“Laisse-le pleurer!”


Le mois de septembre est passé et aujourd’hui c’est octobre qui s’achève. Les jumeaux ont 13 mois et Lucas est sur le point de marcher. Les nuits ne s’améliorent pas et s’empirent parfois au gré des rhumes et des poussées dentaires. Le manque de sommeil depuis septembre 2011 affecte ma concentration, ma mémoire et mes facultés en général. Mes contributions à mon blogue se font rares. J’ai du mal à trouver des sujets et quand j’en trouve, j’ai du mal à écrire. Certains me diront que c’est le temps de laisser mon bébé pleurer et qu’il va finir par faire ses nuits. Et si c’était mon premier bébé, je serais tentée de les écouter.

Gâté pourri ou là où il devrait être?

Mais au bébé#7 j’aime penser qu’on a acquis une certaine sagesse, une mémoire née de l’expérience et qu’on a finalement compris que « laisser le bébé pleurer » n’est pas la panacée qu’on croyait qu’elle serait.

On a finalement compris que le bébé n’allait pas pleurer une fois et qu’il dormirait ensuite une fois pour toute. On se souvient que si l’extinction des pleurs se fait parfois rapidement et de manière permanente, pour la plupart des bébés elle devra être répétée avec chaque rhume, chaque dérangement, chaque poussée dentaire. Et que les pleurs ne vont pas durer 30 à 45 minutes pendant 2 jours mais 3 à 6 heures pendant 1 mois. Et que le déficit de sommeil qu’on avait accumulé allait devenir bien pire avant de s’améliorer… et qu’encore, il n’allait peut-être pas s’améliorer du tout. Car ce que les manuels et votre médecin ne vous disent pas, c’est que certains bébés ne répondent pas à l’extinction.

C’était le cas de mon bébé#4 et de mon bébé#6. « Laisser mon bébé pleurer » m’a fait perdre les quelques heures de sommeil que j’avais. Les cris incessants, nuit après nuit, ont fait naître chez moi des sentiments violents de colère, de frustration et de dépression. Je me suis entêtée pour trop longtemps avant d’abandonner.

Est-ce que mes enfants en ont été marqués? Je ne sais pas.   Les experts qui paient leur hypothèque en vendant des livres sur le sommeil me disent que non. Les experts qui paient leur hypothèque en vendant des livres sur l’attachement me disent que oui. Mon expertise ne paie rien et je crois que la réponse est à mi-chemin entre les deux.

Passer nuit après nuit à réclamer en vain la présence d’un parent à un âge de grande dépendance ne peut pas être sans conséquence. D’un autre côté, il ne s’ensuit pas que les conséquences sur le développement du tempérament et du caractère de l’enfant soient importantes. Ce que je sais c’est que j’ai – moi, maman – été marquée par ces nuits à écouter mon enfant crier sans pouvoir aller le réconforter, croyant qu’abandonner ne ferait que prolonger le cauchemar. Mais surtout, je n’ai pas un bon souvenir de la petite enfance des bébés que j’ai laissé pleurer. J’y ai gagné si peu — car même quand ils « font leur nuit » les bébés se réveillent souvent — mais je ne saurais jamais combien j’ai perdu.

C’est pourquoi j’ai décidé de faire les choses différemment. J’ai décidé de donner à mes bébés ce qu’ils demandaient et de m’adapter à leur besoins. Lorsqu’ils ont une mauvaise nuit marquée par un rhume, une poussée dentaire ou un dérangement, je vais les câliner. Je prends Lucas dans mon lit pour que nous puissions tous les deux dormir. Je suis fatiguée mais je profite de mes bébés. Je voudrais arrêter le temps, les garder petits, et c’est un nouveau sentiment chez moi. Un mélange de joie et de nostalgie, une appréciation pour les millions de petits moments de beauté qui apparaissent et disparaissent aussi vite. Une joie pure, non adultérée  par le stress de ne pas savoir si j’allais me ruiner en les prenant avec moi la nuit.

J’arrive à un âge et une étape de ma vie où j’ai envie de profiter de mon expérience. J’arrive finalement à une place de confiance en mon jugement et mes habilités de parent. J’ai aussi une vision à long terme, qui m’est offerte comme un cadeau par mes plus vieux, maintenant adolescents, qui me fait apprécier la simplicité des tout-petits. J’aime être ici, maintenant. Je suis fatiguée mais je suis heureuse.

Only in Canada…


Last week, a federal member of Parliament was removed from the plane he was riding on because he was too drunk to fly. Then the Winnipeg Chief of Police called on Winnipeggers of all faiths to pray for a better and safer city.

Would you like to take a guess at which one got in the most media hot water? Which one was taken to task publicly by an Opposition MP? Hint: it may not be the one you think…

I listened with dismay this morning as Acting Chief Clunis was questioned by CBC reporter Katie Nicholson. But the dismay grew into frustration when ethicist Arthur Schaeffer shared his angry bit about public officials using their functions as a “bully pulpit to proselytize”.

I was Campaign Manager for a candidate in the last Federal Elections. My candidate, who was seeking a third mandate, was very open about his faith and the fact that he was a religious believer. Despite repeated attempts from various political opponents to make hay of his outspoken principles, he was re-elected twice with increasing majorities.
During a 2011 mid-campaign debate organized by local media, a journalist asked the candidates about the separation of Church and State. Three of the four candidates gave answers that brought points I would like to make in response to the CBC interview with Police Chief Clunis and the intolerant – and disappointing given his stature in the academic ethics community – pronouncement by Arthur Schaeffer.

