La télé est de retour !


Avec le passage au signal digital, nous nous sommes acheté une antenne qui ressemble à un iPad pour capter le signal haute-définition sans le câble. Ça fait presque 3 ans que nous n’avons plus le câble. Le retour de la télé a donné lieu à quelques situations loufoques qui nous ont rappelé, si nous en avions besoin,  pourquoi nous nous étions désabonnés.

Le jour où nous avons branché l’antenne les enfants ont voulu écouter un match des Sénateurs. On leur met CBC et on se retire à la cuisine. À peine 30 secondes plus tard, on entend notre fils de 14 ans expliquer à une de ses petites sœurs: “oui, ils ont un pénis mais ils ne peuvent pas avoir d’érection …” C’était une annonce de Viagra.

Bon. Pourquoi on a acheté une antenne déjà? Pour que j’écoute des émissions de cuisines en allaitant, c’est vrai!

Justement, je regardais À la di Stasio en me disant qu’il faudrait bien que j’essaie le rôti de porc avec la couenne croustillante sur un lit de légumes bizarres cuits à la perfection dans quelque chose qui goûte bon.  Une de mes fille regarde la télé et pouffe de rire: « Quoi? Ils vont juste faire la cuisine comme ça à la télé? » Ben tient, quel concept! Elle a le « show » en direct à la maison tous les jours. Une autre regarde « The Agenda with Steve Paikin » et demande: « Pourquoi ils font passer une réunion à la télé? »

Cette semaine, c’est ma fille de 15 ans qui est revenu de l’école pendant que j’écoutais Dr. Phil. Deux jeunes de 16 ans, la fille est enceinte, le gars couche avec une autre fille. Les deux futures grand-mères se chicanent l’accès à leur futur petit-bébé.  Tout le monde secoue la tête: ces deux jeunes sont trop jeunes pour avoir un bébé!  Des bébés eux-mêmes! Je demande à ma fille: « As-tu remarqué que tout le monde s’accorde pour dire qu’ils sont trop jeunes pour avoir un enfant mais personne ne mentionne qu’ils sont trop jeunes pour avoir des relations sexuelles? On a complètement dissocié le sexe de la reproduction. » Ma fille me fait remarquer que les parents ont sans doute accepté que le sexe est inévitable mais que la reproduction est évitable, soit par la contraception ou en assumant qu’une grossesse peut être avortée. Nous avons discuté de la responsabilité des parents, de la maturité, et des conséquences. En concluant que les jeunes vont avoir des relations sexuelles peu importe l’opinion des parents, est-ce qu’on n’abdique pas notre responsabilité de parents? Souvent, nos discussions pendant Dr. Phil se résument à secouer la tête et à s’étonner de l’immaturité émotive des gens et du fait que des familles choisissent de laver leur linge sale en public. Mais surtout,  nous sommes reconnaissants pour la simplicité de notre vie et la solidité de notre famille. Et parlant de vie de famille…

Les filles adorent “Extreme Make-Over Home Edition”. La semaine dernière, on rénovait la résidence d’une famille avec un fils adulte quadraplégique. Le fils faisait de la gymnastique dans sa cour arrière (double back handspring back tuck pour ceux qui s’y connaissent). Il n’a pas fini son back tuck et s’est écrasé la tête la première sur le sol. Fini. Les vertèbres cérébrales se sont télescopées et il a perdu l’usage de ses quatre membres. Nous avons eu une bonne conversation sur la sécurité et l’importance d’avoir le bon équipement quand elles font de la gym. Le gazon et le plancher du sous-sol ne sont pas de l’équipement adéquat. Mais de manière plus importante, nous avons admiré le dévouement de la famille, les parents et les 3 frères, envers le fils quadraplégique. Dans notre famille privilégiée à tous les niveaux, les enfants n’ont pas toujours l’occasion de voir la vie de famille comme un travail d’équipe. Au jour le jour, ce qui nous sépare — les irritants de la vie familiale —  peuvent paraître plus importants que ce qui nous unis. Et pourtant, c’est à travers la tragédie que l’importance de la famille prend toute sa signification. Avons-nous besoin d’attendre un drame pour réaliser que la famille est ce qui nous reste quand tout le monde est parti?

Finalement, après deux ans sans télé, j’ai mis deux semaines avant de me rappeler que je pouvais m’en servir pour distraire ma plus jeune pendant que j’allaite les bébés. Quel concept : la télé babysitter! Gisèle est encore à TVO Kids? Vraiment?

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Bullying is wrong and I didn’t need a policy paper to figure it out


The difficult topic if bullying has been right front and centre in Ottawa since the tragic suicide of Jamie Hubley. Openly gay in high school, Jamie was relentlessly bullied. In a public statement, Jamie’s family said that bullying was a factor in his death. Jamie also suffered from depression. The tragedy of Jamie Hubley’s death was followed by a rash of newspaper coverage and open line radio programming on growing up gay in Ontario and homophobic bullying in our high schools.

Can we all agree that bullying, homophobic and otherwise, is bad?

Among the flurry of well-meaning hand wringing, a group of Conservative staffers and MPs have put together a simple “It gets better” video. I’m not posting the link , you can find it easily on YouTube. The video sent the Twitterverse a-flutter with criticism. I don’t argue that the current government’s record on LGBT issues is satisfactory but apparently being a member of the CPC disqualifies you from feeling empathy for bullied gay teens. In this piece from the National Post, MP Randall Garrison disses the video because, we are told, gays have the monopoly on offering hope and encouragement to gay teenagers. And yet, common sense suggests that tolerance and acceptance must come not so much from the LGBT community as from the rest of us. If Vic Toews, who voted against the gay marriage amendment, is taking part in a campaign against homophobic bullying, shouldn’t we applaud him and demand that more be done instead of shooting him down? Isn’t there enough to criticize about the government – can you spell “mandatory minimums”? – that we need to set our sights on the positive? Anyway, let’s not spend too much time on Randall Garrison’s partisan attacks on good intentions. Unless Olivia Chow is really a guy, I don’t think Garrison really meant what he said.

The article also quotes Dan Savage, founder of the It Gets Better campaign and a university professor heaping scorn on the YouTube clip because It Doesn’t Go Far Enough – as if the Conservative MPs, who look like they were cornered coming out of QP, could have spent their 3 minutes solving the world’s problems instead of rhyming off their lines. This is clearly a case where the best is his the enemy of the good. The professor concludes by  calling for, wait for it, a National Strategy on bullying. This is Canada folks, where it’s not a problem until we ask the government to solve it for us.

Don’t get me wrong, bullying is a problem. It ruins lives. Sometimes it ends it. But focusing as we do on the cause of the bullying (homosexuality, race, uh, glasses?) misses the point. Unless we want a couple millions of federal dollars to miss the point nationally, we need to start asking why anti-bullying campaigns have yet to eliminate bullying.

Right from kindergarten, you have to have lived under a rock not to know that bullying is wrong. Beating a kid black and blue is wrong. Stealing his food is wrong. I venture that bullies do it because it’s wrong not because they need another Government of Canada flyer  to let them know it’s wrong. The bystanders who fail to intervene also know it’s wrong. When I was in elementary school, a kid on my street was beaten all the way home on a daily basis. Some of the kids who did the beating didn’t even live in my neighbourhood, they only came for the show.  I was scared and I didn’t know what to do. But I knew it was wrong.

There are two things we know about bullying. First, it is a spectator sport. We need to give bystanders the tools to intervene safely, without exposing themselves to bullying. Second, bullying is a learned behaviour, which is why school teachers and principals are such chickens when it comes to getting involved with a bully’s family. Look at any school and you will see bullying being addressed by removing the victim, referring the victim to social work and asking the victim’s family to make accommodations. School authorities are all but too aware that some people, adults and also children, are missing a moral compass and impulse control. They are unable to feel empathy for their victims and indulge  their need to feel powerful in the face of powerlessness above their victim’s need for security and integrity.

I don’t know what the cure for a missing moral compass is but I suspect that a national strategy on bullying will not impart it to those who need it most. We will achieve a few expensive policy papers confirming that bullying is wrong and must be stopped. More importantly, we will shift responsibility for the welfare of others from you and I and our children unto the state.  It will make  us feel like we’re doing something and justify  us in walking away. But it will offer little comfort to the kid who just got his head  smashed into the lockers.

“C’était-tu planifié?”


Quand on annonce une grossesse, les questions abondent. « T’es due quand? », « C’est un garçon ou une fille? », « Qui est ton docteur? ». « C’était planifié? » doit être la question qu’on me pose le plus souvent et, malheureusement, celle qui m’agace le plus.

Pour quelqu’un qui n’aime pas se faire demander si mes grossesses étaient planifiées, je ne me suis pas rendu la vie facile. Disons que le « timing » de mes grossesses a toujours invité les questions indiscrètes. Que ce soit pour des raisons évidentes – j’ai 21 ans et je viens de terminer ma première année d’université,– superficielles – j’ai déjà deux enfants et c’est un garçon et une fille, – ou quasi-comiques – ma plus jeune a 4 ans et commence l’école à temps plein; tout le monde semble vouloir savoir si je suis assez stupide pour prévoir mes grossesses au pire moment possible ou trop nouille pour m’en rendre compte.

Plusieurs se demandent si je  sais comment on les fait  (réponse : oui, et on est vraiment bons! ) ou au contraire comment on ne les fait pas (réponse : oui mais nous avons arrêté de laver nos sous-vêtements ensemble et je suis quand même tombée enceinte!). D’autre se demandent si nous avons le câble (non, sérieusement, ce qui explique sans doute pourquoi nous l’avons fait 7 fois et vous seulement 2) , ou si on est fous (oui). Finalement, il y a la ligne de questions à saveur spirituelle, « êtes-vous Catholiques? » (non, juifs hassidiques), « croyez-vous à la contraception? » (la contraception existe, que j’y crois ou non). Comme si personne ne pourrait choisir d’avoir autant d’enfants à moins d’être menacé de damnation éternelle.

J’ai planifié mes vacances et mes études. Je n’ai pas planifié mes enfants. Et pourtant, chacun d’entre eux est arrivé la bonne personne au bon moment. Le miracle de la conception et de la génétique est tel qu’une différence d’une heure ou d’une journée aurait pu nous priver d’une personne dont nous ne pouvons imaginer l’absence aujourd’hui. Enfant, il m’arrivait souvent de me demander qui je serais si ma mère n’avait pas rencontré mon père. Serais-je née dans une famille française? Aurais-je été un garçon? En fait, je n’aurais pas été. Nous sommes tous le produit d’une rencontre parfaitement aléatoire et unique entre un oeuf avec une durée de vie limitée et un sperme qui aurait pu être n’importe quel autre parmis quelques millions.

Est-ce que c’était planifié? Non, et je n’aurais pas pu mieux faire.

My own little language war – Affichage bilingue


It may seem like the demands of two newborns are making it difficult for me to publish but you would be mistaken. My first post has been written for a week but held back on my hard drive as I ponder my blog’s language policy. Or lack thereof.

Vous pourriez penser que les demandes de deux nouveau-nés rendent la rédaction difficile mais vous feriez erreur. Mon premier article est écrit depuis une semaine mais retenu sur mon ordinateur pendant que je réfléchi sur l’approche à adopter quant au bilinguisme de mon blogue.

At first, I decided to translate my posts and publish them in French and English. But as I mentioned in my Alpha Post, I hate translation. I find it tedious and annoying. So my first post has been awaiting translation for a week while I tend to more important things, like making sugar pie and zucchini cupcakes,  and roasting butternut squash. And, oh, pumpkin soup!  It’s been a good year in the garden… Oh look, shiny object!

Au début, j’ai décidé de traduire mes articles et de les publier simultanément en français et en anglais. Mais comme je l’ai écrit dans mon Alpha Post (en français), je déteste la traduction. C’est long et c’est plate. C’est ainsi que mon premier article attend d’être traduit depuis une semaine alors que je m’occupe de choses plus importantes comme faire des tartes au sucre et des petits gâteaux aux courgettes, et rôtir les courges musquées du jardin. Et de la soupe à la citrouille. Notre jardin a connu une excellente saison… Oh regardez, un objet brillant!

Truth is, I’m a lousy translator and it takes me as much time to translate a text as to write it. And if I’m going to spend an afternoon working on a piece, I would much rather spend it writing an original one than rehashing old ideas. I have a short attention span.

À vrai dire, je suis une bien pauvre traductrice et traduire un texte me prend autant de temps que sa redaction. Et si je vais passer une demi-journée à travailler sur un texte, je préfère que ce soit un texte original plutôt qu’un réchauffé des idées de la veille. J’ai un empan d’attention limité.

And therefore, with all my half-hearted apologies to my friends and relatives who do not understand the other language, I am issuing this blog’s language policy whereby I will write posts in either French or English and leave it to my readers to decide whether or not they want to make the effort to read them.

C’est pourquoi j’annonce aujourd’hui la politique de bilinguisme de mon blogue – avec mes excuses plus-ou-moins sincères pour ceux qui ne comprennent pas l’autre langue officielle – par laquelle je vais publier mes articles soit en français, soit en anglais et laisser à mes lecteurs le choix de les lire ou non.

ALPHA POST (en français)


N’est-il pas approprié que l’article marquant le lancement d’un blogue dédié à la vie d’une famille de 10 personnes soit tapé avec un seul doigt tout en tenant un nouveau-né grognon avec les neuf autres? Mais il en est ainsi et par conséquent, ce lancement sera bref.

Bienvenue au cirque. Ce blogue orbite autour de la vie de famille mais pourra également s’aventurer  du côté de ma vie professionnelle. Avis aux intéressés : je suis juriste de formation, j’ai une maîtrise en droit avec une spécialisation en éthique biomédicale et je travaille comme rédactrice pour un député fédéral. Par conséquent, il se peut que certains articles touchent à des sujets tels que la politique, la religion, l’éthique et les enjeux bioéthiques contemporains. J’ai l’intention de m’inspirer des questions que l’on me pose afin de trouver mes sujets. Une mère de 8 enfants se fait poser une tonne de questions. Parfois par des amis proches et par sa famille, plus souvent — et avec beaucoup moins de tact – par des connaissances et de parfaits étrangers. Si vous avez des questions, soumettez-les via la section des commentaires, de manière anonyme ou non, mais n’oubliez pas de lire la page “About” sur les commentaires et évitez d’y mettre de l’information qui permettrait d’identifier mes enfants, leur lieu de résidence ou leur école. Les commentaires seront modérés  et ne seront pas publiés s’ils contiennent de l’information personnelle. On se comprend?

Les articles seront publiés en anglais ou en français selon (a) la langue dans laquelle la question a été posée; (b) mon humeur du moment; (c) le temps écoulé depuis que j’ai publié dans une langue ou l’autre. Je pourrais parfois traduire les articles sur demande si le temps le permet et compte tenu du fait que je déteste la traduction, surtout quand je ne suis pas payée pour le faire.

ALPHA POST


Isn’t it a propos that the launching post in a blog dedicated to life in a 10-people family should be typed with one finger while holding a fussy newborn with the other 9? But it is so and consequently this launch will be short.

Welcome to my circus. This blog is loosely knit around family life although topics way swerve into areas related to my work and professional life. Buyer beware: I am a jurist by formation, I have a graduate degree in law with a specialization in biomedical ethics and I work as a hired pen for a federal Member of Parliament. As a result, politics, religion, ethics and life-and-death issues are liable to appear on these pages. Topics will be inspired by the many questions I get as a mother of 8, those of my readers and those from friends, acquaintances and random strangers. If you have questions, fire them away in the comment section, anonymously or for attribution. But first read the “About” page  and avoid leaving information that could identify my children, where they live or go to school. If you don’t, your comment will not be published but I will still answer your question. Fair enough?

Post will be published in English or in French depending on (a) the language in which the question was asked; (b) my mood; (c) how long it’s been since I published in either language. I may translate posts as requested, free time being a factor and the fact that I hate translation, particularly when I’m not paid to do it (you can send your donations to…)