demands a “giant hug”. This means that I must sit on the couch with her for as long as her Hugness desires. It’s a pit stop for physical affection: when the tank is full, she drives away.

Giant hugs. Sometimes I sub-contract them. "You! Sit on the couch with your sister and give her a hug!"
Giant hugs. Sometimes I sub-contract them. “You! Sit on the couch with your sister and give her a hug!”

I rotate between helping the younger children with their breakfast and making 3 lunches. Our lunches consist of a main meal (sandwich, pizza made on naan bread, pasta with cheese…), a fruit, cookies, juice or water in a bottle and a snack like yogourt, apple sauce or popcorn (we have a corn popper. My neighbour wasn’t able to sell it at her garage sale 15 years ago so she gave it to me. Best money I never spent: we use it daily).

By now, the twins are done with breakfast and covered in yogourt or oatmeal. _MG_9284

Once a week, I make a giant batch of crepe batter. The older kids make their own crepes in the morning. It makes them better people.
Once a week, I make a giant batch of crepe batter. The older kids make their own crepes in the morning. It makes them better people.

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8:00 I start giving my kids the final bus countdown. “20 minutes until you walk away!” I busy myself with a game of kids-whack-a-mole: lunch! socks! uniforms! Baby in the dishwasher! Lunch! _MG_9281

8:20 I shoo my elementary school kids off to school. This usually involve a mad rush for matching shoes  and a desperate cry for “Did you sign my tests?” followed by a flurry of papers being pulled out of the bag as I am trying to push stuff into the bag. Chaos ensues.

8:21 The second batch of kids are gone. I take a deep breath and feel like a deserve a drink. I have a condescending thought for all the people who think that 8:30 am is early. Normally, I should be getting in the car to go to work. More likely though, I am still un-showered and in my pjs. My husband comes out of his home office and asks: “Aren’t you going to work?” I reply: “Of course I am, why are you asking?”

8:30 Showered, sort of dressed, hair…. bah. Whatever. I look for my daughter’s socks. I pick the first two. They never match. One day, I gave her matching socks and she laughed. She doesn’t even know that socks come in matching pairs, this child of the Hand-Me-Downs. Manage expectations People, this will keep you sane. I look at what my daughter is wearing. It usually involves layers, textures and patterns. Lots of patterns. I tell my husband that the Montessori teachers must appreciate the fact that she dresses entirely on her own. He doubts it. IMG_2783

8:40 The “You’re late” school bus drives by my house. That’s the bus I’m never supposed to see because I’m supposed to be long gone, driving my daughter to preschool. We get in the van and drive away.

8:50 Drop-off at preschool.

9:30 I get to work. I write correspondence for a federal Member of Parliament. What this means is that when people write to their MP, I answer. My boss reads my replies and edits them as needed. I can tell how his week is going by the amount of edits. He can probably do the same. I work 3 days a week. On the days I am not at work, I would be going for a run with the twins and my dog.

2:30 I get off work, pick-up a few food items on my way to preschool, pick-up my daughter and possibly other people too. There is a graph that explains when and where I am to pick up which child on any given day. It was trained into me. “This is not a drill, soldier. This is a live project. You’re a go.” (Except that Matt Damon  is not in the van with me).

4:00 I get home with my daughter. The teens are already home. The twins are crazy cranky and initiate the whole whine-and-cheese fest for mom. I nurse one while the other has a complete meltdown. I nurse the other. If I am lucky, I still have some frozen meals prepared. If not, I have to make supper while my three younger children compete to see who can drive mom nuts the fastest to the most spectacular effect. I play a game of kids-whack-a-mole involving serving 4 different snacks while trying to keep the twins from doing what twins do best: induce chaos. With one hand, I make supper while keeping the kids from raiding the fridge with the other hand, and closing the cupboard doors with the other hand, while retrieving the hand-mixer with the other hand, while getting a twin out of the (stored) deep-fryer with the other hand, while grabbing a juice bottle just before the other twin pours it on his face with the other hand. Twin whack-a-mole is a fun game except that my sense of humour is deficient.

I usually end-up with a cranky kid on my back. IMG_2776

5:15 I fix myself a double cappuccino. For the second half of the day.

5:30 or 6:30 We eat. And by “eat” I mean that I stuff my face with one hand while feeding the twins with the other. My husband and teenagers are trying to have an intelligent conversation about world events while the younger children exercise their right to free expression. My husband tries to tell me something. It usually ends with “….nevermind, I’ll tell you in 25 years.”

6:30 The twins have their baths and get ready for bed. I get the 4 younger children cleaned and ready for bed while my husband cleans the kitchen. On any given day, there is a waltz of activities and teens comings-and-goings. By 7:00 pm, the twins are down and we get bedtime routines started for the next 2. My husband and 7 year-old son are reading The Chronicles of Narnia together. I go lie down with my 4 year-old until she settles enough to fall asleep. This may require a few stories and more songs. I may go a little nuts as I sit there with her, mentally running through my to-do list like an endless reel.

8:30 By now, the four youngest children are asleep for sure. We cycle laundry, finish cleaning the kitchen. My husband and I often go for coffee or ice cream in the evening if the house is somewhat under control. Or we may go on a grocery date. I know, so hot!

10:00 pm Ideally, we would go to bed now. In reality, we can still be found chatting with our teenagers or wasting time watching a movie (him) or checking social media (me). This is when, in theory, I would be blogging but I’m not.

11:00 pm One of the twins wakes-up. Usually Lucas. I nurse him back to sleep for the night and go to bed.

3:00-4:00 am The other twin wakes-up.  I nurse her back to sleep. Return to bed. Find the 4 year-old curled-up in my place. Return her back to her bed (located right at the foot of mine, it’s a short push and a shove).

5:15 am The next day….