My boss, the incumbent Member of Parliament for the area said: “I have never been shy or deceitful about the Christian values that inform the conduct of my life. This is an integral part of who I am. People tell me they vote for me because I am honest, principled, caring and loyal and my value system is part of what people vote for when they vote for me.”
The NDP candidate agreed that his Christian values also had an important role in shaping his views on social justice and environmental stewardship, but since Church and State are separated in Canada, he didn’t understand the point of the question.

The Liberal candidate simply said: “There is no place for values in politics”.

Oh. Is there really? Why then do people say they are tired of political rhetoric, vacuous speech and meaningless points? Values and principles are the core of public service.

Arthur Schaeffer’s point that public officials should never let odors of religious beliefs emanate from the conduct of their duties shows an infantile understanding of religious beliefs and how intertwined they are in a person’s entire being, physical, emotional and moral. Arthur Schaeffer may as well have said that only atheist and humanist were fit for public office. Chief of Police Clunis cannot park his religious beliefs at the door any more than he can change the colour of his skin: they are an integral part of the rich personal tapestry of life experience that made him the best candidate for the job. A call for prayer is not an obligation to prayer; it is just an appeal to faithful Winnipeggers to put all the chances on their side for their City. If this does nothing for Arthur Schaeffer, nothing compels him to join the effort. As for me, I’ll take a principled Chief of Police over a politically correct doormat at anytime.

Faits divers du vendredi un lundi matin


1 Une motion qui promettait de faire couler beaucoup d’encre. Chose promise, chose due. La motion 312 présentée à la Chambre des Communes par le député Stephen Woodworth demandait la création d’un comité parlementaire afin d’étudier si la définition d’« être humain » du Code criminel devrait être élargie afin d’inclure le fetus. Si vous lisez les journeaux et partuculièrement les média sociaux, vous pensez probablement que le vote de la semaine dernière était sur la criminalisation de l’avortement. En fait, la plupart de mes connections Facebook pensent que le vote de la semaine dernière était directement sur la criminalisation de l’avortement. Vous ne lirez pas cette mise-au-clair souvent mais en tant que juriste formée en bioéthique il m’importe que les débats et discussions publiques sur les enjeux de cette envergure soient définis de manière claire, précise et non-partisane. La motion 312, qui soit dit-en-passant n’a pas été acceptée, demandait une réflection sur la définition d’être humain dans le contexte du Code criminel canadien. La ministre du Statut de la femme qui a voté en faveur de la motion 312 n’a pas voté “contre l’avortement” tel que plusieurs le pensent mais en faveur d’une discussion publique sur la valeur éthique et légale du fetus. On peut avoir des opinions bien ancrées sur le sujet, mais ça ne devrait pas excuser les pires accès de démagogie et d’aveuglement volontaire. Vous êtes tous des adultes intelligents. Évidemment. Puisque vous lisez mon blogue, he, he.

2 Deux nouvelles qui m’incitent à vous donner un petit cour de procédure parlementaire et un coup d’oeuil dans le fonctionnemetn d’un bureau de député. La semaine dernière, le ministre de l’Immigration et de la citoyenneté Jason Kenney a fait la manchette lorsque son bureau a envoyé un courriel vantant le travail du gouvernement canadien dans l’avancement des droits des gais et lesbiennes sur la scène internationale. Le email en question, qui ciblait les gais et lesbiennes canadiens, a été mal reçu, les récipiendaires se demandant entre autre comment le gouvernement savait qu’ils étaient homosexuels. Ceci me ramène à la deuxième nouvelle qui était en fait la première, la motion 312 et les “pétitions” demandant à un député ou ministre de voter pour ou contre quelque chose, de faire ou de ne pas faire quelque chose, d’avancer ou d’ignorer une cause ou une autre. Lorsque vous signez une pétition en-ligne, ce que vous faites en réalité c’est envoyer une lettre formulaïque contenant votre nom et votre adresse email à un député, parfois le votre (si la “pétition” vous demande votre code postal), parfois les 308. Une véritable pétition doit être soumise à la Chambre par un député après avoir été aprouvée par le clerc des pétitions pour sa véracité et sa conformité. Lorsque vous signez une pétition en-ligne, vous envoyez votre nom et votre adresse ainsi qu’un polaroid de la cause qui vous tient à coeur à des politiciens qui sont toujours à la recherche d’un moyen de se faire connaître et d’établir un contact avec l’électorat. En d’autre mots, Jason Kenney sait que vous êtes gais et que les droits des gais vous tiennent à coeur car vous lui avez dit. Et il peut vous rejoindre car vous lui avez envoyé votre adresse courriel. La pétition que vous avez signé disait sans doute quelque chose comme “Cher Ministre Kenney, je suis gai et les droits des gais me tiennent à coeur. Voilà pourquoi… bla, bla, bla…” Vous ne vous en rapellez sans doute pas car comme 200% des gens qui envoient ce genre de lettre, vous ne l’avez pas lue.Voilà. C’est simple, non?

3 Trois jours par semaine, 5 heures par jour, c’est mon horaire de travail. C’est tout juste faisable avec une grande famille mais évidemment, on ne peut soudainement perdre 15 heures à sa semaine sans en subir les conséquences. Le pliage des vêtements propres semble être passé par la fenêtre. Ouch…

5 jours de lavage propre pour 10 personnes, ça ressemble à ça.

4 Quatre pattes, non les jumeaux ne marchent pas encore. Et c’est parfait comme ça! (Mais ce ne sera pas long).

5 Cinq  doigts bien hauts (“high five”) si vous vous êtes rendus à la fin de cet article malgré la mention d’un débat sur l’avortement et du Ministre de l’Immigration. Vous démontrez une maturité et une ouverture d’esprit notable.  Vous vous méritez une petite visite de relaxation sur You Tube pour aller rire des frasques de mon fils aîné: